Radio Canada, NY Times et dépêches, samedi 21 juin 2008
"Plus de 100 chasseurs israéliens F-15 et F-16 ont procédé à cet exercice important, au début du mois de juin, au-dessus de la Méditerranée orientale et la Grèce…(pour) faire savoir à l’Iran qu’Israël était prêt à agir unilatéralement si les efforts diplomatiques échouaient à amener Téhéran à renoncer à son programme nucléaire."
Israël a procédé récemment à des manoeuvres militaires afin de préparer son armée à une éventuelle attaque contre des installations nucléaires en Iran.
C’est ce que soutient le New York Times dans son édition de vendredi, citant des responsables américains. Plus de 100 chasseurs israéliens F-15 et F-16 ont procédé à cet exercice important, au début du mois de juin, au-dessus de la Méditerranée orientale et la Grèce. Les chasseurs ont parcouru environ 1500 kilomètres, soit l’équivalent séparant Israël de la centrale iranienne de Natanz, où sont installées des centrifugeuses destinées à enrichir de l’uranium. Des hélicoptères et des avions de ravitaillement ont aussi participé à l’exercice.
Selon les responsables américains, ajoute le New York Times, cette manoeuvre avait aussi pour but de faire savoir à l’Iran qu’Israël était prêt à agir unilatéralement si les efforts diplomatiques échouaient à amener Téhéran à renoncer à son programme nucléaire.
« Ils voulaient que nous le sachions, que l’Europe le sache et ils voulaient que les Iraniens le sachent » a déclaré un responsable non identifié cité par le New York Times.
L’armée israélienne a refusé de confirmer ou de démentir les allégations. Un porte-parole de l’armée a indiqué que celle-ci « s’entraîne régulièrement pour diverses missions afin de faire face aux défis posés par les menaces » contre son territoire. Le gouvernement Olmert n’a pas émis de commentaires.
De son côté, l’armée de l’air grecque a affirmé avoir participé, entre le 28 mai et le 12 juin, à des exercices d’entraînement communs avec Israël au large de la Crète. Selon un responsable de l’état-major grec, les manoeuvres visaient à « visaient exclusivement l’entraînement du personnel, […] et en aucun cas des cibles terrestres ou autres » a-t-il déclaré.
Du côté de l’administration américaine, l’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, Zalmay Khalilzad, a indiqué que les États-Unis espéraient toujours une solution diplomatique à la crise, mais estiment « inacceptable » que l’Iran se dote d’armes nucléaires.
Cette semaine, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a réaffirmé sa détermination à poursuivre le programme nucléaire iranien. Il a indiqué que les pressions internationales n’avaient pu briser la « volonté de la nation iranienne ».
Le Conseil de sécurité de l’ONU a déjà adopté trois séries de sanctions contre l’Iran pour son refus de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium, qui pourrait servir à la fabrication d’armes nucléaires. Depuis le début de la crise, Téhéran assure que son programme nucléaire est destiné uniquement à des fins civiles, et non militaires. Selon le régime, il en va du droit à l’indépendance énergétique du pays.