Gaza : elles veulent briser le blocus à la barre de deux voiliers

Le Parisien, jeudi 15 septembre 2016

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Le bateau « Womens Boat to Gaza » est parti de Barcelone ce mercredi. @brokep/ Twitter

Deux voiliers manoeuvrés par une vingtaine de femmes d’une quinzaine de nationalités ont quitté mercredi soir le port de Barcelone, dans le nord-est de l’Espagne, pour la bande de Gaza, où ils veulent briser le blocus imposé par Israël.

« Nous pensons qu’à travers cette action organisée par des femmes nous pouvons donner davantage de visibilité au rôle si important de la femme en Palestine dans la lutte pour la liberté », a expliqué Zohar Chamberlain, une des organisatrices, juste avant le départ des deux voiliers.

« Les femmes de Palestine ont toujours été très actives (...) comme les hommes étaient opprimés, elles ont pris en charge les familles », a-t-elle ajouté. « Ce sont elles qui ont maintenu l’espoir en vie ». Selon la Banque mondiale et l’ONU, le blocus a virtuellement tué toute exportation de Gaza et mené l’économie de la petite enclave coincée entre l’Egypte, Israël et la Méditerranée au bord du gouffre. Il prive également de mouvement la grande majorité des 1,9 million de Palestiniens de Gaza.

L’initiative « Femmes, cap sur Gaza » s’inscrit dans le projet plus large de « flottilles de la liberté », des bateaux pro-palestiniens qui viennent régulièrement du monde entier pour tenter de briser le blocus terrestre, aérien et maritime imposé à Gaza par Israël depuis 2006. Plusieurs de ces opérations ont débouché sur des arrestations et même la mort en 2010 de dix Turcs voyageant à bord d’un navire arraisonné par des troupes israéliennes dans les eaux internationales.

Une escale à Ajaccio

Les femmes voyageant à bord des deux voiliers Amal (espoir) et Zaytoun (olive) viennent des Etats-Unis, de Norvège, d’Afrique du Sud ou encore de Malaisie. Elles devraient faire escale dans plusieurs ports, notamment à Ajaccio, en Corse (sud de la France), pour embarquer d’autres militantes et espèrent arriver début octobre à Gaza. Zohar Chamberlain, Israélienne résidente en Espagne, a déclaré qu’elle se sentait « la double obligation » de dénoncer le blocus.

Ce blocus « ne fait seulement souffrir les Palestiniens, il corrompt les âmes des Israéliens car on ne peut rester un être humain si on traite les frères palestiniens comme s’ils ne l’étaient pas », a-t-elle déclaré.