Gaza l’oubliée - Un appel à la conscience mondiale avant tout

Ziad Medoukh, vendredi 18 juillet 2008

Nous les Pales­ti­niens, nous n’oublierons jamais la soli­darité inter­na­tionale avec notre cause noble, la cause inter­na­tionale, la cause de tous les gens qui luttent pour un avenir sans vio­lence et sans guerre ; un avenir de paix et de liberté.

Les Pales­ti­niens appré­cient beaucoup tous les mou­ve­ments de soli­darité inter­na­tio­nales avec leur lutte contre l’occupation, l’oppression et contre l’injustice et en par­ti­culier les orga­ni­sa­tions de soli­darité popu­laires qui conti­nuent à aider les Pales­ti­niens par tous les moyens, pour leurs droits et surtout le droit à avoir un Etat libre et indé­pendant sur ses ter­ri­toires occupés..

Les mou­ve­ments de soli­darité inter­na­tio­nales à travers leurs actions et leur mobi­li­sation soit dans leurs pays, soit en Palestine à travers des actions concrètes et des mani­fes­ta­tions contre le mur ; contre l’occupation et la colo­ni­sation et à travers leur pré­sence per­ma­nente avec les Pales­ti­niens ont aidé à l’évolution de l’opinion publique inter­na­tionale surtout en Europe en faveur des droits des pales­ti­niens. C’est vrai que la com­mu­nauté inter­na­tionale, et je parle ici des Etats, des gou­ver­ne­ments, des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales y compris les Nations Unis - malgré quelques ini­tia­tives courageuses-​​ n’ont pas réagi d’une façon objective pour régler ou trouver une solution juste pour le conflit israélo-​​ pales­tinien qui dure depuis plus de soixante ans sans une solution juste et égale, on peut dire que les Pales­ti­niens souffrent de l’occupation certes mais ils souffrent encore de l’absence de la com­mu­nauté inter­na­tionale voire de la com­plicité de cette com­mu­nauté inter­na­tionale ce qui a aggravé la souf­france de notre peuple ; et l’exemple concret de l’isolement et du blocus imposés sur la Bande de Gaza montre une fois de plus que la com­mu­nauté inter­na­tionale est silen­cieuse voire absente devant la situation très dif­ficile pour plus d’un million et demi de palestiniens.

Où sont les soli­daires ? Il est où le monde libre ? Elle est où la com­mu­nauté internationale ?

Des ques­tions posées et répétées par des simples citoyens de Gaza qui s’interrogent souvent sur leur sort avec cet embargo imposé par les forces de l’occupation israé­lienne non contre un mou­vement ou une faction mais contre une popu­lation civile entière. Ces inter­ro­ga­tions inno­centes des Gazaouis surtout après les 14 mois de blocus intensif imposé par les Israé­liens contre la bande de Gaza donnent une indice que Gaza et les Gazaouis sont oubliés par le reste du monde et que le sort de plus d’un million d’habitants de Gaza va vers l’inconnu.

Depuis plus d’un an ; toutes les fron­tières et tous les pas­sages qui relient Gaza à l’extérieur sont fermés par ordre mili­taire israélien et ces pas­sages ont été ouverts même pas 30 jours pendant cette année pour faire entrer des aides ali­men­taires et quelques quan­tités limitées de car­bu­rants à peine suf­fi­santes pour satis­faire les besoins énormes de la popu­lation en dif­fi­culté, au chômage et qui vit dans la misère.

Plus de 200 malades ont trouvé la mort à cause du manque de médi­ca­ments et de l’interdiction israé­lienne de leur per­mettre de se soigner dans les hôpitaux israé­liens et voisins. Plus de 9000 usines et ate­liers ont été fermés sans oublier les pertes de secteur agricole à cause de ce blocus ; et plus de 2000 étudiants ont perdu leur année anni­ver­saire dans les uni­ver­sités arabes et étran­gères et plus de 5000 pales­ti­niens ont perdu leur travail et rési­dence dans les pays arabes et ils sont tou­jours bloqués à Gaza.

Imaginez-​​vous ; des régions et des quar­tiers à Gaza qui restent deux ou trois jours entiers sans eau ni élec­tricité avec des consé­quences graves sur l’environnement.

Le chômage atteint 80% de la popu­lation active et 85% des Pales­ti­niens de Gaza vivent avec l’aide ali­men­taire dis­tribuée par les Nations Unies et les orga­ni­sa­tions humanitaires.

Toute la vie est para­lysée à Gaza, rien ne fonc­tionne à Gaza sauf les deux sec­teurs essen­tiels : l’éducation et la santé, l’éducation pour nous les Pales­ti­niens est le seul flambeau qui nous reste face à l’injustice et l’indifférence. Gaza est devenue une ville fantôme malgré la volonté et les espé­rances d’un peuple isolé et d’une popu­lation affamée. La situation est tou­jours inquié­tante à Gaza malgré les men­songes israé­liens d’apaiser le siège ; la situation sur le terrain ne marque aucun signe d’amélioration.

En isolant Gaza l’armée israé­lienne est en train de com­mettre un crime contre l’humanité, en enfermant la popu­lation civile dans une grande prison à ciel ouvert, le gou­ver­nement israélien est en train de tuer tout espoir dans le pro­cessus de paix.

Devant cette situation très dif­ficile ;les Gazaouis se sentent oubliés par tous le monde ; par les voisins arabes d’abord, par la com­mu­nauté inter­na­tionale et le monde libre.

Devant ces crimes et devant la mort lente qui attend les citoyens inno­cents de Gaza il n’y a aucune condam­nation de la part des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales y compris les orga­ni­sa­tions qui défendent les droits de l’homme et les gou­ver­ne­ments qui pré­tendent la démo­cratie et la liberté et c’est rare qu’un res­pon­sable de ces orga­ni­sa­tions ose visiter la bande de Gaza pour constater au moins la souf­france per­ma­nente de cette popu­lation en crise. Per­sonne de ce monde libre ose dénoncer l’intolérable de la situation de siège auquel est soumis la popu­lation de Gaza.

A Gaza tout est mort, tout est perdu sauf l’espoir mais devant ces dif­fi­cultés, devant la misère, devant ces crimes et devant l’absence et le silence voire la com­plicité de la com­mu­nauté inter­na­tionale cet espoir suffira-​​t-​​il pour que les Gazaouis oublient leur souf­france, leur isolement ?

Mais surtout pour qu’ils oublient qu’ils sont oubliés par le monde entier ?!.