Imposer l’indépendance, une option pour les Palestiniens

Karim Lebhour, lundi 9 novembre 2009

L’idée d’une décla­ration d’indépendance uni­la­térale fait son chemin parmi les diri­geants Pales­ti­niens. Le Premier ministre Salam Fayyad, fort du soutien d’une partie de la com­mu­nauté inter­na­tionale, espère ainsi forcer la main aux Israéliens.

« Nous ne pouvons pas attendre qu’Israël mette fin à l’occupation. Ils ne le feront jamais ! », a déclaré le Premier ministre pales­tinien, Salam Fayyad, après l’annonce par le pré­sident Abbas de sa décision de ne pas se repré­senter aux élec­tions géné­rales pales­ti­niennes, prévues en principe le 24 janvier, mais qui pour­raient être repoussées en raison des divi­sions internes palestiniennes.

Salam Fayyad estime que les Pales­ti­niens ne doivent pas compter sur un accord de paix. Au mois d’août dernier, le chef du gou­ver­nement a pré­senté son plan pour l’établissement d’un Etat pales­tinien dans les deux ans. Ce plan contient une clause explosive donnant la pos­si­bilité aux Pales­ti­niens de déclarer uni­la­té­ra­lement leur indé­pen­dance et de mettre Israël devant le fait accompli.

Cette éven­tualité a déjà suscité l’intérêt de plu­sieurs Etats euro­péens et même de cer­tains res­pon­sables américains.

Israël s’en inquiète sérieu­sement. Selon la presse israé­lienne, Ben­jamin Neta­nyahu, qui s’envole ce dimanche pour Washington, a l’intention de demander à Barack Obama de ne pas sou­tenir une telle décla­ration d’indépendance.

Pour les Pales­ti­niens, il s’agit de marquer leur dés­illusion après seize années de négo­cia­tions infruc­tueuses et l’exaspération de tout un peuple lassé d’un pro­cessus de paix avec Israël qui n’a guère avancé depuis son lan­cement à Oslo en 1993, tandis que sur le terrain la colo­ni­sation israé­lienne mul­ti­pliait des faits accomplis dif­fi­ci­lement réversibles.

L’entourage de Mahmoud Abbas affirme qu’en l’absence de progrès, le pré­sident pales­tinien est prêt à mettre fin au statu quo et à dis­soudre l’Autorité pales­ti­nienne. Ce dimanche, des mil­liers de Pales­ti­niens, agitant des dra­peaux, ont mani­festé dans Hébron, en Cis­jor­danie, pour exhorter Mahmoud Abbas à revenir sur sa décision de ne pas briguer un deuxième mandat à la pré­si­dence de l’Autorité palestinienne.

Côté israélien, le pré­sident israélien Shimon Peres a appelé samedi soir son homo­logue pales­tinien Mahmoud Abbas à rester au pouvoir, devant quelque 20 000 Israé­liens réunis à Tel-​​Aviv pour marquer l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin.