Face au Mur, les soeurs de Notre Dame des Douleurs ont besoin d’aide

Home Notre Dame des Douleurs, samedi 21 février 2004

Chers amis,
Il y a tout juste un mois, je vous adressais un courrier dont je n’avais pas imaginé la portée. Je ne savais pas alors ce qu’il allait sus­citer dans les cœurs et les esprits de ceux qui le liraient.

Le moment est venu de remercier chacun d’entre vous qui avez pris le temps de le dif­fuser à vos familles, amis et connais­sances. Cet appel que nous vous avons lancé s’est répandu très lar­gement à en juger par les cour­riers que nous avons reçus non seulement de France mais aussi d’autres pays d’Europe (Bel­gique, Angle­terre, Alle­magne, Autriche, Suisse…) d’Amérique du Sud (Brésil, Chili, Pérou ) des U.S.A, du Canada, d’Afrique et de pays arabes. Nous savons qu’il a été diffusé aussi en Asie.

Oui, vous avez été très nom­breux à nous écrire pour nous encou­rager et nous apporter votre soutien moral et spi­rituel. Toutes ces expres­sions de sym­pathie, d’amour fra­ternel, de com­passion, de recon­nais­sance sont autant d’invitations à continuer le chemin avec ceux qui nous ont été confiés et en par­ti­culier ces 54 per­sonnes âgées qui vivent sous notre toit et qui ont trouvé une nou­velle famille à travers chacun de vous, une famille qui ne connaît pas de fron­tière et dont le langage est celui de la fra­ternité. Ces per­sonnes qui, pour la plupart, ne reçoivent plus aucune visite ont trouvé à travers vos mes­sages que nous leur avons par­tagés conso­lation et espoir.

La construction du mur se poursuit dans notre quartier. La vie semble s’être arrêtée dans notre secteur. La route qui mène à notre maison est devenue déserte, vidée de tous les étudiants qui avaient l’habitude de se rendre à l’université située juste der­rière le mur. Nous ne savons pas ce qui se passe de l’autre côté. Tous ceux qui tra­ver­saient notre jardin ont sans doute trouvé un autre point de passage. On ne voit plus que l’armée et les quelques familles qui habitent un peu plus haut que nous. Les visites des familles et amis de nos per­sonnes âgées sont de plus en plus rares et les gens hésitent à venir car la cir­cu­lation est per­turbée par les travaux qui se font de façon très spo­ra­dique.

Pour ceux qui connaissent le quartier, le mur de sépa­ration coupe la route de Jéru­salem à Jéricho à l’entrée de Béthanie. Sa construction a été arrêtée au niveau des maisons qui se trouvent en bordure de la route du Mont des Oli­viers. On ne sait pas ce qui va se passer pour les rive­rains. Il est fort pro­bable qu’ils se retrouvent de l’autre côté de la sépa­ration.

Nous ren­con­trons déjà beaucoup de dif­fi­cultés au niveau de la prise en charge de nos per­sonnes âgées et du fonc­tion­nement de la maison alors, qu’en sera-​​t-​​il quand les dif­fé­rentes sec­tions de mur déjà construites se rejoin­dront ?

En ce moment dans notre secteur, les laissez-​​passer ne sont pas délivrés ce qui veut dire que la majorité de nos employés habitant la Cis­jor­danie se déplacent sans auto­ri­sation. Parce qu’ils sont souvent refoulés par l’armée qui est très pré­sente dans le quartier, ils doivent trouver un autre chemin pour arriver à notre maison.

Cette sépa­ration oblige aussi les familles de Cis­jor­danie à demander un laissez-​​passer pour accom­pagner leur parent âgé pour une consul­tation ou une hos­pi­ta­li­sation. Ces der­nières semaines, nous avons été contraintes à conduire nous-​​mêmes nos pen­sion­naires, les laissez-​​passer ayant été refusés aux familles ou délivrés trop tard.

Comme la popu­lation, nous nous posons beaucoup de ques­tions quant à l’avenir proche, des ques­tions qui restent sans réponses puisque aucune infor­mation n’est donnée. Nous assistons impuis­sants à la construction du mur en essayant de nous orga­niser au mieux pour que nos per­sonnes âgées ne manquent de rien.

Pour que ces der­nières res­sentent moins dou­lou­reu­sement l’absence de leurs proches, nous avons besoin de volon­taires car il est plus dif­ficile aujourd’hui de les entourer, étant donné que nous passons beaucoup de temps à gérer les imprévus. Les absences inévi­tables et les retards du per­sonnel s’ajoutent à tout cela.

Sur 54 per­sonnes âgées, 7 seulement sont tout à fait auto­nomes. C’est pourquoi, nous invitons ceux qui dis­posent d’un peu de temps à venir nous aider et à par­tager, au quo­tidien, notre vie de service. Si vous connaissez des per­sonnes sus­cep­tibles d’être inté­ressées par une démarche de volon­tariat et qui désirent découvrir la Terre sainte, n’hésitez pas à nous contacter et nous vous enverrons toutes les infor­ma­tions néces­saires.

Soyez tous vivement remerciés. Avec vous sur le chemin de l’Espérance,