Gaza ; Comme frappée par "un tremblement de terre"

Alternatives, dimanche 25 janvier 2009

La bande de Gaza res­semble à une zone frappée par un "trem­blement de terre", a estimé l’ONU mardi 20 janvier, alors que les agences onu­siennes et les orga­ni­sation huma­ni­taires pro­fitent du cessez-​​le-​​feu pour faire le bilan des des­truc­tions causées par l’offensive israélienne.

"La bande de Gaza est main­tenant comme (une zone frappée par) un trem­blement de terre", a déclaré à Genève devant la presse Guido Saba­ti­nelli, res­pon­sable de la santé de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés pales­ti­niens (Unrwa).

"Beaucoup de gens n’ont nulle part où aller" du fait de la des­truction de leurs maisons, a pour­suivi M. Sabatinelli.

Selon l’Unrwa, de nom­breux Pales­ti­niens qui ont quitté les abris d’urgence à la faveur de l’arrêt des combats il y a trois jours y sont en fait retournés après avoir constaté la des­truction de leur habitation.

De son côté, le Comité inter­na­tional de la Croix-​​Rouge (CICR) a entrepris de dis­tribuer de quoi confec­tionner des abris de fortune à quelque 80.000 per­sonnes privées d’habitat.

"C’est dif­ficile à estimer, mais il faudra plus que des jours ou des semaines" pour revenir à la situation qui pré­valait aupa­ravant, a prédit Dorothea Kri­mitsas, une porte-​​parole du CICR à Genève.

Selon Mme Kri­mitsas, "le niveau de des­truction et de dévas­tation est énorme" et il faudra attendre la fin des mis­sions d’évaluation actuel­lement en cours pour dis­poser d’un état des lieux complet.

Le délai pour résorber la crise huma­ni­taire dépendra non seulement de l’accès à la bande de Gaza mais aussi de la manière dont les opé­ra­tions pourront être menées, a affirmé l’ONU.

Car, outre la réou­verture per­ma­nente de tous les points de passage entre Israël et le ter­ri­toire pales­tinien, l’ONU insiste sur la liberté de mou­vement dont elle doit béné­ficier à l’intérieur de ce même territoire.

Pour l’Unrwa, en dépit du cessez-​​le-​​feu, la pré­sence de mili­taires israé­liens dans la bande de Gaza "com­promet la sécurité" de ses opérations.

L’agence onu­sienne estime pour l’heure à 53 le nombre de ses bâti­ments détruits depuis le 27 décembre, parmi les­quels des écoles.

L’Unrwa veut per­mettre à 200.000 enfants de retourner à l’école "le plus tôt pos­sible", ce qui suppose de recons­truire ou réha­bi­liter celles qui ont été détruites ou trans­formées en abris d’urgence pour les nom­breux civils pris sous le feu des combats [1].

Il est en effet crucial d’"offrir un lieu où les enfants puissent retrouver des repères et se recons­truire", a sou­ligné le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef).

Mais pour cela, l’ONU a sou­ligné qu’il était crucial qu’elle puisse reprendre l’importation des maté­riaux de construction, sus­pendue depuis 2007 par le blocus imposé à la bande de Gaza par Israël.

"Depuis 2007, l’Unrwa a sus­pendu pour 93 mil­lions de dollars de projets de construction parce nous ne pou­vions importer des maté­riaux de construction ou de répa­ration", a relevé Elena Mancusi Materi, porte-​​parole de l’agence.

[1] selon Ma’an news le 24 janvier, des écoles ont réouvert. Voir en anglais : Gaza : Les écoles publiques et celles de l’UNWRA ouvrent après un mois de sus­pension http://​www​.maannews​.net/​e​n​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​o​p​r​=​S​h​o​w​D​e​t​a​i​l​s​&​a​m​p​ ;​I​D​=​35243