En soutien avec les cinéastes refusant de cautionner le régime israélien

UJFP, lundi 2 novembre 2009

La rétros­pective inti­tulée Tel-​​Aviv : le paradoxe, orga­nisée par le Forum des Images avec le soutien de la Mairie de Paris, pour célébrer le cen­te­naire de la capitale israé­lienne, aura peut-​​être lieu à partir du 4 novembre à Paris, mais sans cer­tains des cinéastes invités qui refusent d’y pré­senter leurs films…

Huit d’entre eux*, citoyens israé­liens juifs ou pales­ti­niens, pales­ti­niens des ter­ri­toires occupés ou de l’exil, informés de la pro­gram­mation de leur film dans un tel cadre ont retiré leur film. Une confé­ren­cière invitée à une table ronde a également signifié son retrait.

Ces cinéastes refusent en effet de par­ti­ciper à la célé­bration de Tel-​​Aviv. Ils refusent de servir de caution à la « démo­cratie » israé­lienne qui montre tous les jours au monde ses états de service : de Gaza à Naplouse et de Hébron à Jénine dans les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés, et de Nazareth à Rahat envers les citoyens pales­ti­niens d’Israël : Occu­pation, colo­ni­sation, dis­cri­mi­na­tions légales, c’est aujourd’hui la capitale d’un Etat res­pon­sable de crimes de guerres et peut-​​être de crimes contre l’humanité que Paris veut célébrer. C’est inac­cep­table pour ces cinéastes. L’UJFP apporte son soutien aux cinéastes du refus, et considère que la rétros­pective doit être annulée.

Il est temps que les ins­ti­tu­tions fran­çaises, comme les orga­ni­sa­teurs d’événements culturels ou de toute autre nature en France prennent acte de la réalité des vio­la­tions du droit inter­na­tional et des crimes de guerre commis par Israël et assument leurs res­pon­sa­bi­lités res­pec­tives. Les ins­ti­tu­tions doivent res­pecter les enga­ge­ments inter­na­tionaux signés par la France, appliquer et faire appliquer les sanc­tions prévues aux vio­la­tions des droits humains, et des normes inter­na­tio­nales. La société civile ne peut accepter que les crimes de l’occupation et de la colo­ni­sation soient dis­si­mulés ou niés par des simu­lacres de nor­malité. Pour Tel Aviv ce n’est pas l’heure des célé­bra­tions, mais celle des comptes !

* Hany Abu Assad (Paradise Now)

Najwa Barakat (Pomegranate)

Tamar Berger conférencière invitée

Skandar Copti et Yaron Shani (Ajami )

Maryse Gargour (Jaffa, la mienne)

Anne Marie Jacir ( Le sel de la mer)

Shai Karmeli Pollack (Bilin, mon amour)

Avi Moghrabi (August)

Eyal Sivan (Jaffa, la méca­nique de l’orange) [1]

[1] Un de ces cinéastes, Eyal Sivan, a envoyé sa propre lettre qui com­prend l’extrait suivant : "La poli­tique raciste et fas­ciste du gou­ver­nement israélien et le silence com­plice de la plupart de ses milieux culturels pendant le récent carnage opéré à Gaza comme face à l’occupation continue et aux vio­la­tions des droits humains et aux mul­tiples dis­cri­mi­na­tions à l’égard des Pales­ti­niens sous occu­pation, ou ceux citoyens pales­ti­niens de l’Etat israélien  –  toutes ces raisons jus­ti­fient que je main­tienne une dis­tance vis-​​​​à-​​​​vis de tou t événement qui pourrait être inter­prété comme une célé­bration de la réussite cultu­relle en Israël ou un cau­tion­nement de la nor­malité du mode de vie israélien. Puisque votre rétros­pective fait partie de la cam­pagne inter­na­tionale de célé­bration du cen­te­naire de Tel-​​​​Aviv et qu’elle béné­ficie, à ce titre, du soutien du gou­ver­nement israélien, je ne peux que décliner votre invitation".