Ecrire aux autorités pour défendre les personnes malades bloquées à Gaza

Amnesty International, jeudi 17 janvier 2008

Rihab Attia Abu Taha (f), 28 ans ; Karima Abu Dalal (f), 34 ans ; Bassam al Oehidi (h) ; Shaaban Fares Salama Abu Obeid (h), 37 ans ; Tayseer al Qanou (h), 50 ans ; Ibrahim al Qanou (h), 28 ans ; Rami al Masri (h), 25 ans ; Ahmad Masoud (h), 20 ans ; Sameer Taleb (h), 47 ans ; Iyad Jandiya (h), 32 ans ; Amin Fayad (h), 28 ans ; Rami Al Arouqi (h), 29 ans ; Bassam al Dos (h), 35 ans

Les auto­rités israé­liennes refusent à des Pales­ti­niens gra­vement malades l’autorisation de quitter la bande de Gaza pour recevoir des soins médicaux urgents qu’ils ne peuvent trouver sur place. Depuis qu’Israël a ren­forcé son blocus sur la bande de Gaza, en juin 2007, en fermant le point de passage entre Gaza et l’Égypte, chacun des 1,5 mil­lions d’habitants de Gaza a besoin d’une per­mission des auto­rités mili­taires israé­liennes pour pouvoir partir. Or, cette per­mission est refusée presque systématiquement.

Les 13 per­sonnes nommées plus haut souffrent soit d’un cancer soit d’une autre maladie poten­tiel­lement mor­telle. Refuser de les laisser sortir de Gaza revient à les priver du trai­tement nécessité d’urgence par leur état de santé et met leurs vies en danger. Plu­sieurs dizaines de per­sonnes s’étant trouvées dans pareil cas sont mortes au cours des der­niers mois.

En réponse à une requête intro­duite par l’organisation israé­lienne Médecins pour les droits humains (MDH), la Cour suprême de l’État hébreu s’est penchée sur le refus, par l’armée israé­lienne, de laisser sortir de Gaza cer­tains de ces 13 malades. La Cour a estimé que ces per­sonnes avaient besoin d’un trai­tement d’urgence, mais qu’elle ne pouvait inter­venir sur la décision de leur refuser le passage.

Les auto­rités israé­liennes affirment qu’elles ne peuvent per­mettre à ces malades graves, ainsi qu’à d’autres, de quitter Gaza, pour des raisons de « sécurité » non spé­ci­fiées. Ces res­tric­tions, bien que cou­rantes depuis plu­sieurs années, ont atteint un niveau sans pré­cédent ces der­niers mois, en par­ti­culier depuis la prise de contrôle de Gaza par le Hamas, en juin 2007. Refuser le passage à des patients qui ont déses­pé­rément besoin d’une prise en charge médicale n’est abso­lument pas jus­tifié d’un point de vue sécu­ri­taire : ces per­sonnes sont sou­mises à des contrôles de sécurité stricts à la fron­tière et se trouvent géné­ra­lement dans un état très grave. Ces mesures semblent plutôt être appli­quées en repré­sailles aux tirs de roquette lancés depuis Gaza contre le sud d’Israël par des groupes armés palestiniens.

Plu­sieurs patients n’ayant pas obtenu la per­mission de quitter Gaza pour des raisons de « sécurité » y ont fina­lement été auto­risés après que des orga­ni­sa­tions non gou­ver­ne­men­tales (ONG) israé­liennes de défense des droits humains eurent menacé de porter leur cas devant la Cour suprême. Cependant, ils sont bien plus nom­breux encore à se voir interdire de partir.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Un million et demi de Pales­ti­niens restent bloqués à Gaza depuis qu’Israël a tota­lement fermé, le 9 juin 2007, le point de passage de Rafah vers l’Égypte, prin­cipale porte vers le monde exté­rieur pour les habi­tants de Gaza. Depuis lors, seule une poignée de Pales­ti­niens ont été auto­risés à quitter Gaza en passant par Israël (via le point de passage d’Erez, qui est utilisé presque exclu­si­vement par les jour­na­listes étrangers et le per­sonnel huma­ni­taire mais est fermé aux Pales­ti­niens, sauf excep­tions rarissimes).

