Gel des colonisations et reprise des négociations : L’impossible compromis

Hassan Moali, lundi 30 novembre 2009

C’est l’impasse à l’état actuel des choses compte tenu de l’incapacité de l’Administration amé­ri­caine et de ce qu’on appelle la « com­mu­nauté inter­na­tionale » à faire entendre raison à l’Etat hébreu.

Une nou­velle fois, on a célébré, hier, la journée inter­na­tionale de soli­darité avec le peuple pales­tinien, coïn­cidant avec celle célébrée le 29 novembre sans qu’une lueur d’espoir de paix ne pointe à l’horizon. « L’offre » du Premier ministre israélien Benyamin Neta­nyahu d’un gel partiel de la colo­ni­sation dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés pour une période de dix mois, à l’exception de la ville sainte d’El Qods, est rejetée et par l’Autorité pales­ti­nienne et par la Ligue arabe. Pour Mahmoud Abbas, en tournée en Amé­rique du Sud, il n’est pas question de reprendre les négo­cia­tions sans « un arrêt complet de la colo­ni­sation » dans les ter­ri­toires occupés [1].

« Nous ne pouvons pas les (négo­cia­tions) reprendre sans l’engagement des deux parties à res­pecter les bases de la feuille de route, en par­ti­culier le gel de l’expansion des colonies de la part d’Israël », affirme M. Abbas depuis le Vene­zuela. De son côté, la Ligue arabe a réaf­firmé, hier, son rejet total de l’offre du Premier ministre israélien Benyamin Neta­nyahu d’un gel partiel de la colo­ni­sation. Dans une décla­ration publiée hier par le quo­tidien saoudien El Madina, le secré­taire général adjoint chargé des affaires de la Palestine et des ter­ri­toires arabes occupés, Mohamed Sbih, a vivement cri­tiqué cette décision du gou­ver­nement de Neta­nyahu qu’il qua­lifie d’« extré­miste ». M. Sbih a jugé « insuf­fi­santes » les pro­po­si­tions israé­liennes, qui, a-​​t-​​il sou­ligné, « ne sont que de simples déci­sions n’ayant pour objectif que d’apaiser la tension au sein de la com­mu­nauté inter­na­tionale pro­voquée par les agis­se­ments répressifs » d’Israël dans les ter­ri­toires palestiniens.

La Ligue arabe « ne peut être induite en erreur par cette décision israé­lienne », a affirmé M. Sbih. Et d’ajouter que « si Israël sou­haite de res­taurer la paix au Proche-​​Orient, elle n’aura qu’à se joindre à l’initiative arabe, seule et meilleure voie pouvant mener à la paix et à la sta­bilité de la région », a encore sou­ligné M. Sbih.

Deux poids, deux mesures

Cela étant dit, et au-​​delà de ce front de refus arabe, la pro­po­sition de Neta­nyahu ne fait même pas l’unanimité en Israël. Le Premier ministre israélien avait annoncé récemment l’approbation par son cabinet de « la sus­pension de nou­velles mises en chantier de loge­ments », mais les extré­mistes du Likoud sont loin de par­tager l’option. En effet, des repré­sen­tants de l’aile radicale du parti Likoud du Premier ministre israélien Benyamin Neta­nyahu ont cri­tiqué le gel de la colo­ni­sation proposé par ce dernier, auquel ils reprochent d’avoir cédé aux pres­sions du pré­sident amé­ricain Barack Obama. « Il (Obama) hait les juifs, et c’est un anti­sémite. Son régime est le pire auquel Israël ait jamais été confronté, et je tiens à dire à Barack Hussein Obama qu’il ne pourra pas nous stopper », a déclaré le maire de la colonie de Beit Aryeh, Avi Naïm, dans des propos retransmis hier par la radio publique israé­lienne. « Nous avons sur­monté (les épreuves infligées par) le pharaon, par Antiochos et Saladin, et nous sur­vi­vrons à Obama », a-​​t-​​il ajouté.

Cet autre front de refus, israélien celui-​​là, est animé même par des ministres. « Je suis fon­ciè­rement opposé au gel de la construction », a affirmé hier le ministre de l’Environnement, Gilad Erdan, avant la réunion heb­do­ma­daire du cabinet, ajoutant que « cette mesure n’allait pas conduire les Pales­ti­niens à revenir à la table des négo­cia­tions ». Son col­lègue, le vice-​​Premier ministre Sylvain Shalom, a de son côté affirmé que « cette décision est inutile et ne fera que ren­forcer les exi­gences pales­ti­niennes. C’est dire que la pro­po­sition de Neta­nyahu consi­dérée par les Pales­ti­niens comme du menu fretin, passe déjà pour une « grosse » concession à Tel-​​Aviv. [2]

Cela montre à quel point le fossé séparant les Pales­ti­niens et les poli­tiques israé­liens est large. De fait, le com­promis s’annonce impos­sible à l’état actuel des choses compte tenu de l’incapacité de l’Administration amé­ri­caine et de ce qu’on appelle la com­mu­nauté inter­na­tionale à infléchir la position de l’Etat hébreu. Ces der­niers pré­fèrent braquer leurs pro­jec­teurs sur l’Iran contre lequel tous les coups sont permis.

