Dis­cours intégral du pré­sident du Comité exé­cutif de l’Organisation de Libé­ration de Palestine, Mahmoud Abbas à la 66ème Assemblée Générale de l’ONU

mardi 8 novembre 2011

Monsieur le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies,

Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Au départ, je tiens à adresser mes féli­ci­ta­tions à SE M. Nassir Abdu­laziz Al-​​Nasser pour son accession à la pré­si­dence de l’Assemblée pour cette session, et nous lui sou­haitons tout le succès possible.

Je réaf­firme aujourd’hui mes sin­cères féli­ci­ta­tions, au nom de l’Organisation de libé­ration pales­ti­nienne et le peuple pales­tinien, au gou­ver­nement et au peuple du Sud Soudan pour son admission en tant que membre méritant à part entière de l’Organisation des Nations Unies, et leurs sou­haite progrès et prospérité.

Je félicite éga­lement le Secré­taire général, SE M. Ban Ki-​​moon, pour sa réélection pour un nouveau mandat à la tête de l’Organisation des Nations Unies. Ce renou­vel­lement de confiance reflète l’appréciation du monde pour ses efforts, qui ont ren­forcé le rôle des Nations Unies.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

La Question Pales­ti­nienne est inti­mement liée à l’Organisation des Nations Unies par le biais des réso­lu­tions adoptées par ses divers organes et orga­nismes et par le rôle essentiel et élo­gieux de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-​​Orient - UNRWA - qui incarne la res­pon­sa­bilité inter­na­tionale envers le sort des réfugiés pales­ti­niens, qui sont les vic­times d’Al-Nakba (catas­trophe) qui a eu lieu en 1948. Nous aspirons et recher­chant un rôle plus grand et plus efficace des Nations Unies dans sa labeur afin de par­venir à une paix juste et globale dans notre région qui assure le droit inalié­nable, droits nationaux légi­times du peuple pales­tinien tel que défini par les réso­lu­tions de la légi­timité inter­na­tionale de l’ONU Nations Unies.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Il y a un an, à cette même époque, les diri­geants dis­tingués dans cette salle remar­quaient les efforts de paix en panne dans notre région. Tout le monde avait de grands espoirs pour un nouveau cycle de négo­cia­tions sur le statut final, qui avait com­mencé au début de Sep­tembre à Washington sous l’égide directe du pré­sident Barack Obama et avec la par­ti­ci­pation du Quar­tette, et avec la par­ti­ci­pation égyp­tienne et jor­da­nienne, pour atteindre un accord de paix en une année. Nous sommes entrés dans ces négo­cia­tions avec un coeur ouvert, les oreilles atten­tives et des inten­tions sin­cères, et nous étions prêts avec nos docu­ments, pièces et pro­po­si­tions. Mais les négo­cia­tions ont été inter­rompues quelques semaines seulement après leur lancement.

Après cela, nous n’avons pas aban­donné et n’avons pas cessé nos efforts pour les ini­tia­tives et les contacts. Au cours des der­nières années nous n’avions pas laisser une porte sans la frapper, ni un canal sans le tester, ni le chemin à emprunter et nous n’avons ignoré ni l’influence ni la stature de trai­tement d’ aucun parti formel ou informel . Nous avons considéré de façon positive les diverses idées, pro­po­si­tions et ini­tia­tives pré­sentées par de nom­breux pays et partis. Mais tous ces efforts sin­cè­rement entrepris par les parties inter­na­tio­nales ont été à maintes fois été détruits par les posi­tions du gou­ver­nement israélien, qui a rapi­dement anéanti les espoirs de paix sou­levés par le lan­cement de négo­cia­tions en Sep­tembre dernier.

La question cen­trale ici est que le gou­ver­nement israélien refuse de s’engager aux termes de réfé­rences pour les négo­cia­tions fondées sur le droit inter­na­tional et des réso­lu­tions des Nations Unies, et qu’il continue fré­né­ti­quement à inten­sifier la construction de colonies sur le ter­ri­toire de l’Etat Palestinien.

