Effacez le nom de notre grand-​​mère du mur de Yad Vashem

Michael Neumann et Osha Neumann, samedi 28 février 2009

Au pré­sident de l’Etat d’Israël et au directeur du Mémorial de Yad Vashem : Selon l’exemple de Jean-​​Moise Braitberg [1], nous exi­geons que le nom de notre grand-​​mère soit retiré du mur de Yad Vashem. Son nom est Gertrud Neumann. Vos archives disent qu’elle est née le 6 juin 1875 à Kat­towitz et mourut au camp de concen­tration de Terezín (The­re­sienstadt en allemand, aujourd’hui en répu­blique Tchèque).nt de l’Etat d’Israël et au directeur du Mémorial de Yad Vashem :

M. Braitberg a fondé sa requête sur d’excellentes raisons et sur un témoi­gnage per­sonnel éloquent. Ses paroles frappent l’imagination, mais elles vous donnent - ainsi qu’à ceux qui vous sou­tiennent - trop d’importance. Je serais donc bref. S’il vous plait, consi­dérez cette lettre comme l’expression de mon dégoût et de mon mépris pour votre Etat et tout ce qu’il représente.

Notre grand-​​mère fut la victime de ce même idéal de sou­ve­raineté eth­nique, cause pour laquelle Israël a depuis de si long­temps répandu tant de sang. J’ai fait partie de ces nom­breux Juifs qui embras­sèrent cet idéal sans état d’âme, malgré la souf­france qu’il infligea à notre propre race. Il aura fallu la mort de mil­liers de Pales­ti­niens avant que je réalise enfin notre folie.

Notre com­plicité fut mépri­sable. Je ne croîs pas que le peuple Juif, au nom duquel vous com­mettez tant de crimes avec une telle satis­faction, puisse jamais se débar­rasser de la honte que vous jetez sur nous. La pro­pa­gande Nazie, malgré toutes ses calomnies, n’a jamais dis­crédité ni cor­rompu les Juifs ; vous avez réussi à le faire. Vous n’avez même pas le courage de prendre vos res­pon­sa­bi­lités pour vos propres actes de sadisme : avec une inso­lence inégalée vous vous pré­sentez comme le porte-​​parole de toute une race, comme si votre exis­tence même légi­timait votre conduite. Et vous salissez nos noms non seulement par vos actes, mais par les men­songes, les fausses excuses, l’arrogance suf­fi­sante, et le côté mora­li­sateur dont vous enrobez votre histoire.

Pour ter­miner, vous don­nerez aux Pales­ti­niens un suc­cédané d’état. Vous ne serez jamais puni pour vos crimes et conti­nuerez à vous auto congra­tuler, à vous bercer de l’illusion de votre grandeur morale. Mais, avant d’en arriver là, vous conti­nuerez de tuer, tuer et tuer encore, juste pour assouvir votre bru­talité d’enfant gâté. Notre grand-​​mère à assez souffert durant sa vie. Ne l’associez pas à ces hor­reurs main­tenant qu’elle est morte.

Michael Neumann

Je me joins à mon frère Michael Neumann, pour exiger que toute réfé­rence à notre grand-​​mère soit effacée de Yad Vashem, le mémorial de l’Holocauste.

J’ai visité ce mémorial. Ses bâti­ments, ses cours pavées et ses places recouvrent avec autorité des mil­liers de mètres carrés de paysage. Il met en scène l’Holocauste, prélude à la création de l’Etat d’Israël. Il sta­tufie la Mémoire des Camps de la Mort et les pré­serve comme Trésors Nationaux. Ce Trésor n’appartient pas à Israël. Ce n’est un Trésor que s’il sert de Sou­venir pour ne jamais auto­riser aucune Nation à réclamer en faveur de son peuple élu, une exemption à la morale et à la décence.

Israël a trans­formé l’Holocauste en une excuse pour per­pétrer encore plus de sacri­fices. Il a dépensé le trésor de sym­pathie du monde pour les vic­times de l’Holocauste en essayant vai­nement de s’en pro­téger contre toute cri­tique quand il mas­sacre et torture les Pales­ti­niens et les écrase sous le joug d’une occu­pation brutale. Je ne sou­haite pas que la mémoire de ma grand-​​mère soit enrôlée dans ce projet illégitime.

J’ai grandi en croyant que les Juifs étaient un groupe eth­nique dont la mission his­to­rique était de trans­cender l’ethnicité dans un front uni contre le Fas­cisme. Etre Juif, c’était être anti-​​Fasciste. Il y a long­temps, Israël m’a sorti de mon sommeil dog­ma­tique au sujet de cette relation immuable entre les Juifs et les Fas­cistes. Il a réalisé une fusion entre des images de Juifs tor­tu­reurs et cri­minels de guerre et celles des vic­times émaciées des camps de concen­tration. Je trouve ce mélange obscène. Je ne veux pas en faire partie. Vous avez perdu le droit d’être les gar­diens de la Mémoire de ma grand-​​mère. Je ne veux pas que Yad Vashem soit son mémorial.

Osha Neumann