Faut-​​il boycotter Israël ?

Emmanuel Riondé, Regards​.fr, mardi 12 juin 2012

L’initiative Boycott-​​désinvestissement-​​sanction (BDS) visant l’Etat d’Israël tant qu’il ne res­pecte pas les droits nationaux du peuple pales­tinien, se poursuit. Lancée il y a sept ans, le 9 juillet 2005, par 172 orga­ni­sa­tions pales­ti­niennes, cette cam­pagne civile inter­na­tionale s’inscrit dans la résur­gence des ini­tia­tives de lutte popu­laires non-​​violentes sur la question de Palestine -ras­sem­blement heb­do­ma­daire de Bil’in en Cis­jor­danie, flo­tille inter­na­tionale, etc. En France, une contre-​​campagne s’est orga­nisée, notamment via le Crif rendu fébrile par les déci­sions de justice qui ont donné raison à des mili­tants hexagonaux.

Comment et jusqu’où faut-​​il boy­cotter Israël ? Domi­nique Vidal et Julien Salingue échangent leurs points de vue sur les impli­ca­tions et les pers­pec­tives de cette campagne.

Regards​.fr : Sept ans après le lan­cement de BDS, quel bilan dressez-​​vous l’un et l’autre de cette cam­pagne de boycott ?

Domi­nique Vidal : Nous sommes devant un conflit où si on laisse face à face le pot de terre et le pot de fer, avec l’arbitre amé­ricain qui joue dans l’une des équipes, il n’y a pas d’issue. Donc le mou­vement de soli­darité a la res­pon­sa­bilité de faire en sorte que "la com­mu­nauté inter­na­tionale" inter­vienne ; à la fois l’opinion publique mais aussi les Etats et les gou­ver­ne­ments, pour imposer à Israël l’application du Droit international.

De ce point de vue, l’idée de BDS est géniale parce qu’elle permet à chaque citoyen dans n’importe quel pays d’intervenir dans le conflit en disant "moi je boy­cotte les pro­duits des colonies ; je ne veux pas que ma banque inves­tisse dans les colonies ni que l’Ue continue d’importer des pro­duits israé­liens", etc. Et cela répond à cette question qui nous est posée dans tous les débats : qu’est ce qu’on peut faire, nous ? Quant au bilan, un tiers des patrons israé­liens se disent aujourd’hui pré­oc­cupés par le boycott, que ce soit celui des colonies ou celui des pro­duits israé­liens. Donc, BDS répond à une vraie question poli­tique et stra­té­gique et son bilan est d’ores et déjà non-​​négligeable.

Julien Salingue : Il y avait deux enjeux idéo­lo­giques sur cette cam­pagne. Le premier : rap­peler que les Pales­ti­niens sont un peuple composé de trois groupes - les Pales­ti­niens des ter­ri­toires occupés, ceux d’Israël et ceux de l’extérieur - et que leurs droits sont liés et ne peuvent être pensés de manière séparée. Dans l’appel, les trois com­po­santes ont signé et on trouve le rappel de ces trois reven­di­ca­tions : le droit à l’égalité pour les Pales­ti­niens d’Israël, le droit à l’autodétermination pour les Pales­ti­niens des ter­ri­toires occupés et le droit au retour pour les réfugiés. BDS permet donc de rompre avec cette per­ception assez répandue depuis quelques décennies selon laquelle les Pales­ti­niens sont les habi­tants de Cis­jor­danie, de Gaza et de Jéru­salem. Le deuxième enjeu, c’est le rapport au Droit. On cesse avec BDS de qué­mander aux Nations Unies que les droits nationaux des Pales­ti­niens soient satis­faits, pour dire "tant qu’Israël ne res­pecte pas les droits, il faut le sanc­tionner". On ren­verse la logique et on fait bouger les lignes. Cela fait sortir de la rétho­rique sur les torts par­tagés et met le curseur sur le fait que Israël ne res­pecte pas le droit. Point.

