Gaza : le nombre de 400 morts atteint ; Les bombardements se poursuivent à Gaza

AFP, jeudi 1er janvier 2009

Un quart des vic­times sont des civils, dont des dizaines de femmes et d’enfants, selon des rap­ports de l’ONU.

Le bilan des Pales­ti­niens tués dans la bande de Gaza depuis le début des raids israé­liens samedi dernier a atteint jeudi les quatre cents, selon des sources hos­pi­ta­lières dans le ter­ri­toire. "Quatre cents Pales­ti­niens ont été tués et près de 2.000 ont été blessés", a déclaré le directeur des urgences de Gaza, le Dr Mouawiya Has­sanein, suite à un nouveau décès.

L’offensive aérienne israé­lienne "plomb durci" est la plus meur­trière jamais lancée par Israël dans les ter­ri­toires pales­ti­niens depuis leur occu­pation en juin 1967. Si elle vise le mou­vement isla­miste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007, et les groupe armés tirant des roquettes contre Israël, un quart des vic­times sont des civils, dont des dizaines de femmes et d’enfants, selon des rap­ports de l’ONU.

Quatre Pales­ti­niens, dont une femme, ont été tués et au moins une qua­ran­taine blessés par des raids israé­liens sur la bande de Gaza dans la nuit de mer­credi à jeudi, a-​​t-​​on appris de sources médi­cales palestiniennes.

Toujours selon l’AFP, relayée par Libération :

Le Hamas a promis mer­credi de com­battre l’armée israé­lienne « jusqu’au dernier souffle » en cas d’offensive ter­restre dans la bande de Gaza qui sem­blait se rap­procher après le rejet de pro­po­si­tions de trêve par Israël.

« Au Hamas, nous sommes prêts à tous les cas de figure et nous com­bat­trons jusqu’au dernier souffle », a déclaré à l’AFP le député Moushir Al-​​Masri, chef du groupe par­le­men­taire du Hamas.

« Israël se lancera dans une véri­table aventure s’il se décide à envahir Gaza. Nous leur réservons des sur­prises », a-​​t-​​il menacé.

Dans un dis­cours télévisé, le chef de gou­ver­nement du Hamas Ismaïl Haniyeh a également assuré que « le peuple pales­tinien vaincra les chars » israé­liens en cas d’incursion terrestre.

Sans évoquer concrè­tement de trêve, il a déclaré : « Si l’agression est stoppée sans condition, le blocus levé et les points de passage (entre la bande de Gaza et Israël) ouverts, nous pourrons alors dis­cuter de toutes les ques­tions de manière positive ».

La Libye a déposé mer­credi soir au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de réso­lution appelant à un cessez-​​le-​​feu immédiat à Gaza et son plein respect par Israël et le Hamas, mais ce texte devra être amendé pour pouvoir être accepté par les Occidentaux [1] .

Les médias israé­liens spé­cu­laient dans la soirée sur l’imminence d’une offensive ter­restre après le rejet des pro­po­si­tions de trêve de la com­mu­nauté inter­na­tionale par Israël au cin­quième jour de son offensive meur­trière dans le ter­ri­toire contrôlé par le mou­vement islamiste.

« Nos forces ter­restres sont tou­jours déployées autour de la bande de Gaza et sont prêtes à agir si l’ordre en est donné », a indiqué à l’AFP la porte-​​parole mili­taire Avital Leibovitz.

A l’issue d’une réunion, le cabinet de sécurité a annoncé qu’il refusait les pro­po­si­tions de trêve, for­mulées mardi par l’Union euro­péenne et le Quar­tette sur le Proche-​​Orient (Etats-​​Unis, UE, Russie et ONU), affirmant sa déter­mi­nation à pour­suivre l’offensive lancée samedi à Gaza, selon un haut res­pon­sable israélien.

Le Premier ministre du gou­ver­nement de tran­sition Ehud Olmert, dont les propos ont été rap­portés par ce res­pon­sable, a affirmé après les dis­cus­sions que « l’opération n’a pas été lancée à Gaza pour qu’elle se termine avec le même nombre de tirs de roquettes qu’au début de l’offensive ».

Peu avant, Israël avait aussi rejeté l’idée d’un cessez-​​le-​​feu pro­vi­soire, sug­gérée par le chef de la diplo­matie fran­çaise Bernard Kouchner.

Le pré­sident français Nicolas Sarkozy se rendra lundi en Egypte, en Cis­jor­danie et en Israël, et mardi en Syrie et au Liban dans le cadre de sa tournée au Proche-​​Orient, a annoncé mer­credi l’Elysée.

Par ailleurs, il doit recevoir jeudi à l’Elysée la ministre israé­lienne des Affaires étran­gères Tzipi Livni.

