Il faut "une action éner­gique de la France auprès des auto­rités israé­liennes pour obtenir la libé­ration de notre com­pa­triote " Salah Hamouri.

Didier Mignot, mercredi 17 juin 2009

Didier MIGNOT, Maire du Blanc-​​Mesnil, inter­pelle le Ministre M. KOUCHNER sur la situation de Salah HAMOURI détenu en Israël

mardi 16 juin 200909 :50

Didier MIGNOT, Maire du Blanc-​​MesnilSalah HAMOURI

Monsieur le Ministre,

Je me permets d’attirer votre attention sur la situation de Salah HAMOURI, jeune franco-​​palestinien âgé de 24 ans, détenu en Israël depuis plus de quatre ans.

Arrêté en mars 2005, puis placé en détention admi­nis­trative, il lui est reproché d’appartenir à une orga­ni­sation étudiante proche du FPLP et d’avoir voulu attenter à la vie de Yossef OVADIA, chef du parti Shas, au motif d’avoir été aperçu devant son domicile trois mois avant son arrestation.

Après trois années de détention arbi­traire, il a été jugé en mars 2008 par un tri­bunal mili­taire qui l’a condamné à sept ans d’emprisonnement au terme d’une pro­cédure de « plaider-​​coupable. » Placé en réalité devant un véri­table chantage, il a été contraint de recon­naître sa « culpa­bilité », au risque de voir sa peine s’alourdir avec certitude.

Comment pouvait-​​il en douter au regard de l’acharnement avec lequel les auto­rités israé­liennes ont tenté, en vain, d’établir sa culpa­bilité ? Comme vous le savez, aucune preuve attestant de son appar­te­nance au FPLP ou de son intention d’assassiner Yossef OVADIA n’a été pro­duite à ce jour par la justice israélienne.

Il est vrai que Salah HAMOURI n’a jamais caché son oppo­sition à la poli­tique israé­lienne dans les ter­ri­toires occupés et à la pour­suite de la colo­ni­sation – à l’arrêt de laquelle le Pré­sident amé­ricain a du reste récemment appelé. Doit-​​il être condamné pour cela ? S’opposer à la poli­tique pour­suivie par le gou­ver­nement israélien dans les ter­ri­toires occupés constitue-​​t-​​il un crime ?

En dépit des lacunes évidentes du dossier d’accusation, Salah HAMOURI est aujourd’hui détenu à la prison de Gilboa en Israël, en vio­lation de l’article 49 de la IVe Convention de Genève qui interdit « les trans­ferts forcés, en masse ou indi­vi­duels, ainsi que les dépor­ta­tions de per­sonnes pro­tégées hors du ter­ri­toire occupé dans le ter­ri­toire de la puis­sance occu­pante ou dans celui de tout autre Etat, occupé ou non, sont interdits, quel qu’en soit le motif. »

Le 4 juin dernier, l’audience à laquelle Salah HAMOURI avait été convoqué ainsi que son avocat pour exa­miner sa demande de « remise de peine », a été fina­lement annulée sans aucune raison. La pré­sence du Consulat français a du reste été refusée dans la salle d’audience par le Pré­sident du tri­bunal, en vio­lation de l’article 5 de la convention de Vienne de 1963 sur les rela­tions consu­laires en vertu duquel tout citoyen étranger a le droit de « béné­ficier » de la pro­tection et de l’assistance consulaires.

Pouvons-​​nous tolérer, Mon­sieur le Ministre, que le droit inter­na­tional, auquel la France demeure attachée dans la conduite de sa poli­tique étrangère, soit ainsi bafoué ? Est-​​il accep­table qu’un de nos com­pa­triotes soit détenu arbi­trai­rement avant d’être condamné sur la base d’un indigne marchandage ?

Nous avons récemment appris que Mme Hamouri, la mère de Salah, serait reçue par M. le Pré­sident de la Répu­blique le 25 juin prochain.

Nous sommes nom­breux à nous en réjouir et à compter, Mon­sieur le Ministre, sur une action éner­gique de la France auprès des auto­rités israé­liennes pour obtenir la libé­ration de notre com­pa­triote confor­mément aux règles les plus élémen­taires du droit international.

Comptant sur votre intervention,

Je vous prie, Mon­sieur le Ministre, de croire en l’assurance de ma plus haute considération.

Le Blanc-​​Mesnil, le 15 juin 2009

Didier MIGNOT, Maire du Blanc-​​Mesnil