Hamas et Fatah se rencontrent pour tenter de résoudre leurs différends

AFP, lundi 8 août 2011

Le Fatah et le Hamas, les deux groupes pales­ti­niens rivaux, ont repris des négo­cia­tions dimanche 7 août au Caire en vue de la mise en oeuvre de leur accord de récon­ci­liation conclu fin avril, a indiqué l’agence de presse gou­ver­ne­mentale Mena.

Les deux parties ont entamé les négo­cia­tions samedi 6 août au soir en pré­sence de res­pon­sables des ser­vices de ren­sei­gnement égyp­tiens, a ajouté l’agence égyp­tienne pré­cisant que la délé­gation du Fatah est conduite par Azzam al-​​Ahmad et celle du Hamas par Moussa Abou Marzouk.

Un des res­pon­sables du Fatah, Sakhr Bssisso, cité par Mena, a indiqué que les dis­cus­sions vont se foca­liser "sur les moyens de mettre en oeuvre l’accord de récon­ci­liation" et notamment sur la for­mation d’un nouveau gou­ver­nement, sujet le plus sen­sible de l’accord signé entre les deux parties pales­ti­niennes en avril.

"Nous avons dit plus d’une fois que le gou­ver­nement pales­tinien que nous voulons former n’est pas un (gou­ver­nement) d’unité nationale ou un gou­ver­nement de coa­lition", a indiqué le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas cité dimanche 7 août par l’agence offi­cielle jor­da­nienne Petra, à l’issue d’une ren­contre avec le roi Abdallah II.

"Nous sou­haitons un gou­ver­nement d’indépendants, un gou­ver­nement de tran­sition", a indiqué Mahmoud Abbas, qui a discuté de la récon­ci­liation pales­ti­nienne avec le monarque, selon Petra.

Désaccord sur le futur premier ministre

Le porte-​​parole du Hamas, Sami Abou Zahri, a indiqué samedi 6 août que son orga­ni­sation était "sérieuse en demandant l’application de cet accord (de récon­ci­liation) aussi vite pos­sible". Mais il a ajouté qu’il y avait des obs­tacles à sa mise en oeuvre, notamment du fait de l’insistance du Fatah à nommer Salam Fayyad, comme comme chef du gou­ver­nement d’unité.

L’accord de récon­ci­liation signé en avril a fina­lement été suivi de peu d’effets car les deux parties n’arrivent pas à s’entendre sur le choix du chef du gou­ver­nement d’indépendants. Le Fatah sou­tient le premier ministre Salam Fayyad, favori de la com­mu­nauté inter­na­tionale. Mais la for­mation isla­miste, s’oppose à sa nomi­nation et est favo­rable à un premier ministre issu de la bande de Gaza, qu’elle contrôle.

Depuis leur récon­ci­liation le 27 avril les deux parties se sont déjà ren­contré à deux reprises, l’Égypte jouant un rôle de bons offices, mais sans que les négo­cia­tions abou­tissent. Le Fatah a offi­ciel­lement annoncé son soutien à Salam Fayyad qu’il sou­haite voir au poste de premier ministre d’un gou­ver­nement d’indépendants qui doit orga­niser des élec­tions d’ici mai 2012.