En 2011, Israël a délivré 8.000 licences de ventes d’armes à l’exportation

Pascal Lacorie, la Tribune, samedi 30 juin 2012

"Notre objectif essentiel est de main­tenir l’avantage qua­li­tatif de l’armée israé­lienne et de maî­triser la dis­tri­bution de notre matériel militaire"

L’Etat hébreu a exporté en 2011 des maté­riels mili­taires vers 130 pays. Pas moins de 94 % des demandes de ventes à l’étranger ont été approuvées. Seuls 43 cas "liti­gieux" ont été recensés.

Pour la pre­mière fois le ministère israélien de la Défense a levé une partie du mystère qui entoure les expor­ta­tions d’armes de l’Etat hébreu. Le dépar­tement chargé d’examiner les demandes d’entreprises pour la ventes de matériel mili­taire a délivré l’an dernier 8.000 licences de ventes des­tinées à un total de 130 pays, dont les noms n’ont tou­tefois pas été divulgués.

La base de données de la Défense com­prend une liste de 17.000 "pro­duits" auto­risés à la vente à l’étranger par 12.000 sociétés. Pas moins de 94 % des demandes de ventes à l’étranger ont été approuvées. La licence de vente doit être obtenue avant qu’une licence d’exportation soit délivrée. La moitié des demandes ont été rejetées dès la pre­mière étape.

43 dossier litigieux

Détail inté­ressant : 43 cas "liti­gieux" ont été recensés. Il s’agit d’entreprises accusées d’avoir violé les pro­cé­dures de contrôle mises en place par le ministère de la Défense sous forme de ventes sans licence ou réa­lisées sans tenir compte des res­tric­tions imposées notamment sur la vente à des pays tiers ou sur les trans­ferts de tech­no­logies "sensibles".

Les entre­prises prises la main dans le sac ont été sanc­tionnées sous forme d’amendes ou d’annulations de leur licence. "Notre objectif essentiel est de main­tenir l’avantage qua­li­tatif de l’armée israé­lienne et de maî­triser la dis­tri­bution de notre matériel mili­taire", affirme un haut res­pon­sable de la Défense. Selon lui, Israël doit également res­pecter ses "enga­ge­ments inter­na­tionaux". Une allusion claire aux res­tric­tions imposées par les Etats-​​Unis, qui versent plus de 3 mil­liards de dollars d’aide mili­taire annuelle à l’Etat hébreu pour financer ses achats en armes amé­ri­caines. En contre­partie, l’Etat hébreu a dû limiter ses ambitions.

Pression de Washington

En Chine, notamment Israël a renoncé il y a quelques années à vendre des avions radars sous la pression de Washington qui consi­dérait ce contrat comme contraire aux intérêts "stra­té­giques" amé­ri­cains. De plus, Washington a un droit de regard : quand une partie des maté­riels israé­liens ont des com­po­sants amé­ri­cains, il nécessite le feu vert du Pentagone pour les exportations.

Malgré toutes ces limi­ta­tions, ce secteur qui a rap­porté offi­ciel­lement 9,6 mil­liards de dollars à l’exportation en 2010, est considéré comme prio­ri­taire. Le ministre de la Défense va ainsi pro­longer la validité des licences d’exportations aux entre­prises de deux à trois ans, créer un centre qui offrira ses ser­vices pour l’exportation et intro­duire une pro­cédure d’autorisation accé­lérée pour "cer­tains produits".