Les acti­vités de colo­ni­sation incarne le coeur de la poli­tique l’occupation mili­taire colo­niale de la terre du peuple pales­tinien et à l’ensemble de bru­ta­lités, d’agressions et de dis­cri­mi­na­tions raciales contre notre peuple. Cette poli­tique, qui constitue une vio­lation du droit inter­na­tional huma­ni­taire et des réso­lu­tions des Nations Unies, est la prin­cipale cause de l’échec du pro­cessus de paix, l’effondrement de dizaines de pos­si­bi­lités, et l’enterrement des grands espoirs surgis depuis la signature de la Décla­ration de prin­cipes en 1993 entre l’Organisation libé­ration de la Palestine et Israël pour par­venir à une paix juste qui allait entamer une nou­velle ère pour notre région.

Les rap­ports des mis­sions des Nations Unies ainsi que ceux de plu­sieurs ins­ti­tu­tions israé­liennes et des sociétés civiles véhi­culent une ter­rible image de l’ampleur de la cam­pagne de colo­ni­sation, dont le gou­ver­nement israélien n’ hésite pas à s’en vanter et qu’il continue son exé­cution par la confis­cation sys­té­ma­tique des terres pales­ti­niennes et la construction de mil­liers de nou­veaux loge­ments dans les dif­fé­rents domaines de la Cis­jor­danie, en par­ti­culier à Jérusalem-​​Est, et la construction accé­lérée du mur d’annexion qui est de manger de grandes étendues de notre terre, en le divisant en îlots séparés et isolés et des cantons , détruisant la vie de familles, des com­mu­nautés et les moyens de sub­sis­tances de dizaines de mil­liers de familles. La puis­sance occu­pante continue éga­lement de refuser des permis de construction dans Jérusalem-​​Est (occupée) pour notre peuple , tout en inten­si­fiant simul­ta­nément depuis des décennies, la cam­pagne de démo­lition et de confis­cation des maisons, déplaçant les pro­prié­taires et rési­dents pales­ti­niens sous la vertu d’une poli­tique de puri­fi­cation mul­ti­di­men­sion­nelle des mino­rités eth­niques visant à les pousser loin de leur patrie ancestrale.

En outre, les com­mandes ont été émises à expulser les repré­sen­tants élus de la ville de Jéru­salem. La puis­sance occu­pante continue éga­lement d’entreprendre des fouilles menaçant nos lieux saints, et ses points de contrôle mili­taires empêchent nos citoyens d’avoir accès à leurs mos­quées et églises, et il continue à assiéger la ville sainte avec un anneau de colonies imposées à séparer la ville sainte à partir du reste des villes palestiniennes.

L’occupation est une course contre le temps dont l’objectif est de refaire le tracé des fron­tières de nos terres selon les sou­haits du gou­ver­nement israélien pour imposer un fait accompli sur le terrain chan­geant la réalité des faits et sapant ainsi l’existence de l’Etat de Palestine.

Dans le même temps, la puis­sance occu­pante continue d’imposer son blocus sur la bande de Gaza et cible les civils pales­ti­niens par les assas­sinats, les bom­bar­de­ments aériens et les tirs d’artillerie, per­sistant avec sa guerre d’agression d’il ya trois ans à Gaza, qui a abouti à la des­truction massive de maisons, des écoles, des hôpitaux et des mos­quées, et les mil­liers de martyrs et blessés.

