Infos Gaza n°412 et déclaration du PCHR

Palestinian Centre for Human Rights (PCHR), samedi 6 septembre 2008

Semaine du 28 août au 3 sep­tembre 2008 : 18 civils dont 9 jeunes ont été blessés par balles au cours de la semaine par les Forces d’Occupation Israé­liennes (FOI). Parmi eux on compte 2 pêcheurs dont le petit cha­lutier a été arrai­sonné par les vedettes israé­liennes garde-​​côtes au large de Gaza. Les 16 autres blessés l’ont été au cours de mani­fes­ta­tions paci­fiques contre la pour­suite de la construction du mur d’annexion.

Les FOI ont mené 35 incur­sions en Cis­jor­danie où il ont arrêté 29 civils dont 5 jeunes.

Arrestation d'un jeune Palestinien dans Hébron

Ven­dredi 29 août : Vers 07h00 les vedettes garde côte de la marine israé­lienne ont ouvert le feu sur plu­sieurs bateaux, en pêche au large de Beit Lahiya. Une des vedettes les a sommé de faire route sur la plus impor­tante des vedettes. Ils ont dû s’y amarrer. 9 pêcheurs ont subi un inter­ro­ga­toire à bord. Ils ont tous été relâchés vers 18H00.

Lundi 1er sep­tembre : à 06h00 une vedette ouvre le feu sur un bateau en pêche à environ 50 mètres au large de Beit Lahia. Mohammed Nouri al-​​Sultan, 18 ans a pris des éclats de pro­jec­tiles à travers le corps et Hussam Fat’hi al-​​Sultan, 32 ans, à la tête et aux avant bras.

Les mou­ve­ments aux postes fron­ta­liers ont été à peu près les mêmes que ceux de la semaine précédente.


Le 2 septembre, le PCHR faisait la déclaration suivante :

Le PCHR est pré­occupé par l’extension des grèves des fonc­tion­naires de l’éducation, de la santé et des autres ser­vices publics de la bande de Gaza. Le PCHR mesure toutes les contraintes sup­plé­men­taires que cela occa­sionne sur la popu­lation. Etu­diants, patients et autres uti­li­sa­teurs des ser­vices publics sont encore un peu plus touchés par ces grèves à moti­vation poli­tique. Le samedi 30 août tout le secteur public de la bande de Gaza a annoncé la grève générale de toutes les acti­vités relevant du secteur public en réponse à l’appel des Syn­dicats pales­ti­niens du secteur public. Des mil­liers de fonc­tion­naires ont débrayé. Au début de la semaine der­nière, les ensei­gnants ont été les pre­miers à cesser le travail à l’appel de « l’Union générale des ensei­gnants pales­ti­niens ». cette grève a été encou­ragée par le gou­ver­nement de Ramallah qui a menacé tous les non gré­vistes d’être virés. Le gou­ver­nement de Gaza a pris toutes les mesures dont l’arrestation de dou­zaines de salariés de l’éducation nationale ainsi que la menace de licencier tous ceux qui ont appelé à la grève, accusés de déman­teler le système éducatif dans la bande de Gaza. Au vu des consé­quences graves d’une telle ini­tiative le PCHR déclare :

Dans le carde des rela­tions inter­na­tio­nales il est alarmant qu’un employeur, - en l’occurrence le Gou­ver­nement de Ramallah-​​ encourage la grève, contraigne ses salariés à faire grève et menace ceux qui ne la feraient pas d’être licenciés ou de ne plus recevoir leur salaire. Les bonnes pra­tiques inter­na­tio­nales attendent au contraire des employeurs, qu’ils soient du secteur privé ou public, qu’ils mettent tout en œuvre pour éviter une grève.

Ces grèves sont des moyens de pression poli­tique qui les rend illé­gi­times. Ces grèves tota­lement poli­tisées n’ont aucun contenu de reven­di­ca­tions écono­miques ou sociales et ne repré­sentent en aucune manière les réels intérêts des salariés du secteur public. Bien au contraire elles sont un facteur de division poli­tique et l’aboutissement de la confron­tation entre les deux partis.

La prin­cipale victime est la popu­lation qui en paye le prix fort : des mil­liers de patients ont besoin de soins quo­ti­diens et dans les hôpitaux les soins sont per­ma­nents. Or aucun service d’urgence n’a été mis en place.

La grève est l’acte extrême que le salarié est en droit d’utiliser pour obtenir satis­faction de ses justes reven­di­ca­tions. Elle ne peut en aucun cas se faire sous la contrainte. Or à Gaza les salariés du secteur public sont pris en otages par les menaces de licen­ciement et de pri­vation de salaires qui pèsent sur eux . C’est un dan­gereux pré­cédent pour l’utilisation de la force et de la contrainte dans les grèves.

Le Service Public est devenu la victime des déci­sions poli­tiques offi­cielles. Dans le statut de la fonction publique (N°4/2005) le fonc­tion­naire ne peut en aucun cas être privé de sa rému­né­ration à moins que de lui-​​même il enfreigne son statut. En consé­quence ces menaces sont illé­gales, relèvent de l’arbitraire et viole de façon fla­grante le droit de tout être humain à un travail et des condi­tions de vie adéquates.

Le PCHR est aux côtés de tout le per­sonnel médical qui a refusé de faire grève et qui s’est efforcé de convaincre leurs col­lègues de travail de ne pas aban­donner leurs malades. Le PCHR demande la libé­ration immé­diate des fonc­tion­naires gré­vistes empri­sonnés par le Gou­ver­nement de Gaza. Le PCHR en appelle à un dia­logue immédiat entre les parties afin d’apporter une juste solution à ce conflit. En par­ti­culier que les emplois dans le secteur public soient occupés par des gens qui ont la com­pé­tence requise et non pas par des gens qui ont leur carte à un parti politique.