Face aux enjeux de 2008

Sylviane De Wangen, lundi 18 février 2008

Israël, 60 ans… Et la Palestine ? Où en est l’Etat de Palestine ?

Gaza. Cou­pures d’électricité, d’eau. Enfer­mement. Les mar­chan­dises ne peuvent ni sortir ni entrer. Les per­sonnes non plus – depuis des mois – parce que les Israé­liens ne le per­mettent pas… Et pourtant, depuis 2005, l’Europe devait être là, à Rafah, phy­si­quement pré­sente… Mais c’est Israël qui décide. Qui peut dire dans ces condi­tions qu’Israël s’est retiré de la bande de Gaza ? Il en a retiré ses colons et ses soldats de l’intérieur pour mieux l’étouffer, voire l’assassiner. C’est une ten­tative de démem­brement d’un peuple, le peuple pales­tinien. Car Gaza c’est la Palestine, comme la Cis­jor­danie c’est la Palestine. C’est le même pays, aujourd’hui divisé, ter­ri­to­ria­lement et poli­ti­quement mais qui existe, et existera.

Tout est fait pour mar­gi­na­liser encore la Palestine, pour détourner l’attention du vrai pro­blème israélo-​​palestinien, l’exercice du droit à l’autodétermination d’un peuple dépossédé, étouffé, humilié, trompé, isolé et aujourd’hui divisé… mais pas brisé. Témoin de cette vitalité et de cette déter­mi­nation : la brèche faite dans le mur entre la bande de Gaza et l’Egypte que la moitié de la popu­lation de Gaza a empruntée pour un aller-​​retour en Egypte afin de pouvoir un peu res­pirer et s’approvisionner en nour­riture, car­burant et maté­riaux divers de construction et de répa­ration. Ce peuple a de plus en plus besoin que, dans le monde, des per­sonnes s’organisent pour défendre son combat pour son exis­tence dans son Etat souverain.

Aujourd’hui, des éléments peuvent concourir à entraîner aussi ces forces de soli­darité dans la division. Elles sont tou­jours menacées d’entrer dans un débat qui n’est pas le leur, le conflit inter-​​palestinien. Elles sont menacées d’être déchirées par les pro­blèmes qui tra­versent le Moyen-​​Orient trop souvent réduits au "conflit des civilisations".

En France, l’AFPS est la plus solide asso­ciation de soli­darité avec la Palestine en raison de la longue his­toire qu’elle porte, de son déve­lop­pement ter­ri­torial et de son fonc­tion­nement démo­cra­tique et très ouvert. C’est pour cela qu’elle est la cible d’attaques concen­triques de la part notamment de ceux que le soutien incon­di­tionnel à Israël aveugle. La plus solide mais néan­moins fragile, quand la moti­vation vient à faiblir, quand convaincre devient plus dif­ficile, quand ses insuf­fi­sances semblent trop insur­mon­tables. Et face au rouleau com­presseur de la pro­pa­gande israé­lienne en cette période anni­ver­saire de 2008, alors que la poli­tique offi­cielle de la France est en train de virer de 180°, la capacité de mobi­li­sation des asso­cia­tions, notamment celles pré­sentes au sein de la Pla­te­forme des ONG fran­çaises pour la Palestine [1], va être mise à l’épreuve.

Les Pales­ti­niens ont pour eux le droit inter­na­tional, exprimé et sans cesse réaf­firmé par l’ONU. Pour les aider, le mou­vement de soli­darité doit garder sa cohésion. Ren­forcer en France la soli­darité avec la cause pales­ti­nienne c’est d’abord ren­forcer le prin­cipal outil de cette soli­darité, le déve­lopper en créer les condi­tions de son implan­tation locale la plus large. Pour envoyer un signe aux Pales­ti­niens, tous les Pales­ti­niens, quel que soit leur vote, tous pré­oc­cupés par la lâcheté poli­tique de l’Europe. Face à la division, une seule réponse : rester unis sur ce qui a fait, fait et fera, à l’exemple du document des pri­son­niers, l’unité du mou­vement national palestinien.

Sylviane de Wangen Bureau national de l’AFPS.