La puis­sance occu­pante continue éga­lement ses incur­sions dans les domaines de l’Autorité nationale pales­ti­nienne à travers des raids, des arres­ta­tions et des meurtres aux bar­rages. Ces der­nières années, les actions cri­mi­nelles des milices de colons armés, qui jouissent de la pro­tection spé­ciale de l’armée d’occupation, s’est inten­sifiée avec la per­pé­tration de fré­quentes attaques contre notre peuple, en ciblant leurs maisons, écoles, uni­ver­sités, mos­quées, des champs, des cultures et des arbres. En dépit de nos aver­tis­se­ments répétés, la puis­sance occu­pante n’a pas agi pour freiner ces attaques et nous les tenons entiè­rement res­pon­sables pour les crimes des colons.

Ce ne sont là que quelques exemples de la poli­tique de l’occupation colo­ni­sation israé­lienne, et cette poli­tique est res­pon­sable de l’échec per­sistant des ten­ta­tives suc­ces­sives inter­na­tionale pour sauver le pro­cessus de paix.

Cette poli­tique va détruire les chances de par­venir à une solution de deux États sur les­quels il y a un consensus inter­na­tional, et là, je garde à haute voix : Cette poli­tique de colo­ni­sation menace aussi de saper la structure de l’Autorité nationale pales­ti­nienne et sonner la fin de son existence.

De plus, nous faisons face aujourd’hui à des nou­velles condi­tions imposées et non sou­levée aupa­ravant, qui vont trans­former le conflit qui fait rage dans notre région déjà enflammée en un conflit reli­gieux et une menace pour l’avenir d’un million et demi de Pales­ti­niens chré­tiens et musulmans, citoyens d’Israël, une question que nous rejetons et qui est impos­sible pour nous d’accepter.

Toutes ces mesures prises par Israël dans notre pays sont les actions uni­la­té­rales et ne sont pas basées sur les accords anté­rieurs. En effet, ce que nous voyons est une appli­cation sélective des accords visant à per­pétuer l’occupation. Israël a réoccupé la ville de la Cis­jor­danie par une action uni­la­térale, et rétabli l’occupation civile et mili­taire par une action uni­la­térale, et il est celui qui détermine si oui ou non un citoyen pales­tinien a le droit de résider dans toute partie du ter­ri­toire pales­tinien . Donc confis­cation de nos terres et notre eau et entrave à notre mou­vement ainsi que la cir­cu­lation des mar­chan­dises. Et c’est le seul obs­tacle à notre destin ensemble. Tout cela est unilatérale.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

En 1974, notre défunt diri­geant Yasser Arafat est venu dans cette salle pour assurer les membres de l’Assemblée générale de notre pour­suite positive pour la paix, exhortant les Nations Unies pour réa­liser les droits nationaux inalié­nables du peuple pales­tinien, en déclarant : « Ne laissez pas la branche d’olive tomber de mes mains ".

En 1988, le pré­sident Arafat a à nouveau adressé à l’Assemblée générale, réunie à Genève pour l’entendre, où il a pré­senté le pro­gramme de paix pales­ti­nienne adoptée par le Conseil national pales­tinien lors de sa session tenue cette année en Algérie.

Lorsque nous avons adopté ce pro­gramme, nous avons pris une décision dou­lou­reuse et très dif­ficile pour nous tous, surtout ceux, dont moi, qui ont été forcés de quitter leurs maisons et leurs villes et vil­lages, ne trans­portant que cer­tains de nos affaires et notre chagrin et notre mémoires et les clés de nos maisons (l’une des pires opé­ra­tions de déra­ci­nement, de la des­truction et l’enlèvement d’une société dyna­mique et cohésif), en 1948, dans les camps de l’exil de la dia­spora d’Al-Nakba, contri­buant ainsi d’une façon pion­nière à la renais­sance cultu­relle, édu­cative et éco­no­mique du Moyen-​​Orient arabe.

