Harlem Désir et l’étiquette

Communiqué de l’AFPS, vendredi 15 janvier 2016

Benyamin Netanyahou n’avait pas fait dans la dentelle à l’annonce de la décision européenne d’étiquetage des produits des colonies, la comparant aux mesures antisémites des nazis.

Harlem Désir, alerté par le CRIF sur cette mesure, vient de lui répondre dans un courrier d’une rare flagornerie. Pour lui « La France est consciente de l’émotion et des inquiétudes que suscite l’étiquetage en Israël ». Oser rappeler par une étiquette que la Vallée du Jourdain n’est pas située en Israël a sans doute en effet de quoi susciter l’émotion des colons aujourd’hui solidement installés au pouvoir en Israël.

Merci à Harlem Désir de nous faire partager leur émotion et leurs inquiétudes en oubliant que la démarche d’étiquetage avait été initiée entre autres par la France.

Il poursuit en rappelant que la France « est pleinement mobilisée pour lutter contre tout boycott des produits israéliens, comme l’ont montré la condamnation ferme par le gouvernement de la campagne « Boycott, Désinvestissement, Sanctions », ainsi que les mesures prises pour en poursuivre les auteurs ».

Là, le sous-ministre en charge des Affaires européennes, tout à son désir de combler un président du CRIF devenu porte-parole d’un Etat étranger, s’aventure sur un terrain nauséabond. En se prévalant de mesures prises pour poursuivre les auteurs de la campagne BDS, il revendique de façon subliminale l’héritage politique de l’ancienne ministre Alliot-Marie dont la circulaire scélérate assimilait antisémitisme et critique politique de l’Etat d’Israël. Il conforte Israël dans son sentiment de totale impunité et l’encourage à continuer ses crimes et exactions, bloquant toute solution fondée sur le droit.

Pour répondre aux "inquiétudes" des dirigeants d’un Etat qui se met hors la loi internationale, les autorités françaises iront-elles bientôt jusqu’à demander à l’AFPS, engagée dans cette campagne internationale, les noms des membres de ses organes dirigeants ?

Le Bureau national