Grave pénurie d’eau en Cis­jor­danie : la consom­mation d’eau en Israël est 3,5 fois plus élevée qu’en Cisjordanie

ISM, samedi 5 juillet 2008

La pénurie chro­nique d’eau résulte pour une large part de la poli­tique dis­cri­mi­na­toire d’Israël dans la dis­tri­bution des res­sources d’eau com­munes en Cis­jor­danie et les limi­ta­tions qu’il met à la capacité de l’Autorité Pales­ti­nienne de forer de nou­veaux puits.

Le mardi 1er juillet, B’Tselem a averti qu’il y a une grave pénurie d’eau cet été dans de larges zones de la Cis­jor­danie. La pénurie aura de sérieuses réper­cus­sions sur l’économie et la santé de dizaines de mil­liers de pales­ti­niens. La pénurie chro­nique d’eau résulte pour une large part de la poli­tique dis­cri­mi­na­toire d’Israël dans la dis­tri­bution des res­sources d’eau com­munes en Cis­jor­danie et les limi­ta­tions qu’il met à la capacité de l’Autorité Pales­ti­nienne de forer de nou­veaux puits. La pénurie sera pire cette année à cause des effets cumulés des récentes années arides.

Selon les calculs de l’Autorité Pales­ti­nienne de l’Eau, il manque de 40 à 70 mil­lions de mètres cube pour couvrir les besoins des pales­ti­niens de Cis­jor­danie. La consom­mation d’eau par per­sonne en Cis­jor­danie est main­tenant de 66 litres par jour, soit environ les deux-​​tiers du montant minimum recom­mandé par l’Organisation Mon­diale de la Santé. Dans cer­taines parties du nord de la Cis­jor­danie, la consom­mation d’eau est le tiers du minimum de l’OMS, et les chiffres de la consom­mation incluent l’eau pour le bétail.

La moyenne de la consom­mation de l’eau par per­sonne des israé­liens est 3,5 fois celle des palestiniens.

Des cen­taines de mil­liers de pales­ti­niens en Cis­jor­danie ne sont pas connectés au réseau d’eau, et doivent acheter l’eau de camions-​​citernes, ce qui coûte trois à six fois plus cher (cela dépend du lieu et des res­tric­tions des mou­ve­ments) que l’eau fournie par un réseau d’eau. De nom­breuses familles pauvres tirent l’eau de puits non sur­veillés, ce qui conduit à une aug­men­tation des maladies infec­tieuses dans beaucoup de zones rurales en été.

Même les Pales­ti­niens qui sont connectés à un système d’eau ne béné­fi­cient pas d’une four­niture constante d’eau. Beaucoup d’habitants rap­portent de longues inter­rup­tions de la four­niture d’eau. Selon les témoi­gnages de B’Tselem, en été, la com­pagnie d’eau israé­lienne Mékorot réduit la four­niture de l’eau aux villes et aux vil­lages pales­ti­niens pour couvrir les besoins crois­sants des colonies.

La pénurie d’eau est aggravée par le vol de l’eau par les Israé­liens dans les parties de la zone C qui sont sous contrôle israélien complet civil et mili­taire. Les auto­rités chargées de faire appliquer la loi israé­lienne échouent à faire face cor­rec­tement à ce phénomène.

L’accès à l’eau sans dis­cri­mi­nation est reconnu par le droit inter­na­tional comme un droit humain fondamental.

De plus, la dis­cri­mi­nation pra­tiquée par Israël dans son partage de l’eau est une vio­lation de ses obli­ga­tions selon le droit inter­na­tional huma­ni­taire. B’Tselem appelle le gou­ver­nement israélien à assurer une four­niture d’eau immé­diate, régu­lière, adé­quate à chaque résident de la Cis­jor­danie sans dis­cri­mi­nation, et à per­mettre à l’Autorité Pales­ti­nienne de déve­lopper de nou­velles sources d’eau.