Regards​.fr : Ce "ren­ver­sement de logique" est-​​il si nouveau au sein du mou­vement de solidarité ?

Domi­nique Vidal : Ce qui est nouveau c’est l’idée qu’au-delà des mis­sions, des mee­tings, des confé­rences, des films, etc. - tout ce que le mou­vement devait faire et a su faire -, on peut inter­venir comme acteur avec des ini­tia­tives telles que BDS ou la flo­tille. Cela prend de l’ampleur depuis quelques années et s’ajoute à l’isolement croissant de l’Etat d’Israël - confirmé par le vote du Comité des affaires sociales huma­ni­taires et cultu­relles de l’Assemblée générale à 166 voix contre 5 pour réaf­firmer le droit à l’autodétermination des Pales­ti­niens. Avec une cam­pagne comme BDS, des mil­liers de gens sur le terrain peuvent contribuer à ren­forcer l’étau régional et inter­na­tional qui existe aujourd’hui autour des diri­geants israéliens.

Julien Salingue : Dire aux gens "battez vous pour l’application des réso­lu­tions des Nations-​​Unies !", c’est assez désarmant. Leur dire "battez-​​vous pour sanc­tionner l’Etat qui ne res­pecte pas ces réso­lu­tions !", cela ouvre plus de pos­sibles… Parce que dans sa vie quo­ti­dienne, il est plus facile d’agir pour sanc­tionner l’Etat d’Israël que pour faire appliquer une réso­lution des Nations-​​unies !

Regards​.fr : La réfé­rence à la lutte contre l’apartheid sud-​​africain est omni­pré­sente tant dans l’appel lui-​​même que dans les dis­cours des mili­tants. Jusqu’à quel point cette réfé­rence vous paraît-​​elle fondée ?

Julien Salingue : Elle est fondée si il s’agit de dis­cuter de quel type de cam­pagne il faut mener pour isoler un Etat dont la survie poli­tique, écono­mique et diplo­ma­tique dépend du soutien qu’il a de l’étranger. Mais je suis pour être prudent sur les paral­lèles avec l’Afrique du Sud. D’abord parce que l’appel au boycott inter­na­tional s’y appuyait sur un combat très structuré, puissant, qui mêlait lutte poli­tique, lutte armée et appel à l’international alors qu’aujourd’hui en Palestine, le boycott vient plutôt par défaut, s’appuyant beaucoup moins sur la réalité du combat quo­tidien mené sur place. Mais c’est bien le caractère de dis­cri­mi­nation de toute une popu­lation par un régime soutenu par l’Occident qui le jus­tifie. Et le fait que pour faire tomber ce régime, il faut qu’il ne soit plus soutenu.

Domi­nique Vidal : Je crois que la question cen­trale est que les diri­geants israé­liens, amé­ri­cains, ou euro­péens sont beaucoup plus sen­sibles qu’on ne le croit à la dégra­dation de l’image d’Israël. Il suffit de voir ce qui s’écrit dans la presse des uns et des autres… Aussi, mani­fester de manière évidente la répro­bation des poli­tiques menées par les gou­ver­ne­ments israé­liens à l’égard des Pales­ti­niens constitue un facteur important. Dans ce cadre-​​là, l’utilisation du terme apar­theid ne me pose aucun pro­blème majeur. Ce que les diri­geants israé­liens font des Ter­ri­toires occupés relève de toute évidence d’une logique qui n’est pas étrangère à celle de l’apartheid : en Cis­jor­danie et à Jérusalem-​​est, il y a bien une popu­lation qui a tous les droits y compris poli­tique, et une autre qui n’en a aucun. Et ça se mani­feste phy­si­quement par les routes de contour­nement, le mur, le double système d’imposition, etc. Tout est fait selon deux légis­la­tions. Par contre, si on parle d’Israël dans les fron­tières de 1967, la com­pa­raison est un peu moins per­ti­nente puisque les Pales­ti­niens d’Israël ont encore le droit de vote, de s’organiser et ils sont repré­sentés à la Knesset. Etant sen­sible au fait que c’est aux Pales­ti­niens de définir leur stra­tégie, j’observe par ailleurs que les Pales­ti­niens d’Israël n’utilisent pas le terme.