Pourtant,nous croyons en la paix et la raison de notre conviction dans la légi­timité inter­na­tionale, et nous avons eu le courage de prendre des déci­sions dif­fi­ciles pour notre peuple, et en l’absence d’une justice absolue, nous avons décidé d’adopter la voie de la justice relative - la justice qui est pos­sible et pourrait cor­riger une partie de la grave injustice his­to­rique commise contre notre peuple. Ainsi, nous avons convenu d’établir l’Etat de Palestine sur seulement 22% du ter­ri­toire de la Palestine his­to­rique - sur tous les ter­ri­toires pales­ti­niens occupés par Israël en 1967.

Nous en prenant cette étape his­to­rique, qui a été salué par le monde, faisant ainsi une concession majeure pour par­venir à un com­promis his­to­rique de paix sur la terre de paix.

Dans les années qui ont suivi - de la Confé­rence de Madrid et les négo­cia­tions menant à Washington, l’accord d’Oslo, signé il ya 18 ans dans le jardin de la Maison Blanche et a été lié avec les lettres de recon­nais­sance mutuelle entre l’OLP et Israël, nous avons per­sévéré et traité de manière positive et res­pon­sable tous les efforts visant à la réa­li­sation d’un accord de paix durable. Pourtant, comme nous l’avons dit pré­cé­demment, chaque ini­tiative, chaque confé­rence, chaque nouveau cycle de négo­cia­tions et chaque mou­vement a été brisée sur le rocher du projet d’expansion des colonies israéliennes.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je confirme, au nom de l’Organisation de libé­ration pales­ti­nienne (OLP), le seul repré­sentant légitime du peuple pales­tinien, qui restera jusqu’à la fin du conflit dans tous ses aspects et jusqu’à la réso­lution de toutes les ques­tions du statut final, les élé­ments suivants :

1. L’objectif du peuple pales­tinien est la réa­li­sation de leurs droits nationaux inalié­nables dans leur État de Palestine indé­pendant, avec Jérusalem-​​Est comme capitale, sur tout le ter­ri­toire de la Cis­jor­danie, dont Jérusalem-​​Est, et la bande de Gaza, occupée par Israël en Juin 1967, lors de la guerre de 1967, en conformité avec les réso­lu­tions de la légi­timité inter­na­tionale et à la réa­li­sation d’une paix juste et acceptée d’une solution à la question des réfugiés pales­ti­niens confor­mément à la réso­lution 194 (III), tel que stipulé dans l’Initiative de paix arabe qui a pré­senté la vision consensus arabe pour résoudre le coeur du conflit israélo-​​arabe et réa­liser une paix juste et globale.

Pour cela nous adhérons et c’est ce que nous nous efforçons d’atteindre. Atteindre cette paix désirée exige éga­lement la libé­ration des pri­son­niers et détenus poli­tiques dans les prisons israé­liennes sans délai.

2. L’OLP et le peuple pales­tinien adhére à la renon­ciation de la vio­lence, le rejet et la condam­nation du ter­ro­risme sous toutes ses formes, notamment le ter­ro­risme d’État, et d’adhérer à tous les accords signés entre l’OLP et Israël.

3. Nous adhérons à la pos­si­bilité de négocier une solution durable au conflit, confor­mément aux réso­lu­tions de la légi­timité inter­na­tionale. Ici, je déclare que l’OLP est prête à retourner immé­dia­tement à la table des négo­cia­tions sur la base des termes de réfé­rence adoptés fondéS sur la légi­timité inter­na­tionale et d’une ces­sation com­plète des acti­vités de colonisation.

4. Notre peuple va continuer sa résis­tance popu­laire paci­fique contre l’occupation israé­lienne et son règlement, les poli­tiques d’apartheid et la construction du Mur d’annexion à caractère raciste, et ils reçoivent un soutien à leur résis­tance, qui est com­pa­tible avec le droit inter­na­tional huma­ni­taire et des conven­tions inter­na­tio­nales et a le soutien de mili­tants de la paix en Israël et dans le monde, ce qui reflète un exemple impres­sionnant ins­pirant et cou­rageux de la force de ce peuple sans défense, armé seulement de ses rêves, de courage, d’espoir et de slogans face à des balles, des chars, des gaz lacry­mo­gènes et des bulldozers.

