George W. Bush assure Israël du soutien des Etats-​​Unis

le NouvelObs, vendredi 16 mai 2008

"L’alliance entre nos gouvernements est inaltérable", a dit George W. Bush.

Le pré­sident George W. Bush a invoqué, jeudi 15 mai, les leçons du nazisme pour assurer aux Israé­liens et aux juifs que le soutien des Etats-​​Unis était "inal­té­rable" et qu’avec les Amé­ri­cains ils étaient plus de "307 mil­lions" face au Hamas, au Hez­bollah et à l’Iran. Il a par ailleurs accusé son homo­logue iranien Mahmoud Ahma­di­nejad de vouloir ramener le Proche-​​Orient au Moyen Âge, affirmant que per­mettre à l’Iran d’avoir l’arme nucléaire serait "trahir de manière impar­don­nable" les futures géné­ra­tions, selon un dis­cours qu’il devait pro­noncer jeudi après-​​midi à la Knesset (Par­lement) et dont la Maison Blanche a diffusé le texte. "L’alliance entre nos gou­ver­ne­ments est inal­té­rable", a dit George W. Bush.

L’Iran et le Hezbollah

Le pré­sident amé­ricain a dénoncé la vision du monde du mou­vement isla­miste pales­tinien Hamas, du Hez­bollah libanais et d’Al-Qaïda ainsi que celle du pré­sident ultra­con­ser­vateur iranien, qui "rêve de ramener le Proche-​​Orient au Moyen Âge et qui appelle à rayer Israël de la carte". "La popu­lation d’Israël n’est peut-​​être que d’un peu plus de 7 mil­lions. Mais quand vous faites face à la terreur et au mal, vous êtes 307 mil­lions parce que l’Amérique est à vos côtés", a-​​t-​​il dit.

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[1] voir aussi : Proche-​​​​Orient : Bush loue l’alliance avec Israël contre "ter­ro­ristes et tyrans"

Le pré­sident amé­ricain George W. Bush a loué l’alliance entre les Etats-​​​​Unis et Israël face aux "ter­ro­ristes et aux tyrans", à son arrivée mer­credi en Israël pour par­ti­ciper aux célé­bra­tions des 60 ans de l’Etat juif.

M. Bush, qui veut pousser à un accord israélo-​​​​palestinien auquel il dit tou­jours croire, malgré un scep­ti­cisme gran­dissant à huit mois de la fin de son mandat, a été accueilli à l’aéroport Ben Gourion près de Tel-​​​​Aviv notamment par le pré­sident Shimon Peres, le Premier ministre Ehud Olmert et son épouse Aliza.

Le pré­sident amé­ricain, accom­pagné de son épouse Laura, et M. Olmert se sont donné une cha­leu­reuse accolade au pied de l’avion.

Sa visite de trois jours en Israël a lieu sous de sombres aus­pices, avec des négo­cia­tions qui pié­tinent, les nou­veaux soupçons de cor­ruption qui pèsent sur M. Olmert et d’alarmantes ten­sions chez le voisin libanais.

En outre dans la bande de Gaza, quatre Pales­ti­niens, dont trois membres du mou­vement isla­miste Hamas, ont été tués le matin lors d’incursions et raids aériens de l’armée israé­lienne, selon les ser­vices d’urgence palestiniens.

"Nous consi­dérons la Terre Sainte comme un endroit très spécial et les Israé­liens comme nos amis proches", a dit M. Bush dans une brève décla­ration conclue d’un "shalom" (paix en hébreu), à l’issue de la céré­monie d’accueil à l’aéroport.

Il a invoqué le passé des deux pays, leur enga­gement pour la démo­cratie et leur "alliance durable contre les ter­ro­ristes et les tyrans".

M. Peres a sou­ligné que M. Bush s’était "tenu, comme per­sonne, à nos côtés durant les matins enso­leillés et les tempêtes".

Et M. Olmert a fait valoir "l’alliance stra­té­gique" avec Washington, un des "piliers de notre sécurité nationale".

Il s’agit de la seconde visite de M. Bush en Israël depuis celle de janvier consacrée essen­tiel­lement aux pour­parlers israélo-​​​​palestiniens, lui qui n’avait jamais mis les pieds en Israël en sept ans de pré­si­dence avant janvier.

