Gaza martyre

Alain Gresh, mercredi 19 novembre 2008

La trêve négociée indi­rec­tement entre Israël et le Hamas à travers l’Egypte le 19 juin 2008 est ébranlée depuis le raid israélien contre des mili­tants du Hamas, qui a fait quatre tués le 12 novembre.

Des blindés israé­liens ont pénétré dans le sud de la bande de Gaza. La trêve négociée indi­rec­tement entre Israël et le Hamas à travers l’Egypte le 19 juin 2008 est ébranlée depuis le raid israélien contre des mili­tants du Hamas, qui a fait quatre tués le 12 novembre. Déjà le 11 novembre le premier ministre israélien Ehud Olmert avait annoncé que la confron­tation avec le Hamas était inéluctable.

Cette rupture de la trêve a été accom­pagnée par la fer­meture régu­lière des points de passage vers Gaza par les auto­rités israé­liennes. Cette prison à ciel ouvert dans laquelle vivent plus de 1,5 million de Pales­ti­niens, connaît depuis le début de l’année, « la pire situation huma­ni­taires depuis 1967 ». « Le blocus au quo­tidien » a contribué à rendre insup­por­table le lot des popu­la­tions civiles, prises en otage et sou­mises à des repré­sailles col­lec­tives qui s’apparentent à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité selon les défi­ni­tions du droit inter­na­tional. Le droit huma­ni­taire est violé. L’Union euro­péenne a appelé le 14 novembre Israël à rouvrir les points de passage pour per­mettre la livraison de l’aide huma­ni­taire de base et du car­burant, sans succès.

Selon une dépêche de l’AFP du 18 novembre, l’ONU avait repris le même jour la dis­tri­bution des aides huma­ni­taires à Gaza « après avoir été auto­risée par Israël à ache­miner des pro­vi­sions en déro­gation à un strict blocus imposé au ter­ri­toire pales­tinien. “La dis­tri­bution se fait à partir des petites quan­tités que nous avons pu ache­miner lundi. Les pro­vi­sions dureront des jours et non pas des semaines”, a indiqué à l’AFP Chris Gunness, porte-​​parole de l’Unrwa, l’Agence de secours de l’ONU pour les réfugiés palestiniens.

Israël a autorisé lundi (17 novembre) le passage de 33 camions trans­portant de la nour­riture, des médi­ca­ments et des équi­pe­ments médicaux vers Gaza, entiè­rement bouclée depuis deux semaines en raison d’un regain de vio­lence. La car­gaison de huit de ces camions était des­tinée à l’Unrwa. Mardi, les points de passage avec la bande de Gaza sont restés fermés pour la 14e journée consé­cutive, Israël n’autorisant qu’exceptionnellement depuis le 5 novembre le transfert d’aides huma­ni­taires ou de carburants. »

Avec l’incursion israé­lienne, les points de passage ont été fermés à nouveau. [1]

[1] selon l’orient le Jour le 19 novembre,

L’ONU reprend la dis­tri­bution de l’aide humanitaire

L’ONU a repris hier la dis­tri­bution des aides huma­ni­taires à Gaza après avoir été auto­risée par Israël à ache­miner des pro­vi­sions en déro­gation à un strict blocus imposé au ter­ri­toire pales­tinien. « La dis­tri­bution se fait à partir des petites quan­tités que nous avons pu ache­miner lundi. Les pro­vi­sions dureront des jours et non pas des semaines », a indiqué à l’AFP Chris Gunness, porte-​​​​parole de l’Unrwa, l’Agence de secours de l’ONU pour les réfugiés pales­ti­niens. Israël avait autorisé lundi le passage de 33 camions trans­portant de la nour­riture, des médi­ca­ments et des équi­pe­ments médicaux vers Gaza, entiè­rement bouclée depuis deux semaines en raison d’un regain de vio­lence. La car­gaison de huit de ces camions était des­tinée à l’Unrwa.

Hier, les points de passage avec la bande de Gaza sont restés fermés pour la 14e journée consé­cutive, Israël n’autorisant qu’exceptionnellement depuis le 5 novembre le transfert d’aides huma­ni­taires ou de carburants.

Selon M. Gunness, des quan­tités de lait en poudre d’une valeur de plu­sieurs mil­liers de dollars ont été gas­pillées lors de l’inspection des mar­chan­dises par les auto­rités israé­liennes. L’Unrwa dis­tribue en temps normal des aides ali­men­taires à quelque 750 000 per­sonnes, soit la moitié de la popu­lation de la bande de Gaza.

À Genève, le haut-​​​​commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, la Sud-​​​​Africaine Navi Pillay, a appelé Israël à lever son blocus, estimant qu’il prive la popu­lation de Gaza de ses « droits humains les plus élémentaires ».

Une flambée de vio­lences a sérieu­sement ébranlé une trêve en vigueur depuis cinq mois dans et autour de la bande de Gaza, conclue par l’entremise de l’Égypte entre Israël et le mou­vement isla­miste Hamas qui contrôle le territoire palestinien.

Sur le terrain, les vio­lences, qui ont coûté la vie à 15 acti­vistes pales­ti­niens depuis le 4 novembre, sem­blaient refluer, en dépit d’une incursion israé­lienne limitée dans le sud de la bande de Gaza. Le Hamas a affirmé avoir tiré une roquette sur les blindés israé­liens mais l’armée n’a pas déploré de victime.

Par ailleurs, trois mili­tants pro­pa­les­ti­niens étrangers et 14 pêcheurs pales­ti­niens à bord de trois bateaux ont été arrêtés par la marine israé­lienne près des côtes de Gaza, selon l’armée et le Mou­vement de soli­darité inter­na­tionale pro­pa­les­tinien (ISM). http://​www​.lorient​lejour​.com/​p​a​g​e​.​a​s​p​x​?​p​a​g​e​=​a​r​t​i​c​l​e​&​a​m​p​ ;​i​d​=​385978