5. Lorsque nous apportons notre sort et notre cas à cette tribune inter­na­tionale, il est une confir­mation de notre dépen­dance à l’option poli­tique et diplo­ma­tique, est une confir­mation que nous ne nous enga­geons pas des mesures uni­la­té­rales. Nos efforts ne visent pas à isoler Israël ou le délé­gi­ti­mation, mais plutôt, nous voulons acquérir une légi­timité à la cause du peuple de Palestine. Nous avons seulement pour but de délé­gi­timer les acti­vités de colo­ni­sation, l’occupation, l’apartheid et la logique de la force impi­toyable, et nous croyons que tous les pays du monde sont avec nous à cet égard.

Je suis ici pour dire au nom du peuple pales­tinien et l’Organisation de libé­ration palestinienne :

Nous tendons nos mains au gou­ver­nement israélien et au peuple israélien pour la paix. Je leur dis : Laissez-​​nous de toute urgence de bâtir ensemble un avenir pour nos enfants pour ils peuvent jouir de la liberté, la sécurité et la pros­périté. Laissez-​​nous construire des ponts de dia­logue au lieu de check­points, des murs de sépa­ration, et de construire des rela­tions de coopé­ration basées sur la parité et l’équité entre les deux États voisins - Israël et la Palestine - au lieu de poli­tiques d’occupation, de colo­ni­sation, de guerre pour éli­miner l’autre.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Malgré le droit incon­tes­table de notre peuple à l’autodétermination et à l’indépendance de notre Etat comme stipulé dans les réso­lu­tions inter­na­tio­nales, nous avons accepté dans les der­nières années de s’engager dans ce qui sem­blait être un test de notre dignité, droit et l’admissibilité.

Au cours des deux der­nières années, notre autorité nationale a mis en place un pro­gramme de construction de nos ins­ti­tu­tions d’État. En dépit de la situation extra­or­di­naire et les obs­tacles israélien imposé, un projet sérieux vaste a été lancée qui a inscrit la mise en oeuvre des plans pour amé­liorer et faire pro­gresser la justice et l’appareil pour la maintien de l’ordre et la sécurité, à déve­lopper les sys­tèmes admi­nis­tratifs, finan­ciers et de sur­veillance, pour amé­liorer la per­for­mance des ins­ti­tu­tions et ren­forcer l’autonomie pour réduire le besoin de l’aide étrangère.

Avec le soutien recon­nais­sants des pays arabes et les dona­teurs des pays amis, un certain nombre de grands projets d’infrastructures ont été mises en oeuvre, portés sur divers aspects du service, avec une attention par­ti­cu­lière aux zones rurales et marginalisées.

Au milieu de ce vaste projet national, nous ren­forçons et recher­chons les carac­té­ris­tiques de notre Etat : la pré­ser­vation de la sécurité pour le citoyen et l’ordre public, à la pro­motion de l’autorité judi­ciaire et la pri­mauté du droit ; à ren­forcer la rôle des femmes via la légis­lation, les lois et la par­ti­ci­pation ; à assurer la pro­tection des libertés publiques et le ren­for­cement du rôle des ins­ti­tu­tions de la société civile ; d’institutionnaliser les règles et règle­ments pour assurer la res­pon­sa­bi­li­sation et la trans­pa­rence dans le travail de nos minis­tères et les dépar­te­ments, à l’enracinement des piliers de la la démo­cratie comme fon­dement de la vie poli­tique palestinienne.

