Gaza ; L’armée israé­lienne accusée de s’en être pris aux per­sonnels médicaux palestiniens

Le Monde avec Reuters, lundi 23 mars 2009

Une orga­ni­sation israé­lienne de défense des droits de l’homme accuse l’armée israé­lienne d’avoir violé les codes de l’éthique médicale lors de son offensive de décembre et janvier contre la bande de Gaza.

Dans un rapport publié lundi 23 mars, l’organisation Médecins pour les droits de l’homme-Israël (PHR) décrit des inci­dents qui "révèlent que non seulement [l’armée] n’a pas évacué les familles blessées et assiégées, mais aussi empêché les équipes [médi­cales] pales­ti­niennes d’atteindre les blessés".

PHR cite les chiffres de l’Organisation mon­diale de la santé, selon qui 16 per­sonnels médicaux pales­ti­niens ont été tués par des tirs israé­liens et 25 autres blessés alors qu’ils fai­saient leur travail. L’organisation ajoute que les forces israé­liennes ont visé direc­tement 34 centres médicaux, dont huit hôpitaux. PHR conclut qu’une "ten­dance dan­ge­reuse et rétro­grade à l’accroissement d’un non-​​respect de l’obligation de pro­téger les per­sonnels médicaux durant les opé­ra­tions peut être observée". La semaine der­nière, des soldats ayant pris part à cette offensive ont fait le récit, dans les médias israé­liens, de meurtres de sang-​​froid de civils pales­ti­niens et parlé de vandalisme.

Accusations en série

L’armée israé­lienne rétorque, de son côté, que les soldats ont reçu l’ordre d’"agir avec la plus grande pru­dence" et accuse les mili­tants du Hamas d’avoir "utilisé des véhi­cules et uni­formes médicaux pour dis­si­muler leurs actes ter­ro­ristes". Le ministre de la défense, Ehoud Barak, avait répondu en affirmant que les forces israé­liennes étaient de haute moralité. L’armée a, pour sa part, ouvert une enquête interne.

Le rapport de PHR succède à une série d’accusations de la part d’autres orga­ni­sa­tions huma­ni­taires à propos de la conduite de cette offensive visant les isla­mistes du Hamas mais qui a fait plus de 1 400 morts, dont beaucoup de civils. Cer­taines ONG et des Pales­ti­niens ont estimé que des enquêtes pour crimes de guerre devaient être ouvertes. L’armée israé­lienne a, pour sa part, fait savoir que la Cour suprême avait rejeté une demande déposée le 19 janvier par PHR et assuré que les allé­ga­tions de ce groupe fai­saient l’objet de vérifications.