A Washington, la Maison Blanche a affirmé qu’il appar­tenait au Hamas de faire le premier pas pour un cessez-​​le-​​feu en arrêtant ses tirs sur Israël, notant que le pré­sident George W. Bush et M. Olmert étaient « sur la même lon­gueur d’onde » sur cette question.

Le Hamas a quant à lui accusé les média­teurs inter­na­tionaux de mettre « la victime et le bourreau sur un pied d’égalité », affirmant qu’aucune pro­po­sition de trêve ne lui avait été for­mel­lement remise.

Dans la soirée, l’aviation israé­lienne a repris ses bom­bar­de­ments, pour la troi­sième fois depuis le début de l’opération, des tunnels de contre­bande de Rafah, dans le sud de Gaza, selon des témoins.

Ces frappes ont pour but de stopper l’approvisionnement du Hamas en armes et munitions.

Une Pales­ti­nienne a été tuée dans un raid aérien à Jabaliya, au nord de Gaza, selon des sources hospitalières.

L’aviation israé­lienne a effectué mer­credi pas moins de 60 sorties, selon son porte-​​parole.

Quatre Pales­ti­niens, dont une femme, ont été tués et au moins une qua­ran­taine blessés par des raids israé­liens dans la nuit de mer­credi à jeudi, a-​​t-​​on appris de sources médi­cales palestiniennes.

Le Comité inter­na­tional de la Croix-​​Rouge (CICR) a mis en garde que « aussi bien les attaques directes contre des civils que des attaques sans dis­cri­mi­nation » consti­tuent des vio­la­tions du droit huma­ni­taire international.

Au moins 60 roquettes pales­ti­niennes, selon la police, se sont abattues sur le sud d’Israël, dont quatre à Beer­sheva, capitale du Néguev, à une qua­ran­taine de km de la bande de Gaza, une dis­tance record. Ces tirs ont fait plu­sieurs blessés légers, notamment à Ashkelon.

Ces tirs de Gaza ont fait depuis samedi quatre morts en Israël, dont un soldat, et plu­sieurs dizaines de blessés.

Le pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas, qui n’exerce plus aucun contrôle sur Gaza d’où ses forces ont été délogées par le Hamas en juin 2007, en a appelé au Conseil de sécurité de l’ONU pour qu’il adopte une réso­lution imposant un cessez-​​le-​​feu. A ce sujet, il doit se rendre lundi à New York, siège de l’ONU, selon son porte-​​parole Nabil Abou Roudeina.

La Ligue arabe s’est elle aussi pro­noncée en faveur d’une réso­lution « contrai­gnante » du Conseil de sécurité exi­geant la fin de « l’aggression israélienne ».

Dans un dis­cours télévisé, M. Abbas a en outre menacé de renoncer aux négo­cia­tions de paix avec Israël faute de progrès et pour ne pas cau­tionner l’« agression » de l’Etat hébreu.

[1] D’après aso­ciated press, relayé par Yahoo :

La réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la situation dans la Bande de Gaza s’est achevée mer­credi soir à sans qu’un projet de réso­lution pré­senté par les pays arabes soit soumis au vote.

Ce projet, pré­senté par la Libye au nom de la Ligue arabe, avait immé­dia­tement été rejeté par les Etats-​​​​Unis, car n’évoquant pas les tirs de roquettes du Hamas sur le sud d’Israël.

L’ambassadeur amé­ricain Zalmay Kha­lilzad a expliqué que les Etats-​​​​Unis fai­saient tout leur pos­sible pour obtenir un cessez-​​​​le-​​​​feu immédiat, mais a dit ne voir "aucune preuve" d’une volonté en ce sens du Mou­vement de la résistance islamique.

Au début de la réunion, le secré­taire général de l’ONU Ban Ki-​​​​moon avait une nou­velle fois condamné "les tirs de roquette indis­cri­minés des mili­tants du Hamas et le fait que l’opération mili­taire israé­lienne se pour­suive de manière disproportionnée".

Il a exhorté les membres de la com­mu­nauté inter­na­tionale à user de leur "influence sur les parties pour arrêter la vio­lence immédiatement".

L’ambassadeur égyptien Maged Abde­laziz, au nom des pays arabes, a exhorté le conseil de sécurité à adopter une réso­lution contrai­gnante qui garan­tirait un cessez-​​​​le-​​​​feu immédiat et la levée du blocus de la Bande de Gaza.

Une délé­gation de plu­sieurs chefs de la diplo­matie de la Ligue doit arriver ce week-​​​​end à New York pour faire monter la pression diplo­ma­tique, et son secré­taire général Amr Moussa a également demandé au pré­sident pales­tinien Mahmoud Abbas d’en être. AP

http://​fr​.news​.yahoo​.com/​3​/​​20090101​/​​t​w​l​-​​​o​n​u​-​​​i​s​r​a​e​l​-​​​p​a​l​e​s​t​i​n​i​e​n​s​-​​​951​b​410​_​​1​.html