Ghassan Charbel, mercredi 7 janvier 2009
Les pays arabes devraient réagir rapidement pour arrêter ce bain de sang, avant que cette confrontation ne prenne une ampleur régionale.
Israël offre au monde un massacre à Gaza. Un massacre hors du commun.

Un forfait du genre à déchaîner la violence et à ouvrir les portes de l’enfer. Un crime du genre à enflammer la colère, la haine et le désir de vengeance, c’est-à-dire les élans d’une légitime autodéfense. Ce massacre produira des tensions exceptionnelles au plus profond du monde arabe et musulman. Les Arabes n’en avaient pas besoin pour être convaincus de la barbarie d’Israël. La sauvagerie des raids aériens donne à penser qu’on ne cherchait pas seulement à détruire quelques sites mais à assassiner la bande de Gaza tout entière. Comme si l’on voulait la rayer de la carte et la jeter à la mer.
Laissons de côté les dénonciations, les protestations et la colère que nous exprimons à chaque guerre depuis des années. L’heure n’est pas à la discussion sur les erreurs des Palestiniens, à commencer par celle du honteux divorce entre la bande de Gaza et la Cisjordanie [juin 2007].
L’heure est à l’arrêt du massacre. On n’a pas le temps de régler les différends arabes, qui sont profonds. On n’a pas le temps de s’occuper des susceptibilités, qui sont tenaces. Mais les Arabes peuvent se rejoindre sur un seul mot d’ordre : l’arrêt du massacre.
Il faut rapidement frapper à toutes les portes, celle du Conseil de sécurité, de la Maison-Blanche, du Kremlin et de l’Union européenne. Ce qui se passe actuellement n’a pas seulement à voir avec la volonté de mettre un terme aux tirs de roquettes ou de briser le Hamas.
C’est aussi une revanche pour ce que l’armée israélienne a subi dans la guerre du Liban en juillet 2006. Une tentative pour rétablir le prestige de l’appareil militaire israélien.
Si Gaza continue de brûler, le feu risque de s’étendre. Que se passera-t-il si, demain, des roquettes sont lancées à partir du Sud-Liban ? Qui peut garantir qu’Israël ne saisira pas l’occasion pour régler ses comptes et mettre à exécution ses menaces contre l’Etat libanais, dont le gouvernement et le Parlement comportent des membres du Hezbollah ? Et, dans ce cas, que feront la Syrie, l’Iran et le reste du Moyen-Orient ?
Le moment choisi par Israël pour commettre son massacre est particulièrement inquiétant. La Maison-Blanche est occupée par la transition, et la communauté internationale par la crise financière. Le fait que le Hamas soit isolé sur la scène arabe laisse craindre qu’Israël se prépare à aller plus loin au risque de mettre le feu à toute la région.