[1] voir aussi

Abbas condi­tionne la reprise des négo­cia­tions à un arrêt de la colonisation

Le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas a condi­tionné, ven­dredi à Caracas, la reprise des négo­cia­tions avec Israël à un arrêt complet de la colo­ni­sation israé­lienne dans les ter­ri­toires occupés, ont rap­porté des agences de presse.

La veille à San­tiago, pré­cé­dente étape de sa tournée sud-​​​​américaine qu’il achève samedi, M. Abbas avait déjà estimé que la sus­pension par­tielle de la colo­ni­sation en Cis­jor­danie, annoncée mer­credi par l’État hébreu, n’apportait “rien de nouveau”. Le Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahu “a rompu les négo­cia­tions”, a déclaré M. Abbas devant le Par­lement véné­zuélien, avant de s’entretenir ven­dredi soir avec le pré­sident véné­zuélien Hugo Chavez.

“Nous ne pouvons pas les reprendre sans l’engagement des deux parties à res­pecter les bases de la feuille de route, en par­ti­culier le gel de l’expansion des colonies de la part d’Israël”, a-​​​​t-​​​​il ajouté. La feuille de route, élaborée en 2003 par la com­mu­nauté inter­na­tionale, prévoit la coexis­tence de deux États israélien et pales­tinien dans des fron­tières bien délimitées.

Sous la pression des États-​​​​Unis, Israël a proposé, mer­credi, une sus­pension par­tielle et tem­po­raire de la colo­ni­sation en Cis­jor­danie dans le but de relancer le pro­cessus de paix, une ini­tiative saluée par Washington, mais jugée insuf­fi­sante par les Pales­ti­niens. Comme le Brésil, l’Argentine, le Chili et le Paraguay, où M. Abbas s’est rendu depuis lundi, le Vene­zuela a réitéré son soutien à la création d’un État palestinien indépendant.

Au mois de janvier, le pays sud-​​​​américain avait rompu ses rela­tions avec Israël en réaction à l’offensive israé­lienne dans la Bande de Ghaza. Quatre mois plus tard, une repré­sen­tation pales­ti­nienne a ouvert à Caracas. publié par Liberté Algérie

http://​www​.liberte​-algerie​.com/

[2] voir aussi l’Orient le Jour

L’aile dure du Likoud fustige le moratoire sur les colonies

Cis­jor­danie Neta­nyahu doute de la volonté de dia­logue de Abbas. Des ministres du Likoud, le parti de droite du Premier ministre israélien Ben­jamin Neta­nyahu, ainsi que les colons ont fustigé hier la sus­pension par­tielle de la colo­ni­sation en Cis­jor­danie pro­posée par ce dernier pour per­mettre la relance du pro­cessus de paix. « Je suis fon­ciè­rement opposé au gel de la construction », a affirmé hier le ministre de l’Environnement, Gilad Erdan, avant la réunion heb­do­ma­daire du cabinet, ajoutant que « cette mesure n’allait pas conduire les Pales­ti­niens à revenir à la table des négo­cia­tions ». Le vice-​​​​Premier ministre Sylvan Shalom a de son côté affirmé que « cette décision est inutile et ne fera que ren­forcer les exi­gences pales­ti­niennes ». M. Neta­nyahu a proposé mer­credi sous la pression des États-​​​​Unis un coup de frein de dix mois à la colo­ni­sation juive en Cis­jor­danie occupée, mais qui ne concerne pas Jérusalem-​​​​Est (annexée). Le but de ce mora­toire est de per­mettre la relance du pro­cessus de paix avec les Pales­ti­niens, sus­pendu depuis l’offensive israé­lienne contre la bande de Gaza l’hiver dernier. Ini­tia­lement, le gou­ver­nement israélien devait enté­riner cette décision hier en séance heb­do­ma­daire, mais la question n’a fina­lement pas été ins­crite à l’ordre du jour, a-​​​​t-​​​​on indiqué de source offi­cielle. En revanche, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a ordonné de mobi­liser « au plus vite » de nou­veaux inspecteurs - 40 d’ici à deux semaines - pour veiller à l’application de la mesure…

http://​www​.lorient​lejour​.com/​c​atego…