Il n’y a plus de "campeurs du Hamas" à Jérusalem

Nicolas Falez , RFI, vendredi 27 janvier 2012

Nous avions rencontré Mohammed Totah en septembre 2011 :

… à l’époque, cela faisait déjà plus d’un an qu’il campait dans les locaux du Comité Inter­na­tional de la Croix-​​Rouge à Jérusalem-​​Est. En juillet 2010, ce député-​​Hamas de Jéru­salem et deux autres cadres du mou­vement isla­miste (Ahmed Attoun également député et Khaled Abou Arafa qui fut "ministre de Jéru­salem" dans l’éphémère gouvernement-​​Hamas issu des élec­tions pales­ti­niennes de 2006) s’étaient ins­tallés dans l’enceinte du CICR, per­suadés qu’Israel allait les arrêter ou les expulser. Un res­pon­sable du Hamas, Mohammed Abu-​​Tir, au centre de l’affiche que l’on voit sur la photo, venait d’ailleurs d’en faire l’expérience.

En sep­tembre 2011, la police israé­lienne a inter­pellé l’un des trois hommes. Selon le récit que Mohammed Totah nous avait alors livré, les poli­ciers israé­liens ont crée un faux incident dans la petite rue où se trouve l’immeuble du CICR et ont profité de l’agitation pour appré­hender Ahmed Attoun.

Ce lundi 23 janvier, la police israé­lienne est entré dans les locaux du CICR et a arrêté Mohammed Totah et Khaled Abou Arafa, mettant fin à une situation pour le moins étrange : pendant un an et demi le Hamas pales­tinien - ennemi juré d’Israël - a ren­contré des dizaines de visi­teurs et de jour­na­listes dans l’immense tente que les cadres du Hamas et leurs sup­porters avaient dressée au pied de l’immeuble.

Pour les auto­rités israé­liennes, l’appartenance au Hamas suffit à jus­tifier ces arres­ta­tions. Le CICR rap­pelle pour sa part qu’au regard du droit inter­na­tional Jérusalem-​​Est est un ter­ri­toire occupé et que la 4ème Convention de Genève interdit en principe à Israël d’en expulser les habi­tants pales­ti­niens [1].

[1] pour rappel, de très nom­breuses arres­ta­tions sont en cours depuis des semaines, frappant notamment le Front popu­laire de Libé­ration de la Palestine, tandis que le pré­sident (Hamas) du Par­lement pales­tinien, arrêté, vient d’être condamné à 6 mois de détention admi­nis­trative (sans charges et sans savoir quand il sortira puisque, comme en Afrique du Sud sous l’apartheid, la détention admi­nis­trative est renou­velée selon la volonté de l’oppresseur ).