Dialogue interpalestinien. Mini-​​résultat

Abir Taleb, jeudi 18 juin 2009

Les réunions de récon­ci­liation entre le Fatah et le Hamas ont achoppé concernant une entente sur un seul point : l’arrêt des arres­ta­tions poli­tiques. Les prin­cipaux dos­siers sont une fois de plus ajournés.

Des­tinées à résorber les ten­sions et pré­parer la suite du dia­logue inter­pa­les­tinien, les réunions de récon­ci­liation entre le Fatah et le Hamas, tenues pour la pre­mière fois dimanche dernier, conjoin­tement à Ramallah et à Gaza, ont abouti à un mini-​​résultat. Les prin­ci­pales ques­tions de mésen­tente ayant été mises de côté, les deux partis rivaux se sont sim­plement mis d’accord pour mettre fin aux « arres­ta­tions poli­tiques » en Cis­jor­danie et dans la bande de Gaza. « Le Fatah et le Hamas se sont entendus pour rejeter les arres­ta­tions poli­tiques par principe, car elles sont contre la loi pales­ti­nienne, et pour échanger les listes de pri­son­niers afin d’examiner leurs condi­tions de détention » en Cis­jor­danie et dans la bande de Gaza, a ainsi déclaré Azzam Al-​​Ahmad qui diri­geait la délé­gation du Fatah à Ramallah. Il s’exprimait lors d’une confé­rence de presse commune avec le Hamas. De son côté, Omar Abdel­razzaq, repré­sentant du Hamas lors de cette réunion, a indiqué que les deux mou­ve­ments allaient s’en remettre à la Com­mission indé­pen­dante (pales­ti­nienne) pour les droits de l’homme, qui sera chargée d’établir qui a été arrêté pour des raisons politiques.

La tension entre le Fatah et le Hamas était récemment montée d’un cran notamment à cause de ce sujet. Quatre poli­ciers de l’Autorité pales­ti­nienne et quatre acti­vistes du Hamas ainsi qu’un civil ont été tués depuis le 31 mai dans deux accro­chages séparés à Qal­qiliya, dans le nord de la Cis­jor­danie. Et les deux parties s’accusent aussi de cam­pagnes d’arrestations de leurs mili­tants respectifs.

Cependant, outre cette question, rien n’a été conclu. Pourtant, l’objectif était de pré­parer le climat avant la pro­chaine session du dia­logue inter­pa­les­tinien, prévue début juillet au Caire, et dont l’ambition est de « lever tous les obs­tacles avant de par­venir à l’annonce d’un accord final » entre les deux parties, avait aupa­ravant indiqué Ibrahim Abou-​​Naja, repré­sentant du Fatah à Gaza. Or, comme à la suite de chaque session de dia­logue inter­pa­les­tinien, le plus dur reste à faire. En effet, au cours des der­nières ses­sions tenues sous l’égide de l’Egypte, toutes les questions-​​clés étaient ajournées, et seules les ques­tions géné­rales ou de principe, ainsi que celles tech­niques, sont abordées. Du coup, les diver­gences restent aussi profondes.

Et, quand bien même il y a un accord sur une question donnée, le climat reste tendu. Ainsi, au len­demain de la réunion de Ramallah, le Hamas a annoncé la mort de l’un de ses membres en Cis­jor­danie dans une prison de l’Autorité pales­ti­nienne, à la suite de « tor­tures sau­vages ». Le détenu, membre du conseil d’administration d’une orga­ni­sation de charité isla­mique, avait été arrêté par les ser­vices de sécurité pales­ti­niens le 10 juin.

Rien de pro­metteur avec cette annonce. La tension entre les deux rivaux reste entière et l’échéance du 7 juillet pro­chain, date pro­posée par Le Caire pour la signature d’un accord pour le dia­logue inter­pa­les­tinien, semble d’ores et déjà compromise.