Elections US : Le “modéré” et le “radical”

Raghida Dargham, mercredi 29 octobre 2008

Quel que soit le vain­queur le soir du 4 novembre, les liens américano-​​israéliens ne chan­geront pas, regrette Al-​​Hayat.

Le contraste est frappant entre les élec­teurs amé­ri­cains et les “élec­teurs” étrangers. Les Amé­ri­cains demandent à leurs deux can­didats de ne pas s’intéresser à la poli­tique étrangère, hormis l’Irak, alors que les étrangers ne pensent qu’à l’attitude qu’aura la nou­velle admi­nis­tration amé­ri­caine vis-​​à-​​vis de leurs pays.

Récemment, de nom­breux Jor­da­niens ont eu l’impression que leur destin était en jeu : hommes poli­tiques, ana­lystes et jour­na­listes ne par­laient plus que d’une décla­ration attribuée à John McCain dans laquelle il aurait dit qu’il ne croyait pas en la solution de deux Etats – pales­tinien et israélien – côte à côte et qu’en consé­quence il était favo­rable à la “solution jor­da­nienne”, qui consiste à trans­former la Jor­danie en patrie alter­native pour les Pales­ti­niens. Ensuite, cette décla­ration a été attribuée non plus à McCain, mais à Robert Kagan, son conseiller pour la poli­tique étrangère. Mais Kagan a démenti et expliqué que cette décla­ration lui avait été attribuée à tort par un site Internet israélien. Fina­lement, on a appris que c’est un site proche du Hez­bollah qui se trouvait à l’origine de l’“information”. Mais peu importe, fina­lement, d’où cela était parti : ce qui est signi­fi­catif, c’est la tempête pro­voquée. McCain s’est ainsi, du jour au len­demain, trans­formé en “ennemi” à cause d’une décla­ration qu’il n’a jamais faite.

Aujourd’hui, concernant McCain et Obama, le monde arabe n’a pas la même per­ception de la modé­ration et de l’extrémisme. La popu­larité d’Obama a beaucoup reculé chez les Arabes lorsqu’il a parlé de Jéru­salem comme capitale unifiée d’Israël, mais il reste le can­didat préféré des Arabes radicaux qui sont en colère contre les Amé­ri­cains. Les régimes arabo-​​musulmans consi­dérés comme extré­mistes – tels que l’Iran et la Syrie – sou­tiennent Obama, tandis que les sou­tiens de McCain se comptent parmi ceux qui sont consi­dérés comme des régimes arabes “modérés”.

Cela étant, il faut rester réa­liste dans l’analyse de la poli­tique amé­ri­caine. Les deux can­didats sont dans la conti­nuité des liens orga­niques américano-​​israéliens et ne renon­ceront sous aucune condition à l’alliance avec Israël. Il est clair fina­lement que ni Obama ni McCain ne pré­ci­pi­teront le retrait d’Irak.