Famille palestinienne tuée dans un incendie : pas encore assez de preuves (ministre israélien)

L’Orient le Jour avec AFP, mercredi 16 décembre 2015

Le ministre israélien de la Défense a admis mardi qu’Israël n’avait pas pour l’instant assez d’éléments contre des extrémistes juifs arrêtés dans l’enquête sur l’incendie qui a décimé une famille palestinienne, mais certifié que les coupables finiraient par être jugés.

"Nous savons qui sont les responsables de cet acte terroriste mais nous n’avons pas encore assez de preuves pour les juger", a dit Moshé Yaalon à la radio militaire sans dire explicitement si les suspects arrêtés récemment étaient bien les auteurs de cet incendie qui a marqué les Palestiniens et qui passe pour l’un des éléments déclencheurs de la vague de violences actuelle.

"Les services de sécurité utilisent tous les moyens à leur disposition pour qu’ils soient jugés et je suis convaincu que nous les traduirons en justice", a dit le ministre.

L’incendie criminel du 31 juillet dans le village palestinien de Douma, en Cisjordanie occupée, a coûté la vie à un bébé palestinien de 18 mois et à ses parents. De la famille n’a survécu qu’un enfant de quatre ans, grièvement brûlé et toujours hospitalisé en Israël.

Des inscriptions retrouvées sur place et des témoignages ont immédiatement désigné comme responsables des extrémistes juifs, peut-être venus des colonies sauvages voisines, c’est-à-dire des implantations illégales non seulement au regard du droit international, mais aussi des lois israéliennes.

L’attention s’est concentrée sur la "jeunesse des collines", un mouvement aux contours vagues de jeunes radicaux des colonies sauvages. En rupture de ban, ils ont une vision messianique d’un Israël couvrant la Cisjordanie et fondé sur la loi juive. Les services de sécurité israéliens ont annoncé le 3 décembre l’arrestation d’extrémistes juifs sur lesquels pèsent des "éléments concrets" pouvant les impliquer dans l’incendie. Les investigations, compte tenu de leur sensibilité, sont soumise à un black-out judiciaire. Les suspects sont interrogés dans le plus grand secret et les avocats et les proches se plaignent de n’avoir eu aucun contact avec eux. "Ce qui s’est passé à Douma est particulièrement grave et nous le considérons comme un acte terroriste juif", a dit M. Yaalon.

L’incendie a suscité colère et crainte en Cisjordanie occupée où 2,5 millions de Palestiniens mènent une coexistence conflictuelle avec environ 400.000 colons israéliens. Les dirigeants palestiniens évoquent régulièrement Douma comme l’exemple des agissements des colons et l’un des facteurs des violences actuelles.