Destruction de terres palestiniennes et démolitions de maisons

PCHR (Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme), mardi 2 septembre 2003

Depuis le début de l’actuelle Intifada al-​​Aqsa, les forces d’occupation israé­liennes ont rasé métho­di­quement des étendues de terre agricole pales­ti­nienne et détruit maisons et ins­tal­la­tions civiles à travers les Ter­ri­toires Pales­ti­niens Occupés. Le PCHR a publié son 9ème rapport sur la des­truction des terres et la démo­lition des bâti­ments et ins­tal­la­tions par Israël dans la Bande de Gaza.

Selon la docu­men­tation du PCHR, au cours de la période étudiée du 1er juillet 2002 au 31 mars 2003 [1], les forces d’occupation israé­liennes ont rasé 3135,5 donums [2] de terre agricole pales­ti­nienne et détruit des dou­zaines de réseaux d’irrigation, des pompes à eau, ruches, bétail et volailles et des entrepôts agri­coles dans la Bande de Gaza.

Pendant cette période aussi, les forces israé­liennes d’occupation ont démoli com­plè­tement 494 maisons pales­ti­niennes et en ont endommagé des cen­taines d’autres dans la Bande de Gaza, faisant de 4499 civils pales­ti­niens (environ 642 familles) des sans abri [3].

Depuis le début de l’Intifada al-​​Aqsa jusqu’au 31 mars 2003, les forces israé­liennes d’occupation ont rasé un total de 16466 donums de terre agricole dans la Bande de Gaza. Ceci constitue approxi­ma­ti­vement 10% de la surface totale de terre agricole dans la Bande de Gaza.

La Bande de Gaza demeure une des régions du monde où la popu­lation est la plus dense ; environ 1,3 million de Pales­ti­niens vivent sur 58% de l’ensemble des 365 kilo­mètres carrés consti­tuant la surface géo­gra­phique de la Bande de Gaza. Les 42 % res­tants, soit au moins 180 km2 sont contrôlés par les forces israé­liennes d’occupation. Cette terre est uti­lisée pour l’installation de colonies illé­gales, de routes de contour­nement et de zones tampon autour des colonies et de leurs routes per­son­nelles. Le PCHR s’inquiète des réper­cus­sions sévères, sur la pro­duc­tivité du secteur agricole pales­tinien, de cette des­truction conti­nuelle et de la confis­cation de facto des terres agri­coles palestiniennes.

Depuis le début de l’Intifada al-​​Aqsa jusqu’au 31 mars 2003, les forces israé­liennes ont com­plè­tement démoli 1064 maisons pales­ti­niennes dans la Bande de Gaza, faisant 9943 civils pales­ti­niens sans abri (1421 familles). Ces familles n’ont reçu aucune forme d’indemnisation ni de dédom­ma­gement de la part du gou­ver­nement ou des mili­taires israé­liens pour leur pertes.

La ville de Rafah et le camp de réfugiés, situés dans le sud de la Bande de Gaza proche de la fron­tière avec l’Egypte, ont été le centre de la poli­tique israé­lienne de démo­lition de maisons dans les Ter­ri­toires Pales­ti­niens Occupés.

Depuis le début de l’Intifada al-​​Aqsa jusqu’au 31 mars 2003, les forces d’occupation israé­liennes ont démoli 572 maisons pales­ti­niennes à Rafah, soit approxi­ma­ti­vement 53,8% du nombre total de maisons démolies par les forces iraé­liennes d’occupation dans la Bande de Gaza. Plu­sieurs mil­liers d’habitations pales­ti­niennes ont aussi été endom­magées, beaucoup d’entre elles étant devenues inha­bi­tables. Des cen­taines de familles sont devenues sans abri. Pendant la période concernée, les forces israé­liennes d’occupation ont démoli com­plè­tement 319 maisons à Rafah, soit approxi­ma­ti­vement 64,6% du nombre total de maisons démolies dans la Bande de Gaza pendant la même période. La plupart de ces démo­li­tions ont été faites dans la région de Rafah qui est située le long de la fron­tière avec l’Egypte.

