Dexia et les colonies israéliennes : nouvelles révélations

Association Belgo-​​Palestinienne (ABP), lundi 21 septembre 2009

Plus de liens entre Dexia et les colonies israé­liennes ? Rien n’est moins sûr.…
L’organisation « Who­Profits » et la plate-​​forme "Palestine Occupée - Dexia Impliquée" ont découvert de nou­veaux docu­ments déran­geants. Dexia Israel Public Finance a signé, en juin 2009, un contrat basé sur un appel d’offre com­prenant cinq colonies.

La cam­pagne "Palestine Occupée - Dexia Impliquée" a débuté en novembre 2008. Elle ras­semble des dizaines d’associations, des cen­trales syn­di­cales, des mou­ve­ments, et vise une cer­taine poli­tique du groupe Dexia. Via sa filiale israé­lienne - Dexia Israel Public Finance - le holding franco-​​belge accorde des crédits à des colonies israé­liennes en ter­ri­toire palestinien.

Cette cam­pagne n’est pas sans effet. Lors de l’Assemblée Générale du Groupe Dexia qui s’est tenue le 13 mai 2009, le pré­sident du Conseil d’Administration de Dexia, Jean-​​Luc Dehaene, répondait aux repré­sen­tants de la cam­pagne "Palestine Occupé - Dexia Impliquée". L’ancien Premier Ministre belge déclarait « depuis sep­tembre 2008, nous [Dexia] n’avons pas accordé de nou­veaux crédits [aux colonies] et nous n’avons pas l’intention de le faire. » Pour toute une série de raisons évidentes, la décla­ration n’était pas satis­fai­sante. L’ancien Premier Ministre belge s’était néan­moins engagé par cette promesse.

Il semble que cet enga­gement n’ait pas tenu long­temps. L’organisation « Who Profits » (qui traque les entre­prises générant leurs profits en exploitant d’une manière ou d’une autre l’occupation israé­lienne des ter­ri­toires pales­ti­niens) a mis à jour des éléments indi­quant qu’un nouvel accord, basé sur un appel d’offre incluant des colonies israé­liennes, a été conclu par Dexia Israel après l’Assemblée Générale du 13 mai 2009 et les décla­ra­tions men­tionnées ci-​​dessus.

Que nous apprennent ces nouveaux documents ?

Ils nous révèlent qu’à la suite de dif­fi­cultés finan­cières ren­con­trées par cer­taines muni­ci­pa­lités israé­liennes, le Ministère des Finances de l’Etat hébreu a mis sur pied un plan d’assainissement. Ce plan inclut, entre autres, une garantie d’Etat pour des emprunts contractés par les com­munes en dif­fi­culté auprès de banques privées. Mais pour que les prêts soient accordés à un taux avan­tageux, Tel Aviv a fait jouer la concur­rence. Un appel d’offre a donc été lancé en mars 2009 par le Ministère des Finances : « Quelle banque offrira le taux d’intérêt le plus inté­ressant ? ». Dexia Israel rem­porte l’appel d’offre. Le 30 juin 2009, un contrat est signé avec l’Etat israélien sti­pulant que Dexia Israel allouera, dans le cadre de ce recovery plan, la somme de 274 mil­lions de shekels (environ cin­quante mil­lions d’euros) à des auto­rités locales israé­liennes : les­quelles ?

La liste com­plète des com­munes par­ti­cipant au plan est reprise dans l’appel d’offre rem­porté par Dexia [télé­charger l’appel d’offre en hébreu]. La plupart des com­munes sont situées en Israël, c’est-à-dire dans les fron­tières de 1948. Mais cette liste reprend aussi les noms de cinq colonies israé­liennes, c’est-à-dire d’ implan­ta­tions ins­tallées illé­ga­lement en Cis­jor­danie occupée, sur des terres pales­ti­niennes. Les noms de ces colonies : Elkana - Le Conseil régional de la Vallée du Jourdain - Givat Ze’ev - Emanuel - Kedumim.

