Enfants mineurs : la torture et les abus continuent

Ma’an news, jeudi 21 juin 2012

Ramallah - Le ministère chargé des affaires des pri­son­niers a publié les témoi­gnages d’un certain nombre de mineurs détenus dans les prisons de l’occupation et qui ont été soumis à la torture, aux menaces et à des agres­sions bru­tales au cours de leur inter­ro­ga­toire par des ins­truc­teurs israéliens.

Les décla­ra­tions ont été enre­gis­trées par l’avocate du ministère des pri­son­niers, Hiba Msalha, lors de sa visite effectuée aux enfants mineurs dans les prisons de Megiddo et Hasharon. En sou­li­gnant que les aveux arrachés aux mineurs sous la torture sont tou­jours en cours, et que 90% des enfants ont été soumis à la torture et la détention dans des situa­tions difficiles.

Elle poursuit : dans la Prison de Hasharon, 60 mineurs vivent dans des condi­tions très dif­fi­ciles, il n’y a aucun suivi ni pré­caution prise à leur égard ; leurs droits sont bafoués au mépris du droit inter­na­tional qui leur garantit sécurité et pro­tection contre tout abus. Elle a expliqué la situation vécue par les pri­son­niers dans cette prison de mineurs, à savoir : 1 - Les chambres res­semblent à des cel­lules avec des toi­lettes sans portes. 2 - Le manque de nour­riture fournie, un plat de riz pour huit mineurs. 3 - Tous les mer­credis leurs chambres sont ins­pectées par les unités de l’intelligence israé­lienne qui pro­voquent les pri­son­niers, ils ont puni des enfants parce qu’ils ont trouvé des dra­peaux pales­ti­niens dans leurs chambres. 4 - l’administration péni­ten­tiaire met en iso­lement toute per­sonne qui tente de reven­diquer les droits fon­da­mentaux des pri­son­niers. 5 - l’administration péni­ten­tiaire procède par l’éloignement et l’isolement du mineur même pour une simple remarque faite aux gar­diens. 6 - Une pro­vo­cation per­ma­nente à l’encontre des mineurs qui subissent insultes, humi­lia­tions et attaque de leurs cel­lules par une unité de répression appelée Msada. 7 – les visites entre pri­son­niers sont inter­dites et ils ne sont pas auto­risés à étudier. 8 - absence de blan­chis­serie, les enfants lavent leurs vête­ments à la main et sans produit de lavage. 9 - Il y a des enfants pri­son­niers âgés de 12 ans, parmi eux l’enfant Zain Abu Maria d’Hébron.

Témoignages de mineurs :

1) le pri­sonnier Abdul Rahman Dahbour : « Tu res­teras en prison toute ta vie »

Selon le pri­sonnier Abdul Rahman Dahbour Fahd 16 ans, de Azzun à Qal­qilya, détenu dans la prison de Megiddo, depuis la date du 27÷4÷2012, les forces d’occupation l’ont arrêté après lui avoir bandé les yeux et menotté les mains, il a été détenu dans la colonie de Kedumim, puis transféré au camp de Hawara et là les enquê­teurs l’ont dépouillé de tous ses vête­ments de façon humi­liante en pro­férant contre lui des injures pendant son interrogatoire.

Le pri­sonnier a déclaré que pendant tout l’interrogatoire, il avait les mains menottées à la chaise, accusé de jet de pierres sur les forces d’occupation, et l’enquêteur le menaça en disant : Tu res­teras en prison toute ta vie et tu ne verras plus ta famille.

2) le prisonnier Bara Abou Haniyeh : « Si tu ne réponds pas je te tire dessus »

Selon le pri­sonnier Bara Abou Haniyeh, 16 ans, d’Azzun dans le dis­trict de Qal­qilya, il a été arrêté le 27÷4÷2012 et transféré dans la colonie de Kedumim et de Hawara où il a été interrogé en ayant les mains enchaînées et les yeux bandés. Il a fait l’objet d’une intense pression pour lui arracher des aveux avec menaces et insultes obs­cènes et un des enquê­teurs l’a menacé en criant : « Si tu ne réponds pas je te tire dessus ».

3) Le pri­sonnier Mahmoud Assahli : « Ils nous ont forcés à nous insulter les uns les autres »

Selon le pri­sonnier, Mahmoud Riad Youssef Assahli, âgé de 16 ans, résident au camp de réfugiés de Balata et détenu depuis le 23÷4÷2012, il raconte que les soldats l’ont frappé sau­va­gement depuis le moment même de son arres­tation sur les jambes et les bras sur tout le corps. Pendant son transfert vers le camp de Hawara, dans la jeep mili­taire les soldats l’ont sévè­rement battu. Au cours de son inter­ro­ga­toire les soldats l’ont forcé à insulter ses codé­tenus d’une façon humiliante.

4) Le pri­sonnier Wael Mohsen : 45 jours d’interrogatoire et il s’est évanoui deux fois

Selon le pri­sonnier pales­tinien Wael Fakhri Mahmoud Mohsen, 17 ans, de Jénine, arrêté en Mars 2012, il raconte que les forces d’occupation ont attaqué la maison de ses parents, l’ont arrêté bru­ta­lement en criant et en le rouant à coups de crosses de fusil sur les jambes et sur toutes les parties du corps.

Wael raconte qu’il a subi un inter­ro­ga­toire dans la prison de Jalama pendant 45 jours sans inter­ruption en ayant les mains menottées à la chaise, et mis dans une cellule où il a été exposé à des lumières puis­santes pour le diminuer psy­cho­lo­gi­quement. Ses geô­liers ont frappé à la porte de sa cellule de façon per­ma­nente et per­tur­bante de manière à faire pression sur lui et le forcer à avouer.

Il a com­mencé à souffrir de dou­leurs intenses dans la tête, s’est évanoui à deux reprises en raison des condi­tions sévères de l’enquête.

5) le pri­sonnier, Walid Aïd : « Les soldats ont jeté ma tante à terre et agressé les habi­tants de la maison »

Selon le pri­sonnier, Walid Morsi Walid Aïd, 17 ans, du village de Burin, dis­trict de Naplouse, arrêté depuis 18÷4÷2012, il raconte que les forces d’occupation ont attaqué la maison à deux heures du matin, alors qu’il dormait dans la maison de son grand-​​père. Ils ont fait irruption dans la maison d’une façon brutale, ont agressé ses oncles et jeté sa tante à terre, puis l’ont arrêté et conduit à pied à la colonie de Noreen, où il a été menotté sur une chaise, interrogé et battu.

Traduction : Moncef CHAHED - Groupe de travail prisonniers