Les hôpitaux de Gaza manquent de per­sonnel et d’équipements spé­cia­lisés pour traiter un certain nombre d’affections telles que le cancer et les maladies car­dio­vas­cu­laires. Les hôpitaux et les autres infra­struc­tures médi­cales sont également touchés par une pénurie crois­sante de médi­ca­ments et d’articles de consom­mation, en raison des blocus imposés par Israël sur les impor­ta­tions de Gaza. Selon l’Organisation mon­diale de la santé (OMS), les réserves de cer­tains médi­ca­ments essen­tiels sont épuisées, et basses pour nombre d’autres. En vertu du droit inter­na­tional, Israël n’a pas le droit, en tant que puis­sance occu­pante, d’imposer une sanction ou des repré­sailles col­lec­tives à la popu­lation pales­ti­nienne et doit veiller à ce que les rési­dents de la bande de Gaza aient accès aux soins médicaux dont ils ont besoin.

ACTION RECOMMANDÉE :

Dans les appels que vous ferez par­venir le plus vite pos­sible aux des­ti­na­taires men­tionnés ci-​​après (en anglais ou dans votre propre langue) :

aux auto­rités israé­liennes :
- déclarez-​​vous gra­vement pré­occupé par le fait que les auto­rités israé­liennes empêchent ces 13 patients (merci de les nommer) de quitter Gaza pour béné­ficier de la prise en charge médicale dont ils ont besoin et qui n’est pas acces­sible sur place, et dites qu’une telle attitude met leurs vies en danger ;
- faites remarquer qu’aux termes du droit inter­na­tional, Israël, en tant que puis­sance occu­pante de la bande Gaza, a la res­pon­sa­bilité de veiller à ce que les habi­tants de cette zone aient autant accès aux soins médicaux que les res­sor­tis­sants de l’État d’Israël.

Ministre de la Défense : Ehud Barak Minister of Defence Ministry of Defence 37 Kaplan Street Hakirya, Tel Aviv 61909, Israël Fax : +972 3 691 6940 Cour­riers élec­tro­niques : minister@​mod.​gov.​il Formule d’appel : Dear Minister, /​ Mon­sieur le Ministre,

Juge mili­taire et général de brigade : Bri­gadier General Avihai Man­delblit Judge Advocate General 6 David Elazar Street, Hakirya, Tel Aviv, Israël Fax : + 972 3 608 0366 Cour­riers élec­tro­niques : arbel@​mail.​idf.​il Formule d’appel : Dear Bri­gadier General, /​ Mon­sieur le Général de brigade,

aux auto­rités pales­ti­niennes et égyp­tiennes :
- appelez le pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne et le pré­sident égyptien à œuvrer auprès d’Israël en vue de la réou­verture du point de passage de Rafah entre la bande de Gaza et l’Égypte, qui est la seule ouverture vers le monde exté­rieur pour la popu­lation de Gaza.

Pré­sident de l’Autorité pales­ti­nienne : Mahmoud Abbas Fax : +972 2 296 3170/​296 3179 Formule d’appel : Dear Pre­sident, /​ Mon­sieur le Président,

Pré­sident de la Répu­blique arabe d’Égypte : H.E. Mohammad Hosni Mubarak Pre­sident of the Arab Republic of Egypt ‘Abedine Palace, Cairo, Égypte Fax : +20223901998 Formule d’appel : Your Excel­lency, /​ Mon­sieur le Président,

Ambassade de l’Etat d’Israël  : 3, rue Rabelais, 75008 Paris Fax : 01.40.76.55.55 Email : information@​paris.​mfa.​gov.​il