Que pouvons-​​nous déduire de ces documents ?

Jusqu’à présent, les crédits n’auraient pas encore été versés. Est-​​ce que Dexia Israël aurait exigé que les cinq colonies en soient exclues, car ’contraires’ au droit inter­na­tional et à la charte éthique du groupe ? C’est pro­ba­blement ce qu’affirmera la direction de Dexia s.a.

Ce serait sou­hai­table, mais cela paraît mal­heu­reu­sement très peu pro­bable si l’on entend les décla­ra­tions du porte-​​parole de Dexia Israel. Ce dernier a été inter­viewé début juillet 2009 par des jour­na­listes israé­liens du site web d’info écono­mique The Marker.

Dans le cadre de ce nouveau plan et du contrat avec l’État, les jour­na­listes lui deman­daient si Dexia Israel refu­serait doré­navant de financer les colonies israé­liennes, confor­mément à ce qu’a déclaré Jean-​​Luc Dehaene. La réponse est diplo­ma­tique, mais laisse peu de place au doute. « Dexia Israël conti­nuera à accorder des prêts à toutes les auto­rités locales israé­liennes qui res­pectent la loi israé­lienne, sans aucune autre consi­dé­ration si ce n’est bancaire. »

La loi israé­lienne et la poli­tique actuelle du gou­ver­nement israélien encou­ragent la colo­ni­sation israé­lienne dans les ter­ri­toires occupés. Dans ce contexte, et au vu de tous les éléments pré­sentés ci-​​dessus, il semble clair que Dexia Israel n’entend pas rompre ses liens avec les colonies.

De deux choses l’une, soit la direction du groupe Dexia cache des infor­ma­tions impor­tantes, soit elle n’a pas de réel pouvoir au sein du groupe Dexia, en tout cas pas celui d’empêcher la filiale israé­lienne de financer la colo­ni­sation illégale des terres pales­ti­niens avec notre argent. Dans tous les cas, les membres de la cam­pagne "Palestine Occupée - Dexia Impliquée" vont redoubler d’efforts au cours des pro­chaines semaines.

La plate-​​forme exige que :

A. Le groupe Dexia publie la liste com­plète des communes/​colonies financées par le contrat du 30 juin.

B. Le groupe Dexia arrête le finan­cement illégal de la colo­ni­sation israé­lienne des ter­ri­toires occupés pales­ti­niens, confor­mément au droit inter­na­tional et à son propre code éthique. Tous crédit accordé à Jéru­salem, Alfei Menasheh, Elkana, Beit-​​El, Ariel, Beit Aryeh, Givat Zeev, Kedumim et aux 3 régions de Cis­jor­danie (la vallée du Jourdain, la région de Hébron et de Samarie), doit immé­dia­tement être arrêté.

Pro­chain rendez-​​vous de la cam­pagne "Palestine Occupée - Dexia Impliquée" : Samedi matin 3 octobre de 10h à 12h, devant plu­sieurs agences Dexia en Belgique.

Plus d’information : Mario Franssen – 0498/54.16.42 – 02/209.23.50 – mario.franssen@intal.be woord­voerder | porte-​​parole ’Israël kolo­ni­seert - Dexia finan­ciert’ | ’Palestine occupée - Dexia impliquée’

Pour action du 3 octobre : Joaquim de Intal : 02/​ 209 23 50 - joaquim.​dafonseca@​intal.​be. ou ABP : 02 223 07 56 - abp.eccp@skynet.be Ou auprès des autres asso­cia­tions par­te­naires de la campagne

A propos de la cam­pagne : http://www.intal.be/fr/article/chro... Liste des signa­taires de la cam­pagne : http://www.intal.be/files/overzicht... Liste des com­munes qui ont voté une motion visant Dexia : http://www.intal.be/files/overzicht...

Sur le même sujet : http://www.financite.be/rfa/actuali...