Initiative de Genève : Communiqué de l’ UJFP

UJFP, mercredi 10 décembre 2003

Pacte de Genève : oui à la dyna­mique de paix, oui à l’espoir d’un règlement politique

L’UJFP apporte son soutien sans réserve à la dyna­mique de paix créée par le pacte qui vient d’être signé à Genève. Nous saluons l’effort des négo­cia­teurs qui vise à rétablir un dia­logue pour arrêter la logique de vio­lence, et pour mettre fin au désastre en Israël et à la des­truction de la société pales­ti­nienne entre­prise par le gou­ver­nement Sharon depuis trois ans.

Cet accord marque une série d’avancées incon­tes­tables : il propose des solu­tions appli­cables immé­dia­tement et sous contrôle inter­na­tional, il conduit à la création d’un Etat pales­tinien sou­verain essen­tiel­lement sur les fron­tières de 1967, il règle le statut de Jéru­salem et confirme le retrait de la plupart des colonies. Pour celles annexées, l’accord prévoit un échange de ter­ri­toires cohérent, sur une base de un pour un, assurant la conti­nuité ter­ri­to­riale de deux Etats viables.

Cependant, cet accord laisse cer­tains points dans l’ombre, apporte une réponse insa­tis­fai­sante à d’autres, ou encore les repousse vers des annexes non encore rédigées. C’est le cas de la dis­cri­mi­nation faite aux Pales­ti­niens citoyens de l’Etat d’Israël, ainsi que du pro­blème du partage de l’eau entre les deux Etats. Quant aux réfugiés pales­ti­niens, il reste à trouver une solution la plus juste pos­sible, dans lequel la res­pon­sa­bilité de l’Etat d’Israël ne saurait être ignorée.

Nous lançons un appel solennel à l’Union Euro­péenne : c’est le moment de prendre un parti fort, d’impulser une reprise de négo­cia­tions et de s’imposer comme médiateur afin d’équilibrer le rapport de force inégal entre les deux parties, qui a conduit à l’échec de Camp David.

Et surtout parce que la construction du Mur de l’Apartheid avance tous les jours avec la confis­cation des terres et l’enfermement des villes et vil­lages, il est du devoir de l’Europe d’exercer des pres­sions sur le gou­ver­nement Sharon pour un arrêt immédiat de sa construction et de la répression contre des popu­la­tions civiles. A lui seul, le mur crée sur le terrain une situation dans laquelle il n’y aura bientôt plus rien à négocier et où tout partage sera impossible.

Malgré les insuf­fi­sances du pacte de Genève, cette ini­tiative a l’énorme mérite de lancer une dyna­mique de paix, voire de récon­ci­liation. Nous réaf­firmons notre soutien aux droits nationaux du peuple pales­tinien et à tous ceux en Israël qui refusent la com­plicité avec la poli­tique du gou­ver­nement Sharon, tous les soldats qui refusent de servir dans les Ter­ri­toires occupés, toutes les forces oeu­vrant pour une paix juste et fondée sur le respect du droit international.