Enfin, n’oublions pas que la bataille contre l’apartheid sud-​​africain a été très longue et n’a pris vraiment un caractère de masse que très tard. Et c’est quand il y a eu une impli­cation forte d’un cer­tains nombre de forces en Occident, y compris de grandes entre­prises qui ont com­mencé à douter de la validité de leurs liens avec Pre­toria, que les choses ont bougé. Pendant des années, on était resté dans le symbolique.

Julien Salingue : Poser la question de l’utilité scien­ti­fique du terme apar­theid, permet de tester… Moi, par exemple, cela m’a fait retra­vailler la question de la situation des Pales­ti­niens en Cis­jor­danie et m’interroger sur le double système écono­mique et judi­ciaire avec les colons d’un côté, les Pales­ti­niens de l’autre. Cela dit, je suis également, bien entendu, pour écouter les pre­miers concernés. Mais je note aussi que toute une partie des anciens leaders sud-​​africains de l’ANC disent aujourd’hui que les ter­ri­toires occupés c’est l’apartheid ; et le tri­bunal Russel sur la Palestine, en entendant des experts venus d’un peu partout, en arrive à une conclusion que la poli­tique israé­lienne dans les ter­ri­toires pales­ti­niens peut être qua­lifiée de poli­tique d’apartheid. Alors, ayons le débat, n’utilisons pas le mot gra­tui­tement, mais à partir du moment où il a une per­ti­nence on peut s’appuyer dessus parce que ça parle aux gens.

Regards​.fr : Un autre débat inté­resse le mou­vement de soli­darité, celui de la surface du boycott. Faut-​​il boy­cotter seulement les pro­duits issus de la colo­ni­sation ou tout ce qui vient d’Israël ?

Julien Salingue : Pour ma part, je partage com­plè­tement le point de vue défendu par Omar Bar­ghouti, l’un des ini­tia­teurs pales­ti­niens de BDS : c’est Israël qu’il faut boy­cotter, pas l’occupation. Car il n’y a en réalité aucun secteur de l’économie israé­lienne qui échappe direc­tement ou indi­rec­tement à l’exploitation écono­mique des ter­ri­toires pales­ti­niens. Par ailleurs, Israël ne nous donne pas les moyens de découper dans les cibles, puisqu’ils ne disent pas quels sont les pro­duits qui viennent des colonies. Et ce n’est quand même pas à nous de faire le boulot d’étiquetage qu’ils refusent de faire ! Une autre question est de savoir comment dans un contexte national donné, on décline la cam­pagne de boycott. Omar Bar­ghouti et d’autres ani­ma­teurs de BDS ne sont pas opposés en soi à ce que dans cer­tains pays, on boy­cotte uni­quement les pro­duits des colonies. Pourquoi pas ? A partir du moment où on ne fait pas passer ça pour l’objet de la cam­pagne inter­na­tionale. Il faut de la sou­plesse poli­tique, de l’agilité tac­tique dans la construction mais sans trans­former le message de BDS ni ses objectifs.

Est-​​ce que ce sont les Pales­ti­niens qui fixent les règles du jeu ? C’est là où il y a débat, avec quelque chose de sous-​​jacent dans la per­ception inter­na­tionale des mou­ve­ments de soli­darité. Ainsi, dans l’appel BDS, il n’y a rien concernant la solution poli­tique à moyen et à long terme. Donc, quand le mou­vement de soli­darité dit "nous boy­cot­terons les pro­duits israé­liens jusqu’à ce qu’il y ait un Etat pales­tinien aux côtés d’Israël", c’est quelque chose qui, de fait, sort du cadre fixé par la cam­pagne BDS international.

