Gaza, cible idéale pour torpiller la paix

L’Humanité, Lina Sankari, dimanche 8 mai 2016

À quelques semaines de l’ouverture, le 30 mai, d’un sommet international consacré à la relance du processus de paix entre Israël et la Palestine, Tel-Aviv torpille. Dans la nuit de mercredi à jeudi, des frappes aériennes ont ciblé quatre ­positions du Hamas. Israël a indiqué que cette offensive répondait aux coups de feu qui ont eu lieu peu après une visite du premier ministre Benyamin Netanyahou, du ministre de la Défense Moshe Ya’alon et du chef de l’état-major Gadi Eizenkot dans le nord de l’enclave. Cette rencontre avec les soldats israéliens postés à la frontière est intervenue peu après la découverte d’un tunnel construit par le Hamas. Les tunnels, qui avaient déjà servi de prétexte au lancement de la guerre en 2014, sont de nouveau dénoncés comme autant d’infrastructures visant à attaquer les civils israéliens vivant près de la frontière. « Le Hamas a procédé à des tirs répétés de mortier et de roquettes contre les forces israéliennes. L’armée israélienne ne tolère et ne tolérera rien qui menace la vie des habitants du sud d’Israël et est déterminée à continuer de déjouer toute tentative en ce sens », indique l’armée. En ­l’occurrence, le double standard semble de mise car, selon des sources médicales à Gaza, l’un des raids israéliens a précisément blessé quatre membres d’une même famille, trois enfants et un homme âgé de 65 ans, hospitalisés pour des blessures « légères à moyennes », dans le quartier d’al-Zeytoun, dans le sud-est de la ville de Gaza. Un garage où sont stockés les véhicules servant aux travaux immobiliers et de reconstruction a également été visé.

Depuis 2008, la bande de Gaza a subi trois guerres

Le ministère de l’Intérieur du Hamas a par ailleurs indiqué que deux missiles avaient visé une base d’entraînement des brigades al-Qods, la branche armée du Djihad islamique. Depuis 2008, la bande de Gaza a subi trois guerres et pourrait une nouvelle fois servir à neutraliser la rencontre internationale initiée par Paris réunissant une vingtaine de pays, l’Union européenne et l’ONU. Mais pas les Israéliens, ni les Palestiniens. La réunion vise à préparer un sommet international au deuxième semestre, en présence cette fois des deux parties, « sur la base de l’initiative de paix arabe de 2002 », précise le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Un plan auquel Israël a toujours opposé une fin de non-recevoir.