Heure de vérité pour la diplomatie française ?

Communiqué de l’AFPS, mercredi 12 octobre 2016

« Nous devons agir maintenant et donner nos vies pour l’annexion de la Judée Samarie ». Ce n’est pas un rabbin illuminé qui le dit, c’est le ministre de l’éducation, Naftali Bennett le 8 octobre. Il rajoutait « nous n’avons pas le droit de diviser cette terre ».

Ce n’est pas une voix discordante au sein du gouvernement, malgré les contorsions de Netanyahou qui feint de se prétendre favorable à un Etat palestinien, tout en déclarant que considérer la colonisation comme illégale serait opter pour le nettoyage ethnique… à l’encontre des colons. Mais plus que les mots, ce sont les actes qui comptent. Ils sont accablants.

On l’a vu encore avec l’annonce de la construction d’une nouvelle colonie de 98, et bientôt 300 logements et d’une zone industrielle près de Ramallah au lendemain des obsèques de Shimon Peres. Et Israël de répondre aux protestations occidentales en décidant d’exproprier de nouvelles terres palestiniennes pour l’édification d’un parc et l’extension de la colonie de Beit El !

On le voit avec l’extension de la répression à l’utilisation des réseaux sociaux : en un an, 250 Palestiniens ont été arrêtés pour incitation à la violence pour avoir utilisé des mots tels que intifada, martyr, résistance, liberté… Dernier en date, l’astrophysicien Imad Barghouthi vient d’être condamné à 7 mois de prison sur ce motif d’incitation à la violence sur son compte facebook.

Les simples protestations verbales laissent Israël libre de s’en jouer et d’aller toujours plus avant dans ses provocations.

Alors que les Palestiniens bataillent pour faire adopter par le Conseil de sécurité une résolution condamnant la colonisation, le déplacement en Israël et en Palestine de Pierre Vimont, envoyé spécial du ministre des Affaires étrangères, pose la question cruciale : la France choisit-elle de faire pression sur les Palestiniens pour qu’ils renoncent à faire condamner la colonisation par le Conseil de sécurité ou va-t-elle enfin opter pour des mesures contraignantes pour s’opposer dans les faits à la colonisation ?

Le Bureau national