Echos du Conseil d’administration des 18 et 19 septembre 2004

AFPS, lundi 20 décembre 2004

La grève des prisonniers palestiniens

Claude Léostic rap­pelle le contexte dans lequel s’est déroulée la grève des pri­son­niers pales­ti­niens ; la répression a été très dure. Les assas­sinats ciblés et les arres­ta­tions mas­sives se pour­suivent dans le but de délé­gi­timer l’Autorité Pales­ti­nienne. Le mur pro­gresse en par­ti­culier du côté de Jérusalem-​​est et Beth­lehem. Gaza sera une immense prison et les colons vien­dront ren­forcer les colonies de Cis­jor­danie comme celles d’Ariel et de Maale Adumim. On peut craindre une réaction forte de leur part conduisant même à des affron­te­ments. En Palestine, les élec­tions muni­ci­pales prévues en décembre et les élec­tions légis­la­tives sont l’objet d’actions des mili­taires entraînant la fer­meture de six bureaux d’inscription. En positif, la Cour Inter­na­tionale de Justice (CIJ) s’est pro­noncée contre le Mur, de même que les pays non-​​alignés qui ont dénoncé aussi l’occupation ; la réso­lution de la Ligue arabe a été votée.

Initiée le 15 août, la grève des pri­son­niers a été déter­minée par les condi­tions d’incarcération illé­gales et insup­por­tables, que ce soit pour les hommes, les femmes ou les enfants (dès l’âge de douze ans). Le caractère illimité de cette grève lié à des reven­di­ca­tions huma­ni­taires a trouvé un écho dans la société pales­ti­nienne for­tement soli­daire. Le jeûne total de 18 jours dans des condi­tions très dures a pris fin après que l’attentat de Beer­sheva a fra­gilisé le mou­vement. Cer­taines reven­di­ca­tions ont cependant abouti au moment même où Marwan Bar­ghouti a été condamné à la détention à per­pé­tuité, tout en conti­nuant pour sa part la grève jusqu’au 16 sep­tembre au péril de sa vie. En France, les actions de soutien ont été très minoritaires.

Une cam­pagne de soli­darité et de soutien à Marwan Bar­ghouti, et à tous les pri­son­niers a été lancée à la Fête de l’Huma en pré­sence d’une délé­gation pales­ti­nienne invitée par le Parti Com­mu­niste. Des débats inté­res­sants ont eu lieu. Un comité plus large est à construire avec le Col­lectif pour une paix juste entre Pales­ti­niens et Israé­liens, la FIDH, la LDH et L’Humanité.

Campagne internationale contre le mur

Bernard Ravenel analyse les impli­ca­tions créées par l’avis de la CIJ qui est une vic­toire du peuple pales­tinien et du mou­vement de soli­darité inter­na­tionale. Mais comment trans­former cet avis en chan­gement sur le terrain, impliquer les Etats et la société civile pour arriver à un résultat, quand on connaît l’incapacité des ins­tances inter­na­tio­nales à faire res­pecter le Droit ? En réalité, l’avis de la CIJ a eu un réel impact en Israël si l’on considère l’avis de la Cour Suprême sur le mur qui tient compte de la capacité des Etats à prendre des mesures de rétorsion. Les réso­lu­tions du Conseil de sécurité sont tou­jours blo­quées par le veto des USA. Pour contourner cette situation, les Pales­ti­niens ont demandé à la Suisse, dépo­si­taire des Conven­tions de Genève, d’organiser une réunion des pays signa­taires dont les déci­sions seraient impé­ra­tives. D’où l’importance de la mobi­li­sation pendant la semaine contre le Mur du mois de novembre à l’initiative du Pengon avec une date impor­tante, la mani­fes­tation du 13 novembre. Le travail auprès des élus doit continuer car cette cam­pagne s’inscrira dans la durée.