Domi­nique Vidal : Je rap­pelle d’abord que la justice a tranché : le jugement du 8 juillet 2011 de la 17ème chambre cor­rec­tion­nelle de Paris dit en toute lettre que l’appel au boycott fait partie de la liberté d’expression. Après, pour ma part, j’ai ten­dance à penser que le boycott des pro­duits des colonies est un facteur d’unification. A la fois de la bataille qui est menée main­tenant dans les ter­ri­toires occupés - où il y a une loi et même une cam­pagne menée par l’Autorité nationale, c’est dire, avec un cata­logue de produit à boy­cotter très bien fait ; de celle qu’il faut mener en Israël où il est quand même un peu plus facile d’avancer l’idée du boycott des colonies que celui d’Israël ; et de l’opinion mon­diale. Ces trois piliers impor­tants peuvent être unis par le boycott des colonies, me semble-​​t-​​il. Ceci étant, je ne vois aucun pro­blème ni de légi­timité ni de pra­ti­ca­bilité, à un boycott plus général.

Julien Salingue : L’appel pales­tinien est un appel au boycott total, pas seulement au boycott écono­mique, il faut aussi le rappeler…

Domi­nique Vidal : Et on ne parle pas seulement d’actions de mili­tants en France. BDS, c’est ce que font sans le savoir les fonds sou­ve­rains de la Norvège, ou des banques impor­tantes en se retirant des colonies ou en cessant d’y investir.

Julien Salingue : Quand l’Université de Johan­nesburg rompt ses liens avec une uni­versité israé­lienne ou quand un groupe comme Massiv Attac refuse de jouer en Israël à cause de la poli­tique israé­lienne, on est sur des volets moins évidents du boycott. Mais très impor­tants. On a du mal à se posi­tionner sur ces ter­rains, uni­ver­si­taires, culturels, etc., notamment en France, et il faut en dis­cuter. Parce que l’on touche là au blan­chiment de l’image, à la nor­ma­li­sation de l’Etat d’Israël, sur le thème "la culture, c’est pas poli­tique". Pour saisir l’enjeu, il suffit de lire ce qu’écrivent les lobbys aux Etats-​​Unis, expli­quant qu’il faut passer par les canaux du sport, de l’université, de la culture, des coopé­ra­tions scien­ti­fiques et tech­no­lo­giques, pour redorer l’image de l’Etat d’’Israël. Une cam­pagne de boycott qui, je pense, va durer des années, ne peut pas contourner ces problématiques .

Domi­nique Vidal : Là-​​dessus, on est d’accord. Le pro­blème c’est qu’il faut mettre un pas en avant et pas deux. Prenons l’exemple du cinéma israélien qui est un cinéma très souvent cri­tique. On sait bien que parfois la cri­tique sert de cache-​​sexe mais en même temps les films peuvent porter cette cri­tique, surtout auprès de gens qui n’ont pas une grande fami­liarité avec le sujet. Alors comment faire ? Je pense que tout dépend de qui organise. Si c’est un fes­tival organisé par des asso­cia­tions de soli­darité qui accom­pagnent les films de débats per­mettant de les pro­longer, pas de pro­blème. Mais si c’est l’ambassade d’Israël qui passe les mêmes films, ce n’est plus pareil. Même chose avec les uni­ver­sités. Il est évident qu’un accord de par­te­nariat entre une uni­versité fran­çaise et une uni­versité israé­lienne a une signi­fi­cation qui va au-​​delà de la simple col­la­bo­ration entre uni­ver­si­taires, elle sert aussi de caution à la poli­tique de l’Etat d’Israël. En même temps, il faut bien trouver les moyens de continuer à tra­vailler avec des uni­ver­si­taires engagés en Israël. On ne va pas boy­cotter Schlomo Sand ou Gadi Algazy, il y a là un pro­blème de tac­tique… Notre but est de faire pro­gresser le maximum de gens et, en même temps, que le niveau de condam­nation et de sanction à l’égard de la poli­tique israé­lienne monte.

