Esplanade des Mosquées : les Palestiniens veulent des "actes"

L’Orient le Jour avec AFP, lundi 26 octobre 2015

Les Palestiniens ont déclaré dimanche attendre désormais du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu "des actes plutôt que des mots" après qu’il a dit vouloir préserver le statu quo sur l’esplanade des Mosquées.

"Nous ne jugeons pas sur les mots mais sur les actes", a déclaré le numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat. "Les déclarations de Netanyahu ne sont que des mots, pas des actes concrets. Aujourd’hui, des colons (israéliens) ont a nouveau souillé Al-Aqsa et brûlé une voiture à Jérusalem", a-t-il accusé, après qu’un véhicule appartenant à un Palestinien a été incendié et recouvert de graffitis signant habituellement les actes de juifs extrémistes.

Nabil Chaath, haut cadre du Fatah, le parti du président palestinien Mahmoud Abbas, a estimé qu’"il n’y aura pas de calme sans horizon politique pour mettre un terme définitif à l’occupation" des territoires palestiniens par Israël depuis 1967. "Netanyahu joue sur la définition du mot statu quo. Pour nous, le statu quo est celui instauré en 1967 et qui a été maintenu jusqu’en 2000", a-t-il dit à l’AFP.

Le "statu quo", les régles qui régissent l’esplanade, troisième lieu saint de l’islam également révéré par les juifs comme l’emplacement de leur ancien temple, interdit aux non-musulmans d’y prier. "Nous ne voulons pas du statu quo tel qu’il (M. Netanyahu) l’entend", a poursuivi M. Chaath, et qui est celui imposé, selon lui, par Israël après la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade, déclenchant la deuxième Intifada en 2000. Depuis cette date, les Palestiniens dénoncent des visites de ministres et députés israéliens sur l’esplanade, vidée pour l’occasion de ses protestataires musulmans.

Samedi, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a annoncé que la Jordanie, gardienne du lieu saint, et Israël s’étaient accordées sur de nouvelles mesures pour ce site qui cristallise les tensions israélo-palestiniennes. M. Chaath a dit attendre des mesures concrètes : il faut que la fondation islamique qui administre le site "retrouve la gestion de l’esplanade et en contrôle les accès, les policiers et la sécurité de la force occupante se retirent et les colons et les extrémistes cessent leurs attaques".

Les Palestiniens dénoncent la recrudescence des visiteurs juifs sur l’esplanade comme des "attaques" visant à imposer une partition du lieu saint.