Campagne Al Haq

Chris­tiane Gil­lmann indique que Al Haq signifie « le droit ». Orga­ni­sation pales­ti­nienne de défense des droits humains, affiliée à la FIDH, Al Haq organise une cam­pagne contre les puni­tions col­lec­tives. Si la conférence-​​débat orga­nisée le 14 sep­tembre salle Reuilly a été déce­vante sur le plan de la par­ti­ci­pation, elle a été d’une très haute qualité. Cependant, les membres du CA estiment que la cam­pagne contre le mur doit rester cen­trale pour la clarté du message.

Forum social européen

Fran­çoise Diehlmann rap­pelle qu’il aura lieu à Londres du 14 au 17 octobre. Le bilan de l’an dernier fait appa­raître la lourdeur de notre impli­cation finan­cière et mili­tante que nous n’avons pas les moyens de recon­duire. A la demande des Pales­ti­niens, nous serons inter­ve­nants au sein d’un sémi­naire proposé par la Ligue des droits de l’homme sur le thème de « L’Europe et la Palestine », animé par Isa­belle Avran. Le Forum social de Porto Alegre en janvier sera une échéance très importante.

Divers thèmes travaillés par le Conseil d’administration

- Budget

Voir l’article de Francis Gras dans le Palestine Solidarité de septembre.

- Parrainages

Les par­rai­nages doivent rester des par­rai­nages mili­tants par oppo­sition aux par­rai­nages clas­siques à grande échelle. En aug­menter le nombre est impos­sible car nos par­te­naires ne sont plus en mesure de répondre à la demande. Le soutien à la BASR d’Edmond Shehade sera pour­suivi sous l’appellation « par­ti­ci­pation aux frais de réédu­cation fonc­tion­nelle d’enfants pales­ti­niens ». La pla­quette de pré­sen­tation sera réac­tua­lisée ainsi que la pla­quette de pré­sen­tation de l’AFPS.

- La formation

Elle cor­respond à une réelle nécessité comme le montre la par­ti­ci­pation aux uni­ver­sités d’été et la forte demande de cahiers de for­mation (la publi­cation du contenu de l’université d’été de La Ruchère est prévue). Un axe de travail a été dégagé : la for­mation prendra la forme d’échanges dyna­miques sous la res­pon­sa­bilité de réfé­rents pos­sédant les capa­cités requises. La for­mation pro­posée sur Paris sera retransmise en régions. Parmi les thèmes pos­sibles : le conflit pales­tinien et la France avec approche his­to­rique et d’actualité.

- Commission projets

Il faut dif­fé­rencier les mis­sions des projets. Les mis­sions sont de plu­sieurs types (délé­ga­tions poli­tiques, cam­pagnes civiles avec les Pales­ti­niens, mis­sions spé­ci­fiques d’élus ou de pro­fes­sionnels, suivis des projets (AFPS), mis­sions décou­verte (CCIPPP…). Les projets ont pour objectif d’aider le peuple pales­tinien à résister. Leur diversité reflète celle des par­te­naires français (élus, asso­cia­tions, syn­dicats, ins­ti­tu­tions…). Pour par­venir à tout arti­culer, va être établi un calendrier-​​répertoire au niveau national ; la coopé­ration régionale sera poursuivie.

- Fonctionnement interne

Bernard Ravenel analyse les éléments de crise actuels qui reten­tissent sur le mou­vement de soli­darité pour la Palestine et donc sur notre asso­ciation. L’assemblée générale aura lieu les 7 et 8 mai 2005. Sa pré­pa­ration débute. Les débats préa­lables auront lieu en région. D’ici là, une journée de réflexion a été fixée au 4 décembre sur deux thèmes : la crise poli­tique du mou­vement pales­tinien et la réper­cussion du pro­blème pales­tinien sur le mou­vement de solidarité.

Le bureau national fonc­tionne avec trop peu de per­sonnes ce qui fait que le travail est dif­ficile. Deux nou­veaux membres, Nathalie Ollat et Robert Kissous, vont main­tenant y par­ti­ciper comme membres associés.

Muriel Chamard-​​Bois. (Groupe Local de Brest)