Le pré­sident amé­ricain s’est ensuite rendu à Jéru­salem pour des entre­tiens avec M. Olmert en pré­sence de la secré­taire d’Etat Condo­leezza Rice, de la chef de la diplo­matie israé­lienne Tzipi Livni, du ministre de la Défense Ehud Barak et du chef d’état-major Gaby Ashkenazi.

M. Bush vou­drait pré­sider avant fin 2008, et donc de son mandat en janvier 2009, à un accord de paix menant à terme à la création d’un Etat palestinien.

C’est ce que M. Olmert et le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas se sont engagés à essayer de réa­liser à Anna­polis (Etats-​​​​Unis) en novembre 2007, sous l’égide de M. Bush.

M. Bush avait assuré avant de quitter Washington qu’il conti­nuait à croire à un accord qui serait, selon lui, une défi­nition d’un Etat palestinien.

M. Olmert a fait état mardi de "progrès réels" dans les négociations.

Devant les ennuis judi­ciaires de M. Olmert, M. Bush a pru­demment sou­ligné que les négo­cia­tions étaient une affaire de gou­ver­ne­ments et non de per­sonnes, tout en disant que, pour lui, le Premier ministre était un "gars honnête".

L’administration amé­ri­caine a décon­seillé d’attendre une percée. M. Bush n’a pas prévu à ce stade de réunir MM. Olmert et Abbas. Il ren­con­trera ce dernier samedi en Egypte, à l’occasion d’un forum écono­mique, et ne se rendra par en Cisjordanie.

"Nous ne sou­haitons pas la bien­venue à Bush et aux pré­si­dents hypo­crites qui veulent faire plaisir au diable amé­ricain", a dit le plus influent des chefs du Hamas à Gaza, Mahmoud Zahar, lors d’une céré­monie à l’occasion de la "Nakba", la "catas­trophe" que fut pour les Pales­ti­niens la création d’Israël en 1948.

Les Pales­ti­niens ont prévu des mani­fes­ta­tions jeudi à Gaza et en Cis­jor­danie pour marquer la "Nakba".

Le même jour, M. Bush pro­noncera son premier dis­cours devant la Knesset, qui sera boy­cotté par les députés arabes israéliens.

Après Israël, il gagnera ven­dredi l’Arabie saoudite et samedi l’Egypte où il doit aussi ren­contrer le Premier ministre libanais Fouad Siniora.

Afp, publié par Courrier inter­na­tional le 14 mai

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et encore Reuters du 15 mai :

George Bush expose sa vision prophétique du Proche-​​​​Orient

Le pré­sident George Bush a formulé en Israël une vision des pers­pec­tives de paix au Proche-​​​​Orient dans laquelle les ennemis actuels des Etats-​​​​Unis ont le choix entre un avenir et un échec.

"C’est une vision auda­cieuse dont cer­tains diront qu’elle ne pourra jamais se réa­liser", a déclaré Bush devant la Knesset.

A l’occasion du soixan­tième anni­ver­saire de la création d’Israël, le chef de la Maison blanche a qua­lifié l’Etat juif de "patrie pour le peuple élu" et n’a fait qu’une brève allusion à l’espoir des Pales­ti­niens de dis­poser d’un Etat en propre.

"Cer­tains laissent entendre que si les Etats-​​​​Unis rom­paient les liens avec Israël, tous les pro­blèmes du Proche-​​​​Orient dis­pa­raî­traient, a-​​​​t-​​​​il dit. C’est là un argument éculé qui nourrit la pro­pa­gande des ennemis de la paix et que l’Amérique rejette absolument."

Dans le cadre d’un voyage qui doit aussi le conduire en Arabie saoudite et en Egypte, Bush a dit que Washington se tenait aux côtés d’Israël en "s’opposant fer­mement aux ambi­tions nucléaires mili­taires" de l’Iran.

Laisser Téhéran acquérir l’arme ato­mique "serait une tra­hison impar­don­nable des géné­ra­tions à venir", a-​​​​t-​​​​il dit. L’Iran assure que son pro­gramme nucléaire ne vise qu’à pro­duire de l’électricité.

Avant de se pro­jeter dans l’avenir devant les députés israé­liens, Bush s’était rendu à la for­te­resse de Massada, symbole antique de l’esprit de résis­tance et de sacrifice des Juifs face à la puis­sance romaine. La for­te­resse avait été érigée près de la mer Morte, dans une région déser­tique au sud de Jérusalem.

