Gaza : l’Autorité pales­ti­nienne demande à la CPI d’enquêter sur des crimes de guerre israé­liens présumés

Afp, dimanche 15 février 2009

Les ministres de la Justice et des Affaires étran­gères de l’Autorité pales­ti­nienne ont demandé ven­dredi à la Cour pénale inter­na­tionale (CPI) de La Haye d’enquêter sur des "crimes de guerre" commis par l’armée israé­lienne depuis 2002.

"Nous sommes venus aujourd’hui apporter des docu­ments qui montrent que la Palestine en tant qu’Etat (…) est en mesure de saisir la Cour et de demander une enquête sur les crimes commis par l’armée israé­lienne", a déclaré le ministre de la Justice Ali Kachan devant des journalistes.

"Nous dépo­serons encore d’autres docu­ments sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, pas seulement à Gaza lors de la der­nière attaque israé­lienne mais aussi de 2002 à aujourd’hui", a-​​t-​​il ajouté.

M. Kachan, accom­pagné du ministre des Affaires étran­gères Riad al-​​Malki, a indiqué avoir été reçu pendant plus de quatre heures par le pro­cureur de la CPI Luis Moreno-​​Ocampo qu’il avait ren­contré une pre­mière fois le 22 janvier.

L’offensive israé­lienne dans la bande de Gaza (27 décembre-​​17 janvier) a fait 1.330 morts pales­tinien. Côté israélien, dix mili­taires et trois civils sont morts.

Le pro­cureur Luis Moreno-​​Ocampo avait indiqué le 3 février qu’avant qu’une enquête puisse être ouverte, il fallait déter­miner "si l’Autorité pales­ti­nienne a la capacité légale pour accepter la juri­diction de la Cour".

Il avait précisé qu’il allait "ana­lyser confor­mément au droit (inter­na­tional)" la demande de l’Autorité pales­ti­nienne d’enquêter sur des pré­sumés crimes de guerre commis par Israël lors de son offensive meur­trière dans la bande de Gaza.

"Notre pré­sident s’est rendu récemment dans plu­sieurs pays d’Europe, en France, en Italie, en Pologne et a été reçu en tant que pré­sident de la Palestine. Ses visites étaient consi­dérées comme des visites d’Etat", a sou­ligné le ministre des Affaires étran­gères Riad Al-​​Malki.

L’Autorité pales­ti­nienne avait déposé en janvier une décla­ration au greffe de la CPI recon­naissant la juri­diction de la Cour. Le Statut de Rome, traité fon­dateur de la CPI, stipule que seul un Etat peut accepter la juri­diction de la Cour.

La CPI est com­pé­tente pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide commis depuis 2002. Elle peut inculper un individu si les crimes ont été commis sur le ter­ri­toire d’un Etat partie ou si l’individu est res­sor­tissant d’un Etat partie. Israël n’est pas un Etat partie de la CPI [1].

La CPI a reçu depuis qu’elle a ouvert ses portes, en juillet 2002, des mil­liers de "com­mu­ni­ca­tions" sur des crimes de sa com­pé­tence dans le monde. http://​fr​.news​.yahoo​.com/​3​/​20090213​/​t​w​l​-​i​s​r​a​e​l​-​p​a​l​e​s​t​i​n​i​e​n​s​-​c​p​i​-​951​b​410​.html

http://​fr​.news​.yahoo​.com/​2​/​20090213​/​t​w​l​-​i​s​r​a​e​l​-​d​e​s​-​m​i​n​i​s​t​r​e​s​-​p​a​l​e​s​t​i​n​i​e​n​s​-​d​e​-​0​a​24677​.html

[1] Israël ne reconnaît pas l’autorité de la Cour.

Les auto­rités israé­liennes n’étaient pas joi­gnables ven­dredi, mais le ministère des Affaires étran­gères a par le passé cité les statuts de la CPI, qui affirment que sa juri­diction ne s’exerce que sur les Etats sou­ve­rains qui recon­naissent son autorité.