Salah Hamouri, mardi 16 mars 2010
Salah se souvient de son arrestation il y a 5 ans le 13 mars 2005, des interrogatoires, de ses transferts, etc.… Une de ses préoccupations est le sort réservé aux enfants dans les tribunaux et les prisons de l’occupation israélienne.
Il nous a fait passer un message….
Chers amis,
Je souhaite tout d’abord remercier du fond du cœur toutes celles et ceux qui se souviennent avec moi et ma famille que 5 ans déjà sont passés et que je partage avec d’autres camarades une toute petite cellule dans une prison israélienne.
Merci pour les rassemblements et manifestations organisés un peu partout en France.
L’enfance perdue.
La cause des enfants palestiniens dans les prisons de l’occupation est un sujet douloureux dont je souhaite vous parler.
Les associations n’épargnent pas leurs efforts pour donner la priorité à l’enfance, développer des programmes de divertissement pour protéger les enfants et favoriser leur développement naturel.
Après 5 ans passés en prison, je me demande, comment est – il possible en même temps de voir ici l’enfance persécutée et défigurée…
Le monde doit savoir qu’ il y a entre 300 et 350 enfants détenus dans les prisons israéliennes dans des circonstances très dures, ils sont en effet traités comme des détenus adultes, ils sont séparés de leurs familles, certains n’ ont pas droit aux visites familiales pour des motifs sécuritaires et si les visites sont permises, ils ne peuvent avoir aucun contacts physiques avec leurs parents.
Dans l’enceinte de la prison, l’intervention d’organismes internationaux n’est pas permise et les enfants ne reçoivent aucune aide psychologique alors qu’ils sont dans un environnement étranger, loin de l’école ou de la famille. Au contraire les Israéliens utilisent tous les moyens de pression pour détruire leur jeunesse.
Les enfants sont le plus souvent jugés dans des tribunaux militaires comme les adultes, ils ont droit au même traitement que les plus vieux dans les tribunaux illégitimes que sont les tribunaux militaires de l’occupation.
Il n’existe pas de tribunaux pour mineurs même si Israël a signé un traité sur les droits de l’enfant, ceci apparemment ne concerne pas les enfants palestiniens.
Avez-vous entendu parler du petit Hassan Muhtaseb ? Il y a 3 semaines, deux frères âgés de 10 et 12 ans ont été arrêtés à Hébron puis emprisonnés.
Le petit a été libéré 10 heures plus tard mais le deuxième, Hassan, a été interrogé puis envoyé en prison. Il a été ensuite amené au tribunal militaire d’Ofer les mains et les pieds liés. Pendant l’audience, son avocate Léa Tsemel, lui a offert un ballon qu’elle a gonflé avant de commencer à plaider… Le juge militaire était gêné et s’est caché la tête derrière son ordinateur… Hassan a été libéré sous caution après avoir été interrogé et mis en cellule… [1]
Prison de Guilboa, section 4
Le 13 mars 2010
[1] Salah nous a joint cet article de Ma’an news :
Hébron - 04-03-2010
Fadi al-Muhtaseb, le père d’Al-Hassan, 12 ans, a dit à Ma’an que son fils n’avait été inculpé d’aucun crime mais que néanmoins sa condamnation avait été prolongée. « Mon fils a été emmené au tribunal pieds et poings liés. Il avait très peur de tous ces soldats qui l’entouraient. L’ironie, c’est que le juge a prolongé sa détention jusqu’à dimanche alors qu’aucune accusation n’a été portée contre lui, » dit-il.
Al-Mutaseb s’est vu imposer une amende de 5.000 shekels (1.000€), qui a ensuite été réduite à 2.000 shekels (300€).
« Quelle loi autorise qu’un enfant soit traîné devant un tribunal, puis que son père doive payer une amende ? Je ne la paierai pas, et vous devez libérer mon fils. »
« Voilà la loi de l’occupation d’Israël, » a dit le père.
L’avocate représentant Al-Hassan, Lea Tsemel, a sorti un petit ballon de son porte-documents pour que le gamin puisse jouer avec, ce qui a provoqué des rires dans la salle. Le juge présidant le tribunal aurait tenté de se cacher le visage quand le jouet a été tendu au garçon.
Al-Hassan a été arrêté lundi avec son frère Al-Amir, 9 ans, qui a été relâché plus tard.
L’article 37 de la Convention des Nations Unies pour les Droits de l’Enfant, qu’Israël a ratifié le 3 octobre 1991, stipule que :
« b) Nul enfant ne soit privé de liberté de façon illégale ou arbitraire : l’arrestation, la détention ou l’emprisonnement d’un enfant doit être en conformité avec la loi, être qu’une mesure de dernier ressort et être d’une durée aussi brève que possible. »
Par Maan News