Hommage à MAHMOUD DARWISH Grand poète palestinien

Collectif 69 de soutien au peuple palestinien, jeudi 21 août 2008

En plein cœur de l’été, l’annonce de la mort de Mahmoud Darwish nous a pris par sur­prise. L’an passé, en octobre, il avait fait salle comble au TNP de Vil­leur­banne, et nous étions nom­breux à ignorer l’état de sa santé. Nous ne pou­vions pas ne pas lui rendre hommage, lui dont les paroles ont tant donné souffle à nos engagements.

Et c’est ainsi, qu’une heure durant, à l’appel du col­lectif 69 de soutien au peuple pales­tinien, une qua­ran­taine de lyonnais(es) se ras­sem­blaient le jour de ses obsèques devant le péri­style de l’Opéra de Lyon, juste en face de la mairie cen­trale pour entendre des extraits de ses poèmes et des hom­mages de personnalités.

Ses paroles accompagneront longtemps tous nos combats :

« …nous souf­frons d’un mal incu­rable qui s’appelle l’espoir. Espoir de libé­ration et d’indépendance. Espoir d’une vie normale où nous ne serons ni héros, ni vic­times. Espoir de voir nos enfants aller sans danger à l’école. Espoir pour une femme enceinte de donner nais­sance à un bébé vivant, dans un hôpital, et pas à un enfant mort devant un poste de contrôle mili­taire. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom ori­ginal : terre d’amour et de paix. Merci de porter avec nous le fardeau de cet espoir. »

(extrait du dis­cours pro­noncé par Mahmoud Darwish à Ramallah le 25 mars 2002 à l’intention de la délé­gation du Par­lement inter­na­tional des écrivains)


Lecture de poèmes de Mahmoud Darwish à Lyon le jour de son enterrement

le 13 août 2008

Extraits du recueil de poésie de Mahmoud Darwish "murale"

« …Et mon nom, quand bien même je pro­non­cerais mal mon nom Fait de cinq lettres hori­zon­tales, m’appartient :…

…Ce nom m’appartient…

Et il appartient à mes amis, où qu’ils se trouvent.

Et mon corps passager, présent ou absent, m’appartient…

Deux mètres de cette tourbe suffiront désormais…

Un mètre et soixante-​​quinze centimètres pour moi…

Et le reste, pour des fleurs aux couleurs désordonnées. Et m’appartenait

Ce qui m’appartenait, mon passé, et ce qui m’appartiendra,

Mon lendemain lointain et le retour de l’âme prodigue.

Comme si rien n’avait été.

Comme si rien n’avait été.

Rien qu’une blessure légère au bras du présent absurde…

Et l’Histoire se rit de ses victimes

Et de ses héros…

Elle leur jette un regard et passe…

Cette mer m’appartient.

Cet air humide m’appartient.

Et mon nom,

Quand bien même je prononcerais mal mon nom gravé sur le cercueil,

Mon nom m’appartient.

Mais moi, désormais plein

De toutes les raisons du départ, moi,

Je ne m’appartiens pas,

Je ne m’appartiens pas,

Je ne m’appartiens pas… »

(traduit de l’arabe par Elias Sambar. Actes Sud 2003)

Mahmoud Darwish a été enterré mer­credi 13 août à Ramallah, en Cis­jor­danie. Il a eu des obsèques com­pa­rables à celles du leader his­to­rique pales­tinien Yasser Arafat en 2004