Imposer la terreur, organiser le chaos : le désengagement de Sharon

Afps, lundi 8 mars 2004

Le plan de désen­ga­gement uni­la­téral de Sharon, que les USA s’apprêteraient à approuver, vise à évacuer 17 colonies de peu­plement juives dont les rési­dents seront redé­ployés dans d’autres colonies -toutes illé­gales - en Cisjordanie.

Bande de Gaza, Dimanche 7 mars 2004

A l’aube, l’armée d’occupation israé­lienne investit les camps de réfugiés de Nus­seirat et Al Bureij. Des chars et des héli­co­ptères de combat appuient les troupes qui s’introduisent dans le camp, « à la recherche d’infrastructures ter­ro­ristes ». 14 civils sont assas­sinés, dont des enfants, plus de 80 sont blessés. Israël annonce que ces attaques vont continuer. C’est chose faite dès l’après-midi, les chars et héli­co­ptères de l’armée d’occupation attaquent et veulent ter­ro­riser Yabad, petite ville près de Jénine.

Mais que veut donc provoquer Sharon ?

Les infra­struc­tures ter­ro­ristes sont à chercher et trouver à Tel-​​Aviv, dans les bureaux où le général Sharon pla­nifie le chaos à Gaza. Le plan de désen­ga­gement uni­la­téral de Sharon, que les USA s’apprêteraient à approuver, vise à évacuer 17 colonies de peu­plement juives dont les rési­dents seront redé­ployés dans d’autres colonies -toutes illé­gales - en Cisjordanie.

Le désen­ga­gement s’arrête là, les forces mili­taires d’occupation res­teront à Gaza, « sécurité oblige ».

D’où la nécessité tac­tique d’organiser le chaos en détruisant toutes les infra­struc­tures pales­ti­niennes qui tiennent encore après plus de 3 ans de des­truc­tions. Les vio­lences inter-​​palestiniennes des semaines passées à Gaza ou Naplouse découlent de cette situation.

Dans la même logique de terre brûlée, Gaza est réduite à des ruines, l’économie est exsangue, la popu­lation est dans un dénuement total.

Le plan de désen­ga­gement à Gaza est en fait le premier volet du plan de sépa­ration uni­la­téral, qui de fait annexera 55 % de la Cis­jor­danie et mettra en place des villes ghettos enfermées der­rières les murs, coupées les unes des autres : définies avec ironie arro­gante comme l’Etat Palestinien !

La volonté d’éradication, de net­toyage eth­nique s’affiche effron­tément. D’après un rapport du PCHR du 26 février au 3 mars, 14 Pales­ti­niens, civils, ont été assas­sinés dont 7 dans des exé­cu­tions extra-​​judiciaires le 26 février et le 3 mars à Gaza. Dans le même temps en Cis­jor­danie, la construction du Mur d’annexion se poursuit malgré les mani­fes­ta­tions des fer­miers et de nom­breux mili­tants pales­ti­niens, israé­liens et inter­na­tionaux. Des morts pales­ti­niens encore.

Cette escalade israé­lienne dans la vio­lence et la pro­vo­cation c’est aussi le hold-​​up des banques pales­ti­niennes à Ramallah la semaine der­nière, la spo­liation en cours de nou­velles terres pales­ti­niennes à Hébron par des colons armés, l’encerclement par des jeeps israé­liennes depuis plus de 24h du pré­sident Arafat dans la Muqata’a à Ramallah, avec jets de gre­nades lacry­mo­gènes dans l’enceinte et tirs à l’extérieur sur les jeunes Palestiniens.

IL FAUT ARRETER SHARON !

Le droit inter­na­tional, les accords signés par le gou­ver­nement israélien avec la com­mu­nauté inter­na­tionale et les repré­sen­tants pales­ti­niens sont encore une fois bafoués par les res­pon­sables israé­liens. IL FAUT LEUR IMPOSER DE RES­PECTER LES ACCORDS SIGNES.

On annonce la venue de Sharon en France en avril. Comment la France peut-​​elle accepter de recevoir un diri­geant cri­minel qui veut imposer l’apartheid et qui pra­tique le net­toyage eth­nique au risque d’entraîner toute la région et son pays aussi dans un engrenage mortel. La France ne doit pas se com­pro­mettre ainsi. Nous en appelons à nos auto­rités pour qu’elles ne tra­hissent pas les valeurs de liberté et de respect des droits dont elles sont les garants et dont nous, citoyens et élec­teurs, les tenons redevables.

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Il faut stopper la politique de Sharon

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Il faut des sanctions contre l’Etat d’Israël

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Sharon persona non grata en France.

Paris, le 8 mars 2004