Lorsque la division a frappé l’unité de notre patrie, per­sonnes et ins­ti­tu­tions, nous étions déter­minés à adopter le dia­logue pour la res­tau­ration de notre unité. Nous avons réussi dans les mois à réa­liser la récon­ci­liation nationale et nous espérons que sa mise en oeuvre sera accé­lérée dans les pro­chaines semaines. Le pilier central de cette récon­ci­liation a été de se tourner vers le peuple par des élec­tions légis­la­tives et pré­si­den­tielles dans un an, parce que l’Etat dont nous voulons sera un Etat carac­térisé par la pri­mauté du droit, l’exercice démo­cra­tique et la pro­tection des libertés et l’égalité de tous les citoyens sans toute dis­cri­mi­nation ainsi que le transfert du pouvoir par les urnes.

Les rap­ports publiés récemment par les Nations Unies, la Banque mon­diale, le Comité de liaison ad hoc (AHLC) et le Fonds moné­taire inter­na­tional (FMI) confirmer ce qui a été accompli, la consi­dérant comme un modèle remar­quable et sans pré­cédent. La conclusion de consensus par le Comité spécial de liaison il y a quelques jours ici, a décrit ce qui a été accompli comme un « succès remar­quable inter­na­tional » et a confirmé la volonté du peuple pales­tinien et ses ins­ti­tu­tions pour l’indépendance immé­diate de l’Etat de Palestine.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Il n’est plus pos­sible de cor­riger le pro­blème de l’obstruction de l’horizon des pour­parlers de paix avec les mêmes moyens et les méthodes qui ont été maintes fois éprouvées infruc­tueuses au cours des der­nières années. La crise est trop pro­fonde pour être négligée, et les dangers sont les ten­ta­tives de contour­nement ou sim­plement de reporter son explosion.

Il n’est ni pos­sible, ni pra­tique, ni accep­table de revenir à la conduite des affaires comme d’habitude, comme si tout allait bien. Il est futile d’aller dans des négo­cia­tions sans des para­mètres clairs et en l’absence de cré­di­bilité et d’un calen­drier précis. Les négo­cia­tions seront sans effet tant que l’armée d’occupation sur le terrain continue à conso­lider son occu­pation, au lieu de reculer, et continue de changer la démo­graphie de notre pays afin de créer une nou­velle base sur laquelle modifier les frontières.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

C’est un moment de vérité et mon peuple est en attente d’entendre la réponse du monde. Est t’il permis à Israël de pour­suivre son occu­pation, la seule occu­pation dans le monde ? Est t’ il permis à Israël de rester un État au-​​dessus du droit et de la res­pon­sa­bilité ? Est t’ il permis à Israël de continuer à rejeter les réso­lu­tions du Conseil de sécurité, l’Assemblée générale des Nations Unies, la Cour inter­na­tionale de Justice et les posi­tions de la majorité écra­sante des pays du monde ?

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je viens devant vous aujourd’hui de la Terre Sainte, la terre de Palestine, terre des mes­sages divins, l’ascension du Pro­phète Mohamed ( SAW, paix soit sur lui) et la ville natale de Jésus-​​Christ (que la paix soit sur lui), de parler au nom des le peuple pales­tinien dans sa patrie et dans la dia­spora, pour dire, après 63 années de souf­france de la Nakba en cours : Assez. Il est temps pour le peuple pales­tinien de gagner leur liberté et leur indépendance.

Le temps est venu de mettre fin à la souf­france et la détresse de mil­lions de réfugiés de Palestine dans la patrie et la dia­spora, de mettre fin à leur dépla­cement et de réa­liser leurs droits, cer­tains d’entre eux contraints de se réfugier plus d’une fois dans dif­fé­rents endroits du monde.

À une époque où les peuples arabes affirment leur quête de la démo­cratie - le prin­temps arabe

- le temps est venu pour le Prin­temps pales­tinien, le temps pour l’indépendance.

