Gaza : L’embargo, l’une des armes préférées d’Israël

Fares Chahine, dimanche 6 juillet 2008

La popu­lation gazaouie, comptant près de 1,5 million d’habitants, avait espéré que la trêve, rentrée en vigueur depuis le 19 juin, mènerait à une levée de l’embargo féroce imposé par Israël depuis plus d’une année.

Malgré la trêve conclue avec le mou­vement Hamas qui contrôle la bande de Ghaza, israël a fermé, hier, les points de passage qui mènent à ce territoire [1]. Ainsi, l’Etat hébreu per­siste à uti­liser l’embargo, punition col­lective par excel­lence, pour empêcher les tirs de roquettes arti­sa­nales contre son ter­ri­toire. une de ces roquettes, tirée jeudi dernier, depuis la bande de Ghaza contre la localité de Sderot, la plus proche des loca­lités israé­liennes de la ligne de démar­cation avec le ter­ri­toire pales­tinien, est tombée dans un terrain vague sans faire de blessés. Aucun groupe armé pales­tinien n’a reven­diqué ce tir.

La popu­lation gha­zaouie, comptant près de 1,5 million d’habitants, avait espéré que la trêve, rentrée en vigueur depuis le 19 juin, mènerait à une levée de l’embargo féroce imposé par Israël depuis plus d’une année. Mal­heu­reu­sement, l’Etat hébreu semble chercher le moindre pré­texte, comme celui du tir de jeudi, même s’il n’a fait ni vic­times ni dégâts, pour pour­suivre sa poli­tique répressive contre l’ensemble de la popu­lation pales­ti­nienne. Israël s’est livré, depuis le 19 juin, a un jeu d’ouverture et de fer­meture des points de pas­sages, rythmés par les tirs ou non de roquettes arti­sa­nales sur son ter­ri­toire. Les mar­chan­dises, qui ont franchi les points de passage, n’ont rien changé à la situation dif­ficile que vit le marché gha­zaoui, le car­burant étant tou­jours rare, l’utilisation de l’huile de cuisson par les taxis, continue. Cer­tains médi­ca­ments restent introu­vables dans les offi­cines. Les prix des denrées demeurent très élevés ; cela est dû au dés­équi­libre fla­grant entre l’offre et la demande qui est beaucoup plus importante.

Mais les cou­pures de courant élec­trique et d’eau potable sont aussi fré­quentes qu’avant la trêve. L’acceptation par le Hamas d’arrêter ce genre de tirs depuis la bande de Ghaza, contre l’ouverture des points de passage, semble avoir encouragé l’Etat hébreu à aller de l’avant dans cette poli­tique, croyant qu’il peut réussir là où les agres­sions armées ont échoué. Devant l’incapacité de l’Etat égyptien à faire lever l’embargo israélien, et comme de son côté, il garde fermé le ter­minal de rafah, le point de fron­tière avec la bande de ghaza, cette der­nière conti­nuera de vivre dans une sorte de prison à ciel ouvert.

Du jamais vu ! tout une popu­lation prise en otage, man­quant de tout mais surtout de liberté au su et au vu de la com­mu­nauté inter­na­tionale, qui dans ce conflit ne réagit pas ni ne dénonce les graves atteintes portées aux valeurs humaines qui sont bafouées quo­ti­dien­nement par l’Etat hébreu. Mais la situation change tota­lement lorsque les vic­times sont israé­liennes comme dans l’événement qu’a vécu la ville sainte d’El Qods, jeudi, lorsqu’un Pales­tinien de 30 ans, au volant d’une pel­le­teuse a causé la mort de trois Israé­liens et en a blessé plus de 45 autres avant d’être tué à son tour par un policier appar­tenant aux troupes d’élite. Dans une course folle de 500m, sur une avenue très fré­quentée dans la partie ouest de la ville d’El Qods, Houssam Dwayat a percuté deux bus et écra­bouillé quelques véhi­cules légers. L’attentat semble être une action per­son­nelle. Sa famille a assuré qu’il n’appartenait à aucune faction pales­ti­nienne. Les Etats-​​Unis et plu­sieurs pays euro­péens se sont indignés et ont condamné l’attaque sans pour autant attendre les résultats de l’enquête. Lorsque le tueur est pales­tinien , il ne peut être que ter­ro­riste, mais lorsqu’il est israélien c’est un cas de légitime défense ou un acte isolé commis par un fou. Et là, il n’est jamais question de terrorisme.

[1] selon Radio Canada dimanche 6 juillet l y a pourtant un : Signe de détente

Signe de détente dans les rela­tions israélo-​​​​palestiniennes, Israël rouvre plu­sieurs points de passage les reliant à la bande de Gaza, car aucune vio­lation de la trêve conclue avec le Hamas n’a été constatée depuis les inci­dents de jeudi dernier.

Les points de passage rou­verts sont ceux de Soufa, Nahal Oz et Erez. Leur accès va per­mettre la libre cir­cu­lation de vivres, d’essence et de mar­chan­dises. Les habi­tants de la bande de Gaza qui ont besoin de trai­te­ments médicaux en Israël pourront également être soignés.

Cette nou­velle inter­vient trois jours après le dernier tir de roquette à partir de la bande de Gaza sur le ter­ri­toire israélien, qui avait conduit Tel-​​​​Aviv à fermer les points de passage en signe de représailles.