Gaza : 14 personnes sauvées d’un tunnel inondé à la frontière égyptienne

L’Orient le Jour avec AFP, mercredi 9 décembre 2015

Quatorze Palestiniens bloqués des heures dans un tunnel clandestin reliant la bande de Gaza à l’Égypte et qui avait été inondé depuis le territoire égyptien ont été dégagés sains et saufs mardi, ont annoncé les secours palestiniens.

"La Sécurité civile a pu secourir 14 ouvriers travaillant dans un tunnel à l’est du poste frontière de Rafah après que de l’eau eut été injectée dans ce tunnel depuis le côté égyptien" de Rafah, ville frontière, a-t-elle indiqué sur sa page Facebook. Des témoins cités dans les médias locaux ont rapporté que les 14 hommes avaient été bloqués plusieurs heures dans le tunnel inondé.

Les médias locaux précisent que des travaux de renforcement ont lieu dans les tunnels percés sous la frontière égyptienne pour tenter de contourner le blocus de Gaza. L’enclave est soumise depuis 2006 à un sévère blocus israélien. Lors de la dernière guerre de l’été 2014, l’aviation israélienne avait détruit une grande partie du réseau souterrain qui permettait aux Gazaouis d’acheminer de nombreux produits depuis l’Égypte notamment.

Le Caire a lancé fin 2014 la construction d’une zone tampon dans le nord de sa péninsule du Sinaï, à la frontière avec l’enclave palestinienne, afin de détruire les centaines de tunnels creusés depuis Gaza. Les Égyptiens accusent des activistes palestiniens d’utiliser ces tunnels pour fournir des armes aux mouvements jihadistes du Sinaï.

Pour les Palestiniens, qui ont vu de l’eau s’infiltrer de leur côté de cette région semi-désertique, il ne fait aucun doute que les Égyptiens ont inondé la zone tampon pour submerger les derniers tunnels subsistant entre Gaza et le Sinaï égyptien. Les Égyptiens pomperaient à cette fin l’eau de la Méditerranée toute proche, affirment-ils.

Le Hamas qui dirige la bande de Gaza est devenu l’une des bêtes noires du régime du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi qui l’accuse de soutenir les attaques sur son sol.

Depuis que l’armée a renversé à l’été 2013 le président Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans dont est issu le Hamas, le passage de Rafah, seule ouverture de Gaza sur le monde non contrôlée par Israël, est fermé en quasi-permanence, étouffant un peu plus 1,8 million de Gazaouis et leur économie.