Il est visible que les forces d’occupation israé­liennes cherchent à établir une zone tampon arasée pour étendre leur contrôle au delà de la fron­tière. A travers la création de ces zones tampons, les forces d’occupation essaient visi­blement aussi d’étendre les liaisons de transport entre le bloc de colonies "Gush Qatif", qui est ins­tallé illé­ga­lement sur le ter­ri­toire pales­tinien, et Israël.

La poli­tique mili­taire israé­lienne continue d’arasement et de confis­cation de la terre a conduit à une réduction majeure de la pro­duction agricole à travers les Ter­ri­toires Occupés. Les acti­vités agri­coles étant la source prin­cipale de revenu pour les Pales­ti­niens, par­ti­cu­liè­rement dans la Bande de Gaza, la baisse de la pro­duction agricole a des réper­cus­sions non seulement sur la dis­po­ni­bilité des pro­duits pour le marché des ménages, mais aussi plus lar­gement sur le déve­lop­pement écono­mique des Ter­ri­toires Occupés.

La poli­tique israé­lienne d’arasement de la terre et de démo­lition des maisons a aussi un impact désas­treux sur l’environnement, y compris sur les res­sources en eau dans la Bande de Gaza. Les forces d’occupation ont détruit un nombre important de puits et de réseaux de conduite, conta­minant l’approvisionnement en eau, et ont aussi interdit la création de nou­veaux puits. De plus, elles ont détruit ou endommagé les évacua­tions des égouts et les infras­tru­cures de broyage des ordures. Des experts locaux et inter­na­tionaux ont attiré l’attention sur les consé­quences poten­tielles sur l’environnement des actions israé­liennes telles que l’enlèvement des dunes de sable, la des­truction des arbres et des cultures, ce qui peut contribuer à la déser­ti­fi­cation de la Bande de Gaza.

Le PCHR sou­tient que la des­truction des res­sources agri­coles, avec l’arrachage des arbres, la des­truction des cultures, l’arasement et le refus d’accès aux ter­rains agri­coles, la démo­lition des maisons pales­ti­niennes et autres amé­na­ge­ments, sont imposés par les forces israé­liennes d’occupation comme une forme de punition col­lective de l’ensemble du peuple palestinien.

Les Israé­liens pré­tendent souvent que ces opé­ra­tions sont conduites pour des raisons de sécurité, que les feuillages et les biens détruits servent d’abri pour des attaques de cibles israé­liennes dans les Ter­ri­toires Pales­ti­niens Occupés. Cependant la preuve est rarement fournie pour appuyer de telles affir­ma­tions et l’échelle à laquelle ces opé­ra­tions sont conduites, l’absence de préavis, le défaut de dédom­ma­gement, la vio­lence avec laquelle ces opé­ra­tions sont souvent menées ne vont pas à l’appui des affir­ma­tions israéliennes.

De plus, ces zones d’arasement de ter­rains et de démo­li­tions sont presque inva­ria­blement situées autour des colonies et près des fron­tières ; elles créent de ce fait des zones tampon qui sont incor­porées de facto dans les colonies ou bor­dures de contrôle, en empê­chant l’accès à la terre. Ce refus de l’accès à la terre est géné­ra­lement ren­forcé par des clô­tures ou des tirs de snipers, ou par des arres­ta­tions et des empri­son­ne­ments de Pales­ti­niens qui tentent de pénétrer sur le terrain pour entre­tenir les récoltes, ou assembler des outillages …

[1] Le PCHR a publié 8 pré­cé­dents rap­ports sur le sujet, qui couvrent la période du 29 sep­tembre 2000 au 30 juin 2002.

[2] 1 donum = 100 m2.

[3] Ce nombre ne tient pas compte de 23 maisons appar­tenant à des familles de Pales­ti­niens qui ont mené ou facilité des attaques contre des cibles israé­liennes, et qui ont été démolies par les forces d’occupation sur la période concernée.