Heurts armés entre Fatah et islamistes dans un camp palestinien du sud Liban

AFP, vendredi 21 mars 2008

De vio­lents accro­chages armés oppo­saient ven­dredi des par­tisans du Fatah, le mou­vement du pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas, et des isla­mistes dans le camp de réfugiés pales­ti­niens d’Aïn Héloué, près de Saïda, dans le sud du Liban, a annoncé à l’AFP une source de sécurité.

Ces heurts impli­quaient en soirée des membres du Fatah et du groupe isla­miste sala­fiste de Jound al Cham, à Aïn Héloué, le plus grand des camps pales­ti­niens au Liban (45.000 habi­tants), selon cette source, qui n’a pas fait état de victime à ce stade.

Selon un cor­res­pondant de l’AFP, des dizaines de familles quit­taient le camp pour fuir les affron­te­ments, en cours.

De même source, l’armée liba­naise a interdit l’entrée dans le camp, mais laisse les civils sortir.

Un porte-​​parole de l’armée a affirmé que les combats res­taient confinés à l’intérieur du camp et qu’aucun soldat libanais, qui d’ordinaire ne rentrent jamais dans les camps pales­ti­niens, n’était impliqué.

Selon un res­pon­sable pales­tinien, ces accro­chages, qui ont donné lieu à des tirs de roquettes dans l’artère prin­cipale du camp, trouvent leur origine dans l’interpellation par le Fatah d’un membre du groupe Jound al Cham.

« Hier (jeudi), le Fatah a kid­nappé un membre de Jound al Cham nommé Samir Maarouf, qui est accusé d’avoir per­pétré des attaques à la bombe dans et en dehors du camp », a dit à l’AFP cette source pales­ti­nienne, qui a requis l’anonymat. Cette arres­tation a pro­voqué la colère des autres membres du groupe.

La source a ajouté que ce militant isla­miste, sus­pecté de liens avec d’autres groupes hors du Liban, avait été « remis à l’armée libanaise ».

Les camps pales­ti­niens au Liban sont consi­dérés comme des pou­drières où des vio­lences peuvent éclater à tout moment, notamment après les combats qui ont opposé pendant plus de trois mois l’armée liba­naise au mou­vement isla­miste Fatah al-​​Islam dans le camp de Nahr al-​​Bared, dans le nord du pays, faisant plus de 400 morts, dont 168 soldats libanais, l’an dernier.

En novembre, des heurts avaient opposé des hommes armés de deux groupes pales­ti­niens rivaux dans le camp de réfugiés de Bourj el-​​Barajneh, au sud de Bey­routh, faisant trois blessés.

Jound al Cham est un groupe sunnite constitué majo­ri­tai­rement de Libanais. Ses éléments ont été impliqués dans des combats san­glants entre l’armée et des isla­mistes en 1999, dans la région de Dinnieh, dans le nord du Liban. Les affron­te­ments avaient fait 45 morts.

Ce groupe, qui compte également des mili­tants pales­ti­niens issus d’un mou­vement mis hors-​​la-​​loi par les auto­rités liba­naises après l’assassinat d’un res­pon­sable reli­gieux en 1995, n’a pas de hié­rarchie claire. Il comp­terait une cin­quan­taines de mili­tants armés.

Son nom, « Al Cham », se réfère à la « Grande Syrie », une région qui com­prend aujourd’hui la Syrie, la Jor­danie, le Liban, Israël et les ter­ri­toires palestiniens.