Le temps est venu pour nos hommes, femmes et enfants à vivre une vie normale, pour eux d’être capable de dormir sans attendre le pire que le len­demain apportera ; pour les mères d’être assurées que leurs enfants ren­treront chez eux sans craintes de la souf­france du deuil, l’arrestation ou l’humiliation ; pour les étu­diants d’être en mesure d’aller à leurs écoles et uni­ver­sités sans check­points pour les obs­truer. Le temps est venu pour les per­sonnes malades à être en mesure d’atteindre les hôpitaux nor­ma­lement, et pour nos agri­cul­teurs d’être en mesure de prendre soin de leur bonne terre sans crainte de l’occupation de saisis des terres et des eaux, dont la paroi empêche l’accès à, ou de la peur des colons, pour qui les colonies sont construites sur notre terre et qui sont le déra­ci­nement et la gravure des oli­viers qui ont existé pendant des cen­taines d’années. Le temps est venu pour les mil­liers de pri­son­niers d’ être libéré de la prison pour retourner dans leurs familles et leurs enfants à par­ti­ciper à la construction de leur patrie, pour la liberté dont ils ont sacrifié.

Mon peuple a le désir d’exercer son droit de jouir d’une vie normale comme le reste de l’humanité. Il croit à la citation du grand poète Mahmoud Darwich : " Debout ici, rester ici, être en per­ma­nence ici, éternel ici, et nous avons un but, une, celle-​​ci : L’être."

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Nous appré­cions pro­fon­dément les posi­tions et la valeur de tous les États qui ont soutenu notre lutte et nos droits et reconnu l’Etat de Palestine après la Décla­ration d’Indépendance en 1988, ainsi que les pays qui ont récemment reconnu l’Etat de Palestine et ceux qui ont mis à jour le niveau de repré­sen­tation de la Palestine dans leurs capi­tales. Je salue aussi le Secré­taire général, qui a déclaré il y a quelques jours que l’État pales­tinien devrait être établie il y a des années.

Soyez assurés que ce soutien à notre peuple est plus pré­cieux pour eux que vous pouvez ima­giner, car les simples écoutes des ses récits , sa tra­gédie et les hor­reurs de la Nakba et de l’occupation, à partir de laquelle ils ont donc subis, signi­fient qu’ils ne sont pas ignorés. Et, ren­forcent son espoir qui découle de la conviction que la justice est pos­sible dans ce monde. La perte de l’espoir est l’ennemi le plus féroce de la paix et le désespoir est le meilleur allié de l’extrémisme.

Je dis : Le temps est venu pour mon peuple cou­rageux et fier, après des décennies de dépla­cement et d’ occu­pation colo­niale et de la souf­france inces­sante, de vivre comme les autres peuples de la terre, libre dans une patrie sou­ve­raine et indépendante.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je tiens à vous informer que, avant de livrer cette décla­ration, j’ai pré­senté, en ma qualité de Pré­sident de l’Etat de Palestine et Pré­sident du Comité exé­cutif de l’Organisation de Libé­ration de Palestine, à SE M. Ban Ki-​​moon, Secré­taire général de l’Organisation des Nations Unies, une demande d’admission de la Palestine sur la base des fron­tières du 4 juin 1967, avec Al-​​Qods Al-​​Charif comme capitale, comme un membre à part entier des Nations Unies.

J’appelle Mon­sieur le Secré­taire général d’accélérer la trans­mission de notre demande au Conseil de sécurité, et j’invite les membres dis­tingués du Conseil de sécurité de voter en faveur de notre adhésion pleine et entière. Je demande aussi aux Etats qui n’ont pas reconnu l’Etat de Palestine à le faire encore.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Le soutien des pays du monde pour notre entre­prise est une vic­toire pour la vérité, la liberté, la justice, le droit et la légi­timité inter­na­tionale, fournit un soutien énorme pour l’option de la paix et amé­liore les chances de succès des négociations.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Votre soutien à la création de l’Etat de Palestine et pour son admission aux Nations Unies comme un membre à part entière est la plus grande contri­bution au réta­blis­sement de la paix en Terre Sainte.

Je vous remercie.