Julien Salingue : La dis­tinction entre les ins­ti­tu­tions et les indi­vidus me paraît être le bon dis­cri­minant. A moins d’avoir affaire à un cri­minel de guerre, je suis contre tout boycott indi­viduel, y compris de cinéaste si il est indé­pendant, sous pré­texte qu’il est israélien.

Regards​.fr : En sep­tembre dernier, Omar Bar­ghouti a émis de sérieux bémols sur l’initiative pales­ti­nienne à l’Onu. On a pu y voir une intrusion de BNC, le BDS national pales­tinien, sur le terrain de la stra­tégie poli­tique. Qu’est ce que cela dit de la crise du mou­vement national pales­tinien ? Cette cam­pagne n’est-elle pas aussi en train de combler un vide poli­tique en interne ?

Julien Salingue : Il n’y a pas de pré­tention du BNC de se sub­stituer au mou­vement national. Ce qui a été exprimé par rapport à la démarche à l’Onu n’est qu’un rappel des prin­cipes de la cam­pagne : les Droits des pales­ti­niens sont insé­pa­rables et la démarche d’Abbas à l’Onu ne doit pas foca­liser toute l’attention sur la question de l’Etat indé­pendant au risque de faire dis­pa­raître les autres ques­tions. Il faut bien relever que BDS arrive à un moment his­to­rique précis. Il y a eu les années 60, 70, 80, l’Intifada, les accords d’Oslo, le pro­cessus négocié, la lutte armée et à l’arrivée, une déroute… Il y a donc des inter­ro­ga­tions, une rééva­luation. Un bilan cri­tique des dif­fé­rentes stra­tégies et de la pola­ri­sation du mou­vement national pales­tinien par les fac­tions. La démarche BDS est à situer dans ce contexte-​​là. Ce n’est pas un hasard si l’appel sort en 2005.

Domi­nique Vidal : Oui, l’appel date de 2005 et on est aujourd’hui en 2012… Cer­tains aspects ont été très négatifs entre temps, notamment la division ouverte du mou­vement pales­tinien, et on a été au bout de sa crise qui est double : échec de la stra­tégie bi-​​étatique de l’OLP choisie en 1974 au Caire ; et échec des par­tisans de la lutte armée. On est donc dans une période de recons­truction, je crois, d’une stra­tégie pales­ti­nienne autour de plu­sieurs axes : la bataille pour la recon­nais­sance à l’Onu afin que le consensus autour du droit pales­tinien à l’autodétermination soit le plus large pos­sible ; une ten­tative de réuni­fi­cation de l’ensemble du mou­vement et notamment du Fatah et du Hamas. Et tout ce qu’il y a autour de la résis­tance popu­laire non-​​violente, dont BDS. Il y a eu en mai 2011, à Hébron, la réunion de la quasi-​​totalité des asso­cia­tions pales­ti­niennes, israé­liennes et israélo-​​palestiniennes et il y avait là une pla­te­forme, locale certes, mais qui a eu vocation à unifier tout le monde sur ces ques­tions. Quelque chose d’important à mon avis, qui se construit en bas.

Julien Salingue : Il est inté­ressant de voir qui sont les ani­ma­teurs de BDS, socio­lo­gi­quement. Ces gens sont assez homo­gènes des points de vue géné­ra­tionnel et du par­cours poli­tique : des Pales­ti­niens qui ont été des mili­tants de la pre­mière Intifada, plutôt situés à gauche, et qui après les accords d’Oslo et la construction de l’Autorité pales­ti­nienne ont eu l’impression qu’ont leur avait volé leur lutte. Ils se sont trouvés tota­lement mar­gi­na­lisés dans le champ poli­tique pales­tinien. BDS est aujourd’hui un des éléments dans lequel une partie de cette génération-​​là réoccupe une place. Et cela se fait aussi contre les vieux appa­reils dont, de mon point de vue, il n’y a plus rien à attendre. Il faudra une refonte géné­ra­lisée du mou­vement national pales­tinien qui tirera je pense, beaucoup d’enseignements d’initiatives telles que Bil’in et BDS.