Europe - Israël : des sanctions s’imposent

Afps, vendredi 12 juin 2009

Le neu­vième conseil d’association entre l’Union euro­péenne et Israël doit se tenir le 15 juin pro­chain. L’Europe doit renoncer au “rehaus­sement” des rela­tions avec Israël et sus­pendre l’accord d’association

A quelques jours du neu­vième conseil d’association entre l’Union euro­péenne (UE) et Israël qui doit se tenir le 15 juin pro­chain, l’AFPS est vivement pré­oc­cupée par le risque d’un rehaus­sement des rela­tions entre l’UE et Israël, qui ne pourrait être perçu que comme un message d’encouragement à la pour­suite de la poli­tique des diri­geants israé­liens et aurait donc des consé­quences dra­ma­tiques pour l’avenir de la paix dans la région.

Nous avions déjà été par­ti­cu­liè­rement choqués par l’attitude de la France qui, le 8 décembre dernier, plaidait auprès de ses par­te­naires euro­péens en faveur d’une décision de principe pour un tel rehaus­sement. Ce choix de la France faisait fi des pré­oc­cu­pa­tions exprimées quelques jours plus tôt par les par­le­men­taires euro­péens, les­quels avaient décidé de reporter leur décision de donner ou non leur “avis conforme” à l’intégration d’Israël à une série de pro­grammes com­mu­nau­taires. La France, elle, par la voix de son ministre des Affaires étran­gères, enga­geait ses par­te­naires à avancer dans la voie d’un rehauss­sement des rela­tions poli­tiques et stra­té­giques, visant la par­ti­ci­pation de Tel-​​Aviv au plus haut niveau à nombre de comités et de groupes de travail stra­té­giques, de défense et de sécurité, y compris sur le Proche-​​Orient. M. Jean-​​Pierre Jouyet, alors secré­taire d’État chargé des Affaires euro­péennes, n’a pas hésité à sou­tenir que ce rehaus­sement des rela­tions euro-​​israéliennes per­met­trait de mieux faire passer auprès de Tel-​​Aviv les mes­sages de l’Europe. Qu’il s’agisse du siège insup­por­table de la bande de Gaza, de la colo­ni­sation, du mur de l’annexion, de bar­rages mili­taires, des quelque 11.000 pri­son­niers poli­tiques pales­ti­niens… toute l’histoire démontre pourtant l’inverse. Pire : moins de deux semaines après l’engagement de M. Bernard Kouchner avec ses par­te­naires en faveur d’un tel rehaus­sement, le gou­ver­nement israélien de Mme Tzipi Livni entamait vingt-​​deux jours d’offensive meur­trière contre la popu­lation pales­ti­nienne de la bande de Gaza. En toute impunité.

Il ne faut pas répéter la même erreur. Le gou­ver­nement de M. Benyamin Neta­nyahou non seulement poursuit la poli­tique de ses pré­dé­ces­seurs, mais en outre refuse expli­ci­tement de recon­naître les enga­ge­ments pris par Israël, en par­ti­culier dans le cadre de la feuille de route, et refuse expli­ci­tement toute négo­ciation fondée sur le droit inter­na­tional, en par­ti­culier concernant le droit au retour des réfugiés et la recon­nais­sance d’un Etat pales­tinien dans les fron­tières de 1967, avec Jérusalem-​​Est pour capitale. Son gou­ver­nement entend qui plus est avancer dans la voie de mesures ouver­tement racistes d’exclusion à l’encontre des Pales­ti­niens d’Israël.

Cela ne peut plus durer. L’avenir de la paix, aujourd’hui par­ti­cu­liè­rement com­promis, nécessite de mettre un terme à l’impunité d’Israël. La France se désho­no­rerait à ne pas inter­venir avec déter­mi­nation contre tout rehaus­sement des rela­tions entre l’UE et Israël. Elle se désho­no­rerait en n’exigeant pas, en par­ti­culier, la levée immé­diate du siège imposé en toute illé­galité à la popu­lation pales­ti­nienne de la bande de Gaza. Elle se désho­no­rerait à ne pas inter­venir avec déter­mi­nation en faveur de véri­tables pres­sions sur les diri­geants de Tel-​​Aviv pour les contraindre à appliquer leurs obli­ga­tions et le droit inter­na­tional. Cela passe notamment par la sus­pension de l’accord d’association entre l’UE et Israël, confor­mément aux articles 2 et 79 de cet accord.

C’est ce qu’exigent, de plus en plus nom­breux, les citoyens sou­cieux de paix et du respect du droit.

Paris, le 10 juin 2009.