Edulcoration

al Ahram, mercredi 23 décembre 2009

L’Union Euro­péenne (UE) accuse Israël d’essayer de diviser ses 27 membres pour revenir sur une réso­lution adoptée [récemment] appelant à faire de Jéru­salem la capitale par­tagée d’Israël et d’un futur Etat palestinien.

L’adoption de cette réso­lution avait pro­voqué une vive réaction de l’Etat hébreu, qui considère l’ensemble de Jéru­salem, y compris sa partie orientale — occupée lors de la guerre des Six jours en 1967 — comme sa capitale éter­nelle et indi­vi­sible. La com­mu­nauté inter­na­tionale n’a jamais reconnu cette annexion. Les Pales­ti­niens reven­diquent la partie Est de la ville comme capitale de leur futur Etat.

Un res­pon­sable européen a affirmé qu’Israël avait mené un lob­bying intensif auprès des ministres des Affaires étran­gères des 27 pour adoucir une version pré­cé­dente du texte qui pré­voyait expli­ci­tement de faire de Jérusalem-​​Est la capitale d’un futur Etat pales­tinien. Au final, les chefs de la diplo­matie des Vingt-​​Sept ont aban­donné cette for­mu­lation dans leur décla­ration finale, tout en réitérant les posi­tions de principe euro­péennes, notamment qu’il n’était pas question de recon­naître l’annexion de Jérusalem-​​Est par Israël. Ils ont confirmé leur refus d’accepter les chan­ge­ments de fron­tières sur­venus après cette date, « autres que ceux acceptés par les deux parties ». Une manière de laisser la porte ouverte à une modi­fi­cation de sa position dans le cadre d’un éventuel accord de paix global, et d’apaiser Israël. Ces for­mules ont fait l’objet d’intenses trac­ta­tions pendant plu­sieurs jours entre pays euro­péens, divisés entre eux sur la question et mis sous pression par des pro­tes­ta­tions pré­ven­tives israé­liennes. Début décembre, Israël avait sèchement mis en garde l’UE contre une recon­nais­sance de Jérusalem-​​Est comme capitale d’un futur Etat pales­tinien, aver­tissant qu’une telle ini­tiative met­trait à mal la cré­di­bilité de l’UE en tant que médiateur dans le conflit du Proche-​​Orient.

L’initiative du texte avait été lancée par la pré­si­dence sué­doise de l’UE. Mais contrai­rement à ce que sou­haitait Stockholm à l’origine, les ministres euro­péens ont refusé d’être plus expli­cites sur les contours d’un futur Etat pales­tinien. Alors qu’un premier projet de texte suédois pré­cisait clai­rement que le futur Etat pales­tinien devait être composé de la Cis­jor­danie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-​​Est, la version finale indique sim­plement que le futur Etat pales­tinien doit être « contigu (à Israël) et viable ».

Plu­sieurs pays, dont l’Allemagne, l’Italie et la Répu­blique tchèque, ne sou­hai­taient pas qu’on impose une solution à Israël. D’autres ministres euro­péens auraient voulu que l’UE, prin­cipal bailleur de fonds des Pales­ti­niens et tra­di­tion­nel­lement plus à l’écoute de leurs pré­oc­cu­pa­tions que les Etats-​​Unis, se montre plus directe sur ce sujet délicat. Il s’agit notamment de la France, de la Fin­lande, du Por­tugal et de Luxembourg.