Ilan Pappe refuse de cautionner le Salon du livre de Paris.

lettre d’Ilan Pappé, mercredi 5 mars 2008

Chers Amis,

Comme vous le savez sans doute, le Salon du Livre de Paris, cette année, est dédié au soixan­tième anni­ver­saire d’Israël.

Je sup­posais, et j’espérais, que les mani­fes­ta­tions orga­nisées par l’édition « La Fabrique » ne s’intégreraient pas dans le cadre de ce Salon. J’avais tort, et j’ai été attristé d’apprendre qu’elles en font partie intégrante.

La décision d’associer le Salon du Livre, cette année, à la célé­bration des soixante années d’indépendance d’Israël ont amené beaucoup d’écrivains et d’artistes pro­gres­sistes, Pales­ti­niens et plus géné­ra­lement Arabes, à s’en retirer, et à boy­cotter cette mani­fes­tation. On est fondé à sup­poser que les agres­sions géno­ci­daires récentes d’Israël contre la bande de Gaza ne pourront qu’amener beaucoup de leurs col­lègues à faire de même.

Dans de telles cir­cons­tances, je ne saurais, en ce qui me concerne, par­ti­ciper à ce Salon, ni de près, ni de loin. Je suggère que nous conve­nions ensemble d’une nou­velle date, en-​​dehors des journées de tenue du Salon du Livre, afin de ne pas être associés à sa célé­bration de l’indépendance d’Israël, ainsi qu’à son total déni de la Nakbah palestinienne.

Tou­tefois, je com­pren­drais que l’édition « La Fabrique » et d’autres par­ti­ci­pants ne par­tagent pas cette position, auquel cas, je me reti­rerai – per­son­nel­lement – de ces festivités.

Sincèrement, bien à vous

Ilan Pappe 2 Mars 2008