Deux Palestiniens sur trois croient plus à un soulèvement qu’aux négociations

Le Devoir avec AFP, vendredi 18 décembre 2015

Ramallah — Deux tiers des Palestiniens sont favorables à un soulèvement armé de type intifada plutôt qu’aux négociations avec les Israéliens pour faire avancer leur cause, indique un sondage publié lundi.

Selon cette enquête réalisée par Policy and Survey Research (PSR), organisation respectée, 66 % des Palestiniens (71 % dans la bande de Gaza, 63 % en Cisjordanie) pensent que, « si les affrontements actuels dégénèrent en intifada armée, ce développement servira les intérêts nationaux palestiniens alors que les négociations ne le peuvent pas ».

Les Territoires palestiniens et Israël sont en proie depuis des semaines à des violences qui ont fait 117 morts palestiniens et 17 Israéliens ainsi qu’un Américain et un Érythréen, selon un décompte de l’AFP.

Les tensions ont pour effet que le sentiment de sécurité est désormais supérieur à Gaza (53 %), qui a connu pourtant trois guerres en six ans avec Israël, qu’en Cisjordanie occupée (29 %).

Désespoir

Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé lundi que les jeunes manifestants palestiniens étaient « poussés par le désespoir face à une solution à deux États qu’on ne voit pas venir ».

Selon le sondage de PSR, seuls 45 % des Palestiniens soutiennent la solution à deux États palestinien et israélien vivant en paix, mais seuls 34 % pensent qu’elle est encore réalisable en raison du développement de la colonisation israélienne.

M. Abbas a dénoncé « la colonisation partout, les check-points partout et le mur [de sécurité israélien] partout », ainsi que le refus des Israéliens de respecter les accords passés.

Selon le sondage, 65 % des Palestiniens veulent sa démission. En cas de présidentielle, le Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza l’emporterait face à M. Abbas. Son chef à Gaza, Ismaïl Haniyeh, est crédité de 51 % (contre 49 % il y a trois mois) et le président actuel de 41 % (contre 44 %).

Le mandat de M. Abbas a expiré depuis 2009 mais aucun scrutin n’est prévu en raison des divisions entre l’Autorité palestinienne et le Hamas.

« Le public palestinien dit : "Abbas ne soutient pas la confrontation actuelle, il n’est pas sérieux dans la confrontation diplomatique avec Israël", c’est pour cela qu’il perd du soutien », dit l’AFP Khalil Shikaki, qui dirige PSR.

Les violences pourraient continuer de croître en 2016, avec la possible entrée en scène des militants armés, dit-il.

« Les militants armés des camps de réfugiés, notamment du Fatah [le parti de M. Abbas)] n’ont pas bougé jusqu’ici, mais un changement de comportement des forces israéliennes, la perte de légitimité des dirigeants et un processus de démoralisation au sein des forces de sécurité palestiniennes pourraient mener à plus d’attaques à l’arme à feu », prédit-il.