Deux Israéliens inculpés pour le meurtre d’une famille palestinienne

Des extrémistes juifs avaient incendié l’été dernier la maison d’une famille palestinienne, provoquant la mort d’un bébé et de ses parents, laissant orphelin l’enfant de 4 ans, grièvement brûlé.

La Croix, lundi 4 janvier 2016

la police israélienne inspecte la maison incendiée de la famille Dawabcheh dans le village de Douma, près de Naplouse en Cisjordanie, le 31 juillet 2015. Une inscription en hébreu « revanche » est visible sur le mur. Majdi Mohammed/AP

Les autorités israéliennes avaient été vivement critiquées pour leur laxisme vis-à-vis des milieux juifs extrémistes.

Le 31 juillet dernier, deux extrémistes juifs venus des colonies illégales du nord de la Cisjordanie avaient volontairement mis le feu, à coups de cocktails Molotov, au domicile de la famille Dawabcheh dans le village de Douma, près de Naplouse en Cisjordanie. Ali, un bébé de 18 mois, était mort brûlé vif dans l’incendie.

Ses parents Saad et Riham, sont morts tour à tour à la suite de leurs blessures au fil de l’été. Seul rescapé, Ahmed, 4 ans, grièvement brûlé, est toujours hospitalisé cinq mois après l’attaque.

Un « crime de guerre » pour Mahmoud Abbas

Celle-ci avait suscité la colère des Palestiniens. Le président Mahmoud Abbas avait accusé l’État hébreu d’être directement responsable de la mort du bébé en raison de « l’impunité » accordée aux colons et annoncé son intention de saisir la Cour pénale internationale pour ce « crime de guerre ».

Pointé du doigt pour son laxisme vis-à-vis des milieux extrémistes juifs, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait cependant lui-même dénoncé cet « acte de terrorisme ».

Quatre inculpations

Dimanche 3 janvier, le tribunal de Lod, près de Tel-Aviv, a inculpé deux jeunes Israéliens, l’un âgé de 21 ans, l’autre, un mineur de 17 ans, pour meurtre, tentative de meurtre, incendie criminel et conspiration pour commettre un crime aux motivations racistes (racisme revendiqué par des slogans inscrits sur les murs de la maison incendiée).

Deux autres suspects israéliens, dont un mineur, ont également été inculpés dimanche pour des « actes terroristes », dont les incendies de l’abbaye de la Dormition à Jérusalem en mai 2014 et de l’église de la multiplication des pains, près du lac de Tibériade en juin 2015. Les quatre hommes sont également inculpés d’« appartenance à une organisation terroriste » et à « un groupuscule nationaliste raciste ».

Un regain de violence

Ces inculpations interviennent dans le contexte d’une nouvelle vague de violences qui a fait en trois mois 20 morts israéliens et 138 morts palestiniens, ces derniers étant majoritairement les auteurs des attaques.

Elles sont la première étape d’un long processus judiciaire contre le « terrorisme juif », ainsi dénommé par les autorités israéliennes, mais qui a mis du temps à s’enclencher, selon les Palestiniens et les défenseurs des droits de l’homme.

Marie Verdier (avec AFP)