Feu vert israélien pour la démo­lition de la maison de l’auteur de l’attaque de Jérusalem

L’Orient le Jour, samedi 5 juillet 2008

Le ministre pour les Affaires sociales, Yitzhak Herzog, a d’ores et déjà sup­primé les allo­ca­tions octroyées à la famille de Dwayyat, a indiqué à l’AFP un de ses collaborateurs.

L’armée israé­lienne a reçu l’ordre de se pré­parer à raser la maison du Pales­tinien auteur de l’attaque à la pel­le­teuse qui a tué mer­credi dernier (2 juillet) trois civils israé­liens à Jéru­salem, a-​​t-​​on appris hier (4 juillet) auprès du ministère de la Défense.

Le ministre de la Défense Ehud Barak a donné l’ordre au com­man­dement de l’armée de « pro­céder aux pré­pa­ratifs néces­saires en vue de la des­truction de la maison du ter­ro­riste », a-​​t-​​on indiqué de même source.

Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, avait menacé jeudi [1] de durcir les mesures contre les Pales­ti­niens rési­dents de Jéru­salem auteurs d’attentats, et notamment de détruire leurs maisons. De son côté, le pro­cureur général de l’État qui joue le rôle de conseiller juri­dique du gou­ver­nement, Menahem Mazouz, a estimé qu’une « telle action ne serait pas illégale », tout en relevant son caractère problématique.

Israël a renoncé en 2005 aux démo­li­tions des maisons de Pales­ti­niens impliqués dans les attentats après un recours déposé par des asso­cia­tions de défense des droits de l’homme devant la Cour suprême.

[1] Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a menacé hier (3 juillet), au len­demain d’un attentat meur­trier à Jéru­salem, de durcir les mesures contre les Pales­ti­niens rési­dents de Jéru­salem auteurs d’attentats, et notamment de détruire leurs maisons.S’il faut détruire des maisons, nous détruirons des maisons, s’il faut sup­primer des aides sociales, nous sup­pri­merons des aides sociales », a martelé M. Olmert lors d’une inter­vention à la confé­rence écono­mique de Césarée, qui se déroule à Eilat, sur la mer Rouge. « Comme l’attaque per­pétrée dans une yeshiva (en mars, qui avait fait huit morts), le ter­ro­riste venait de l’intérieur d’Israël (…), ce n’est pas comme les attentats per­pétrés par des Pales­ti­niens qui par­viennent à franchir le mur de sécurité (…). Nous ne pen­sions pas que nous aurions à nous soucier de la popu­lation qui se trouve de notre côté du mur », a-​​​​t-​​​​il dit.

Quelque 250 000 Pales­ti­niens vivent à Jérusalem-​​​​Est occupée et annexée par Israël en 1967. Ils dis­posent de pièces d’identité de rési­dents israé­liens et béné­fi­cient de diverses faci­lités (liberté de cir­culer en Israël, allo­ca­tions fami­liales, caisse maladie), mais ne sont pas citoyens israéliens.

Dif­fé­rents res­pon­sables exa­mi­naient hier la pos­si­bilité de raser la maison d’un Pales­tinien de Jérusalem-​​​​Est auteur d’un attentat la veille au centre-​​​​ville qui a tué trois civils israé­liens avant d’être abattu. Le principe d’une géné­ra­li­sation d’une telle sanction était discuté par le pro­cureur général de l’État et les res­pon­sables poli­tiques et mili­taires concernés, à la suite d’une requête du gou­ver­nement dans la foulée de l’attentat.

En 2005, le général Moshe Yaalon, un ex-​​​​chef d’état-major, avait ordonné la fin de cette pra­tique, une com­mission d’enquête mili­taire ayant conclu qu’au lieu d’être dis­suasive, elle poussait les Pales­ti­niens à per­pétrer des attentats.

L’auteur de l’attentat d’hier, Hossam Dwayyat, 30 ans et père de deux enfants, habitait à Sour Baher, un village situé à Jérusalem-​​​​Est. Selon le com­mandant en chef de la police israé­lienne Doudi Cohen, il avait un casier judi­ciaire et a pro­ba­blement agi « de façon isolée », car il n’était lié à aucune orga­ni­sation pales­ti­nienne armée. Obéissant aux ordres de la police israé­lienne, sa famille a démonté la tente de deuil qu’elle avait ins­tallée à Sour Baher, devant la maison de son oncle, qui a été arrêté, a constaté un jour­na­liste de l’AFP. Le ministre pour les Affaires sociales, Yitzhak Herzog, a d’ores et déjà sup­primé les allo­ca­tions octroyées à la famille de Dwayyat, a indiqué à l’AFP un de ses collaborateurs.

Les for­ma­tions de l’opposition de droite tentent par ailleurs de pro­mouvoir six textes de lois pré­voyant de priver les familles de ter­ro­ristes de leur citoyenneté israé­lienne et de leurs droits affé­rents. Le numéro deux du cabinet Haim Ramon a déclaré aux jour­na­listes qu’« il serait juste que la maison du ter­ro­riste à la pel­le­teuse soit détruite, mais cela n’empêchera pas l’attentat suivant ». Pour Meir Mar­galit, porte-​​​​parole du Comité contre les des­truc­tions de maisons, cette mesure héritée des lois d’urgence du mandat bri­tan­nique sur la Palestine constitue « une punition collective ».

De son côté, le vice-​​​​Premier ministre Haim Ramon a jugé qu’une solution consis­terait à pro­longer une partie du mur érigé entre Israël et la Cis­jor­danie pour séparer de la ville plu­sieurs vil­lages pales­ti­niens actuel­lement inclus dans Jérusalem-​​​​Est. « Il y a des vil­lages pales­ti­niens qui n’ont jamais fait partie de Jéru­salem. Ils y ont été annexés en 1967 », a-​​​​t-​​​​il dit à la radio militaire israélienne.

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