Harb et Majdalani discutent du droit au travail des Palestiniens au Liban

Daily Star, vendredi 5 février 2010

Bey­routh - Le Ministre du Travail Botros Harb et son homo­logue Pales­tinien Ahmad Maj­dalani ont discuté des droits au travail des réfugiés pales­ti­niens mer­credi, lors de la Hui­tième Convention de l’Union syn­dicale libano palestinienne.

Harb a précisé que cette réunion avait lieu dans le cadre d’une ini­tiative amorcée en 2005 pour amé­liorer les rela­tions entre le Liban et les Pales­ti­niens, offrir aux réfugiés une vie plus digne. Il a cependant ajouté que la rec­ti­fi­cation des rela­tions ne com­pro­mettait pas l’indépendance et la sta­bilité du Liban, parce que la natu­ra­li­sation était encore consi­dérée comme une menace envers le droit au retour des Palestiniens.

L’émissaire (amé­ricain) pour le Moyen-​​Orient George Mit­chell, lors de sa der­nière visite à Bey­routh, a rejeté toute solution qui sug­gé­rerait la naturalisation…ceci devrait aider à mettre un terme aux peurs qui ont été la source de désac­cords dans le passé, a-​​t-​​il dit.

Harb a ensuite cité les prin­cipes à res­pecter pour garantir les droits au travail des réfugiés : la com­mu­nauté inter­na­tionale devra rester res­pon­sable des réfugiés ; la Consti­tution liba­naise et son refus de toute natu­ra­li­sation devra être res­pectée ; la question du travail pour les réfugiés pales­ti­niens devra être men­tionnée dans la légis­lation ; les besoins du marché devront être objec­ti­vement tenus en consi­dé­ration ; les rela­tions du Liban avec les réfugiés ne devront pas être com­parées avec celles qui existent avec les autres pays arabes ; les permis de travail devront être régu­la­risés et la sécurité sociale fournie aux réfugiés avec l’aide de l’UNRWA.

Mais Harb a mis en garde contre le fait d’utiliser les droits au travail pour négocier sur la question des armes dans ou en dehors des camps de réfugiés, ou de rechercher une lente inté­gration des réfugiés dans la société au sein de laquelle ils vivent. « Cela tuerait leur identité de réfugiés », a-​​t-​​il dit.

« Nous devons trouver un équi­libre entre sou­tenir le droit au retour des réfugiés et leur donner leur droits humains, sociaux et écono­miques, a-​​t-​​il ajouté.

Pendant ce temps, Maj­dalani a abordé les liens bila­téraux entre le Liban et la Palestine et a ajouté que la for­mation du Cabinet libanais dirigé par le Premier Ministre Saad Hariri a contribué de manière positive à ren­forcer les liens.

Il a ajouté que les auto­rités pales­ti­niennes res­pec­taient l’indépendance du Liban et ses lois, et ne vou­laient pas mener de combats inter pales­ti­niens sur le sol libanais. « Les Pales­ti­niens sont des invités au Liban et ils res­pectent leurs hôtes jusqu’à ce qu’ils retournent dans leur pays », a-​​t-​​il dit.

Maj­dalani a ensuite insisté sur l’importance de garantir les droits au travail des réfugiés, disant que c’était le meilleur moyen de lutter contre la pau­vreté et le chômage, et, plus important, le meilleur moyen de com­battre le ter­ro­risme qui pourrait résulter de mau­vaises condi­tions sociales. « D’un côté, donner aux réfugiés des droits au travail crée des forces de travail dis­po­nibles et qua­li­fiées qui sont béné­fiques pour l’économie liba­naise, et d’un autre, cela garantit la sta­bilité, la paix civile et sociale, a-​​t-​​il dit.

Maj­dalani a aussi fait allusion aux lois et déci­sions liba­naises qui excluent les Pales­ti­niens de cer­taines pro­fes­sions, et a dit que ces lois devraient être revues et rem­placées. Le chef de la Confé­dé­ration Générale du Travail du Liban, Ghassan Ghosn, a répété l’importance de donner aux réfugiés pales­ti­niens des droits, et que ces droits n’élimineraient pas leur droit au retour. Aucun Libanais n’accepte la condition misé­rable des camps de réfugiés, a-​​t-​​il ajouté.