"SOCIÉTÉS LIBRES ET INDÉ­PEN­DANTES"

"Ainsi, alors que nous mar­quons les 60 ans écoulés depuis la création d’Israël, essayons d’envisager la région dans soixante ans", a déclaré le président.

"Israël fêtera son 120e anni­ver­saire en tant que l’une des plus grandes démo­craties du monde" et "les Pales­ti­niens auront une patrie, un Etat démo­cra­tique régi par la loi, qui res­pectera les droits de l’homme et rejettera le ter­ro­risme", a-​​​​t-​​​​il dit.

"Du Caire à Ryad et de Bagdad à Bey­routh, on vivra dans des sociétés libres et indé­pen­dantes", a pour­suivi Bush. L’Iran et la Syrie "seront des pays paci­fiques, où l’oppression actuelle ne sera plus qu’un souvenir".

Les isla­mistes d’Al Qaïda, du Hez­bollah libanais et du Hamas pales­tinien "seront vaincus à mesure que les musulmans de la région consta­teront la vacuité de la vision des ter­ro­ristes", a prédit le dirigeant américain.

Alors qu’il entamait son dis­cours, trois par­le­men­taires arabes ont été conduits à l’extérieur de la Knesset après y avoir brandi une pan­carte où s’inscrivait "We Shall Overcome" - titre d’un chant qui accom­pagna les marches du mou­vement pour les droits civiques aux Etats-​​​​Unis.

Bush n’est pas revenu sur son espoir de par­venir à un accord de paix israélo-​​​​palestinien avant la fin de son mandat en janvier 2009 - objectif qui laisse les analystes sceptiques.

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert, qui a aussi pris la parole à l’assemblée, s’est dit certain qu’un accord de paix serait "approuvé à une forte majorité à la Knesset et soutenu par la grande majorité de l’opinion israélienne".

Inter­rogée sur le dis­cours de Bush, Dana Perino, porte-​​​​parole de la Maison blanche, a noté que le pré­sident gardait l’espoir qu’un accord inter­vienne avant son départ.

"MASSADA NE RETOMBERA JAMAIS"

A Ramallah, où siège l’Autorité pales­ti­nienne en Cis­jor­danie occupée, la vie s’est arrêtée pendant deux minutes en sou­venir de la "Nakba" ("Catas­trophe"), ainsi que les Pales­ti­niens dési­gnent l’éviction de 700.000 Arabes en 1948.

Qua­li­fiant Bush de "chef de file du Mal dans le monde", l’un des diri­geants du Hamas, Sami Abou Zouhri, a affirmé que son mou­vement ne s’affaiblirait jamais.

A Massada, un télé­phé­rique a conduit le pré­sident amé­ricain et Olmert au sommet d’un plateau où, selon un chro­ni­queur du Ier siècle ap. J.-C., quelque 960 zélotes juifs, hommes, femmes et enfants, se sui­ci­dèrent aux alen­tours de l’an 70 plutôt que de se rendre aux troupes romaines qui les assiégeaient.

"Sur ce site his­to­rique, les soldats israé­liens font le serment que ’Massada ne retombera jamais’. Citoyens d’Israël, Massada ne retombera jamais et l’Amérique se tiendra à vos côtés", a assuré Bush plus tard à la Knesset sous une ovation.

Dans un dis­cours télévisé, le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas a déclaré de son côté : "Deux peuples vivent sur cette terre bien-​​​​aimée - l’un célèbre l’indépendance et l’autre se sou­vient avec souf­france de sa Nakba. Il est temps de mettre un terme à la Nakba du peuple palestinien."

Depuis leur relance en novembre à la confé­rence d’Annapolis (Maryland), les négo­cia­tions de paix israélo-​​​​palestiniennes n’ont guère fait appa­raître de progrès tangibles.

Elles se déroulent en outre dans un climat rendu com­pliqué par les menaces judi­ciaires pesant sur Olmert. Les appels à la démission du Premier ministre se sont mul­ti­pliés en raison des pots-​​​​de vin que lui aurait versés un financier amé­ricain. Olmert nie mais assure qu’il démis­sionnera s’il est inculpé.

Côté pales­tinien, la par­tition de fait entre la Cis­jor­danie, dirigée par le Fatah du pré­sident Mahmoud Abbas, et la bande de Gaza, que contrôlent les isla­mistes du Hamas depuis juin de l’année der­nière, obère les efforts en faveur de la paix.

Version française Henri-​​​​Pierre André, Philippe Bas-​​​​Rabé